n⁰ 95 : 2000/01/01


Amy N. Langville, Carl D. Meyer — Google's PageRank and Beyond: The Science of Search Engine Rankings — Princeton University Press, 2006, 224 pp. ISBN 0-691-12202-4

Langville et Meyer nous présentent les mathématiques derrière la technologie d'ordonnancement des résultats de recherches de Google et de quelques autres engins de recherche similaires. Si les premiers chapitres sont plutôt historiques et présentent le sujet grâce à quelques anecdotes bien choisies, le reste du texte est essentiellement mathématique.

Le livre fait un usage extensif des matrices et vecteurs et le lecteur peu familier avec ces mathématiques devra se référé à l'annexe — les cinquante dernières pages du livre présente une annexe mathématique où sont expliquées et démontrées les mathématiques utilisées tout au long du texte. Ce n'est pas un livre introductoire, bien au contraire; c'est un livre qu'on pourrait utiliser pour un cours gradué. Néanmoins, pour le lecteur intéressé à comprendre la "magie" de Google, c'est probablement une lecture incontournable.

Un livre à lire après le livre de Albert László Barabási, Linked: How Everything is Connected to Everything Else and What it Means for Business, Science, and Everyday Life (le n⁰ 64 dans la liste).






©Princeton University Press










n⁰ 94 : 2008/10/29


Carl Albing, J. P. Vossen, Cameron Newham — Bash Cookbook: Solutions and Examples for Bash Users — O'Reilly, 2007, 600 pp. ISBN 0-596-52678-4

Ce livre sur BASH est moins technique que d'autres, mais il a un avantage sur plusieurs autres: il tente de communiquer l'esprit de BASH plutôt que simplement ses aspects techniques et syntaxiques. Avec ce livre, vous verrez comment utiliser les outils déjà disponibles dans votre installation de Linux, AIX, Solaris ou BSD, pour ne pas écrire trop de scripts. En effet, la réutilisation des fonctionalités existantes n'est pas toujours mise en évidence dans les différents tutoriaux de BASH et c'est pourtant ce qui fera de vous un programmeur BASH efficace.

Avec Classic Shell Scripting et Linux Shell Scripting with Bash (que vous trouverez tous deux dans la liste, aux numéros 33 et 34), Bash Cookbook complète une trilogie essentielle pour le bon "programmer Bash".

Cependant, si vous connaissez déjà BASH, et bien que vous y aurez appris quelques nouveaux trucs, vous trouverez, à l'occasion, comment améliorer substentiellement les scripts et exemples proposés. À vos BASH! Prêts? Partez!




©O'Reilly









n⁰ 93 : 2008/10/12


Alan Cooper — The Inmates are Running the Asylum — SAMS Publishing, 2004, 255 pp. ISBN 0-672-32614-0

La thèse de Cooper est que fondamentalement, les programmeurs ne savent pas créer des produits utilisables par le commun des mortels. Le mode de pensée des programmeurs se transpose dans les interfaces qu'ils construisent, transformant ainsi tout produit informatisé — qu'il s'agisse d'un four micro-onde ou d'une caméra — computer like, c'est-à-dire qu'il prend plus sur le comportement d'un ordinateur — compliqué à utiliser &mdash que de l'appareil original. Bien que ça ne soit pas toujours vrai, il existe de nombreux exemples d'appareils dont les interfaces sont complexes à outrance pour un gain minime, voire même négatif: si les fonctions ajoutées sont trop complexes et s'agencent mal avec les fonctions de base, l'appareil devient essentiellement inutilisable pour le commun des mortels.

Il propose de rétablir le bon sens en empêchant les programmeurs de faire le développement d'interface qu'il faut reléguer aux interaction designers. Cooper présente sa méthodologie de développement pour arriver à un logiciel qui réponde à la fois aux besoins techniques et aux besoins d'interaction des utilisateurs-cible, laquelle s'articule autour des personæ, des utilisateurs imaginaires mais aux profils détaillés. Idéalement, on devrait disposer d'un petit nombre de personæ distinctes et représentatives des attentes et des modes d'utilisation, potentiellement très distincts.


"Clearly, one side of software—the inside—must be written with technical expertise and sensitivity to the needs of computers. But equally clear, the other side of software—the outside—must be written with social expertise and sensitivity to the needs of people. It is my contention that programmers can do the former, but it takes interaction designers to do the latter."





©SAMS Publishing









n⁰ 92 : 2008/09/07


John Maeda — The Laws of Simplicity: Design, Technology, Business, Life — MIT Press, 2006, 108 pp. ISBN 978-0-262-13472-9

Articulé autour des dix lois de la simplicité, ce livre présente les méditations de Maeda sur le conflit simplicité/complexité, mais il n'est, finalement, difficilement plus qu'une collection d'aphorismes, d'acronymes, et de constatations relativement évidentes avec, çà et là, des phrases heureuses. Je ne dirai pas que c'est un mauvais livre, mais il ne faut pas s'attendre à une lecture qui changera votre vie. Préférez Machine Beauty de David Gelernter — n⁰ 53 dans cette liste.


"Embodying an object with properties of real quality is the basis of the luxury goods industy and is rooted in their use of precious materials and exquisite craftsmanship. Relatedly, a designer of Ferrari cars once told me that a Ferrari has fewer parts than a common car, but the parts themselves are significantly better than anything else on this earth. This elegant tale of construction uses the simple philosophy that if good parts can make a great product, incredible parts can lead to a legendary one."





©MIT Press



Le site du livre/blog.








n⁰ 91 : 2008/08/31


Barry Schwartz — The Paradox of Choice: Why more is less / How the culture of abundance robs us of satisfaction — Harper Perennial / Ecco 2004, 280 pp. ISBN 978-0-06-000569-6

Schwartz décrit deux types de personnalités nées de l'abondance. Le premier type, les satisficers vont faire des choix « assez » bons qui vont quand même remplir leurs critères. Pour un satisficer, l'achat d'un vêtement, par exemple, demande quand même un examen critique, mais il ne s'agira pas de trouver la meilleure chemise parmis toutes. Le satisficer se contentera d'une chemise qui lui plaît, sans se soucier qu'il se peut qu'il y en ait une bien meilleure (subjectivement) dans une autre boutique. Le maximizer, quant à lui, transforme chaque décision en une quête d'optimalité quasi-paralysante. Pour un maximizer, il faut comparer toutes les chemises dans tous les magasins pour se décider sur la chemise optimale. Si les satisficers ne sont que modérément affectés par une plus grande variété de chemises (ou de tout autre produit), pour les maximizer, c'est une situation intenable puisqu'avec une plus grande variété, ils doivent considérer encore plus de critères, et qu'ultimement, le choix optimal leur échappe — à leur grand désespoir

Schwartz explore donc les multiples facettes de la surabondance de choix et comment elles nous pourrissent subtilement la vie, et comment les biens matériels ainsi choisis influent sur notre qualité de vie et notre joie de vivre.

En conclusion, Schwartz dit que pour vivre plus heureux dans notre société de surabondance, il nous faut vaincre les mécanismes d'adaptation qui mènent à des critères minimaux toujours plus élevés. Il faut d'abord vaincre ses propres propentions à faire toujours mieux et apprendre à accepter qu'une (potentiellement meilleure) occasion puisse nous échapper, et qu'il puisse être bon de faire un choix satisfaisant plutôt qu'optimal.




©Harper Perennial



Barry Schwartz à Google Tech Talk.
Barry Schwartz à TED.
Un article wikipedia.








n⁰ 90 : 2008/07/21


Reviel Netz, William Noel — The Archimedes Codex: Revealing the Blueprint of Modern Science — Phoenix, 2007, 305 pp. ISBN 978-0-7538-2372-9

En 1998, un vieux codex pourri mis à l'encan est adjugé pour 2M$ à un mystérieux collectionneur, « Monsieur B ». Ce codex, malgré ses extérieurs peu ragoûtants, referme un trésor inestimable: sous les prières moyen-âgeuses se trouve une série de textes que l'on croyait perdus, les dernières copies de textes d'Archimède en grec ancien. En effet, dans ce seul codex survient les textes La méthode, Stomachion et Des corps flottants. Financée par l'apparemment richissime Mr B, l'équipe de Noel et de Netz vont mettre à jour, grâce à des techniques de restauration et des technologies d'imagerie de pointe, les textes du palimpseste.

L'étude des textes jusqu'alors inconnus révèle qu'Archimède est passé à deux doigts d'inventer le calcul différentiel et intégral — presque deux mille ans avant Newton et Leibniz &mdash et qu'il savait faire usage du calcul combinatoire! La traduction et le déchiffrement du palimpseste est encore incomplète, qui sait ce qu'ils y découvriront encore!

À lire, surtout si on s'intéresse à l'histoire des mathématiques. Ce livre jette une lumière différente sur l'époque d'Archimède, une époque qui verra naître le mécanisme d'Antikythéra, une époque qui a bien failli devenir plus.




©Phoenix



Le site du livre.
Un article wikipedia.









n⁰ 89 : 2008/07/08


David Abrahams, Aleksey Gurtovoy — C++ Template Metaprogramming: Concepts, tools, and Techniques from Boost and Beyond — Addison Wesley, 2005, 373 pp. ISBN 0-321-22725-5

Ce livre présente les concepts de métaprogrammation qui sont à la base de Boost
, la librairie « complémentaire » de la STL. On y traite principalement de la manipulation de types et comment l'utiliser pour construire une librairie basée sur la métaprogrammation, principalement pour les itérateurs et les collections. Il y a aussi une section sur la décryption des messages du compilateur, ce qui est bien utile pour le débutant. Cependant, le texte lui-même est plutôt aride.

La rédaction du livre date de 2004, mais on a distinctement l'impression qu'il traite de sujets dépassés ou hors-phase. C'est une impression subtile, comme si le Boost du livre n'était encore qu'une version embryonnaire, alors que déjà en 2004, Boost devait être déjà très évoluée (je n'ai découvert Boost qu'en 2006 ou 2007, pour ma part). Il aurait grand intérêt à être rafraîchi, car, par exemple, on parle des compilateurs G++ 3.quelque-chose, alors que nous somme rendus à la version 4.2.quelque-chose. Même chose pour le compilateur d'Intel qui en est à la version 10, alors que le livre discute de la version 8! Un appendice sur Boost aurait aussi été le bienvenu.




©Addison Wesley









n⁰ 88 : 2008/07/01


Andrei Alexandrescu— Modern C++ Design: Generic Programming and Design Pattern Applied — Addison Wesley, 2001, 323 pp. ISBN 0-201-70431-5

Ce livre présente quelques techniques de métaprogrammation C++ mais est surtout axé sur le pont entre les design patterns tels que présentés par le Gang of Four et les capacités de C++. La première partie du livre est plutôt technique: extensions des classes par des « classes politiques », les techniques de tests à la compilation, les listes de types et leurs usages. Il y a une section sur l'allocation rapide de petits objets, mais le sujet est couvert de façon très sketchy et peut-être pas tout à fait à jour; la véracité factuelle des assertions de base pour ce chapitre n'est probablement pas complète 1.

La seconde partie lie les desing patterns aux constructions C++. Évidemment, la liste des sujets traités n'est pas aussi longue que la liste de design patterns de la Gang of Four. Alexandrescu se contente de présenter les fonctors, et leur réalisation dans le command pattern, les singletons, les pointeurs intelligents, le factory pattern qui permet d'instancier dynamiquement des objets de types voulus, le visitor pattern et enfin les multiméthodes.

Fidèle à son style, Alexandrescu nous livre un exposé clair, simple, aucun exemple capilotracté, avec plein de références. Cependant, si vous êtes déjà adepte des design patterns et de C++, ce livre ne nous apparaîtra pas très utile, mais j'en suggère tout de même la lecture.




©Addison Wesley





1 Pour des références plus fiables sur les techniques d'allocation de mémoire, le lecteur pourra consulter wikipedia sur le sujet et les références présentées, en particulier Wilson et al. [PS]. Le lecteur voudra probablement aussi fouiner sur google pour l'allocateur de Doug Lea qui prévoit un cas spécial pour les petits objets.






n⁰ 87 : 2008/06/18


Charlie Croker — Lost In Translation: Misadventure of English broad — Michael O'Mara Books, 2006, 176 pp. ISBN 1-84317-208-9

Ce livre rappelle définitivement Anguished English sauf en plus délirant, si possible. Alors que Anguished English mettait l'accent sur l'utilisation dysorthographique et agrammatical de l'Anglais par des gens dont c'était la langue maternelle, Lost in Translation nous livre des perles de traductions farfelues, un peu comme www.engrish.com mais avec plus de goût.


Japan:
In case of earthquake, use the
torch to pass yourself out


Ankara:
You are invite to visit our restaurant
where you can eat the Middle East Food
in a European ambulance


Thailand (offering donkey rides):
Would you like to ride on your own ass?





©Michael O'Mara Books



Le site du livre.








n⁰ 86 : 2008/06/07


Paul J. Nahim — An imaginary Tale: the Story of √-1 — Princeton University Press, 1998, 267 pp. ISBN 0-691-12798-0

Bien meilleur, incomparablement meilleur, que le Zero: The biography of a dangerous idea, ce livre relate l'histoire de i, la racine carrée de -1. Ce livre est moins axé sur les détails proprement historiques — on y apprendra très peu sur les vies des mathématiciens qui ont changé le cours de l'histoire de √-1 — que sur l'évolution des mathématiques elles-mêmes. Le livre regorge de démonstrations, de théorèmes et de formules qui aideront le lecteur à comprendre l'utilité et la puissance de i. C'est d'ailleurs ce côté matheux qui me plaît bien dans ce livre.

Je pense que même si on ne comprend pas tout à la première lecture ce livre mérite d'être lu, voire relu. En effet, on y voit les applications de i du théorème de De Moivre jusqu'aux théorème de Greene sur les intégrales de contours en passant par la géométrie analytique, les mathématiques de la relativité, les espaces à haute dimensionalité et tout ça avec une bonne dose d'algèbre fondamentale.

À acheter, et à conserver, car on voudra surement le relire.




©Princeton University Press






©Bill Watterson









n⁰ 85 : 2008/05/18


Charles Seife — Zero: The biography of a dangerous idea — Penguin Books, 2000, 248 pp. ISBN 0-14-029647-6

J'ai d'abord cru que ce livre aurait été une histoire documentée du zéro, un peu à la Journey Through Genius de Dunham, ou encore Mathematics: The Loss of Certainty de Kline, mais en fait, le livre est écrit dans un style qui met plus d'emphase sur des tournures de phrases choc que l'exactitude factuelle; de plus, il contient, à mon avis évidemment, un mélange de science et de pseudo-science à deux balles (du genre, le zéro c'est l'inverse de l'infini, l'infini c'est Dieu, etc.) en plus de s'étendre dans toutes les directions: mathématiques, physique quantique, etc.

Même les appendices amusantes (comment prouver que 1=2) ne sont pas assez pour que j'en conseille la lecture; j'en déconseille la lecture aux jeunes esprits qui cherchent encore à bien saisir certains concepts des mathématiques! De façon surprenante, ce texte a été décoré du (défunt) prix Martha Albrand qui souligne une première œuvre de non-fiction.




©Penguin Books










n⁰ 83 : 2008/05/04


n⁰ 84 : 2008/05/04


Herb Sutter — Exceptional C++ : 47 Engineering Puzzles, Programming Probelms, and Solutions — Addison-Wesley, 1999, 215 pp. ISBN 0-201-61562-2

Herb Sutter — More Exceptional C++ : 40 New Engineering Puzzles, Programming Probelms, and Solutions — Addison-Wesley, 2002, 279 pp. ISBN 0-201-70434-X

Ces deux livres recueillent des problèmes du guru of the week centrés sur le langage C++ lui-même. Parmi les sujets couverts, on retrouve la programmation générique (templates), la gestion de la mémoire, la gestion des exceptions, les byzantineries de la résolution de nom en C++, quelques design patterns.

Le premier livre, Exceptional C++ est plutôt orienté vers le langage lui même alors que le second, More Exceptional C++ met l'accent sur des problèmes plus orientés-objet: héritage, polymorphisme, compatibilité avec la STL, etc.

Ces deux livres sont d'une lecture intéressante pour qui ne maîtrise pas déjà le C++ — quoi qu'on puisse douter qu'il soit possible de réellement maîtriser tout le C++. Les sujets abordés couvrent plusieurs aspects de la « vraie » programmation et sont donc intéressants pour le programmeur expérimenté ou non. Cependant, bien qu'on ne puisse pas toujours être d'accord avec les préceptes tels qu'édictés par Sutter (et d'ailleurs, il fait preuve d'honnêteté intellectuelle, il avertit le lecteur qu'il ne s'agit en fait vraiment que de son opinion) les problèmes explorés sont toujours édifiants.

D'un autre côté, ils commencent à dater un peu et ne couvrent pas les nouvelles idées apportées par des librairies comme Boost, alors que le plus récent C++ Coding Standards en fasse mention (voir livre n⁰4, ci-bas).


    

©Addison-Wesley


Site du premier livre: Exceptional C++
Site du second livre: More Exceptional C++








n⁰ 82 : 2008/05/06


Robert Adams — Why People Photograph — Aperture, 1994, 186 pp. ISBN 0-89381-603-5

Une collection d'essais par le photographe Robert Adams. Au départ, je croyais que le sujet était la photographie elle-même; les premiers essais étudient quelques grands photographes, leurs livres, et les relations entre l'art photographique publiée et le succès des photographes eux-mêmes, mais en fait, il appert rapidement que le thème central est plutôt la nostalgie du territoire américain tel que conçu aux siècles précédents. Au XIXè siècle, le territoire était perçu comme une étendue inexhaustible, sauvage et éternelle; caractère qu'il a définitivement perdu avec l'étalement urbain et la croissance de la population au siècle dernier; l'assaut des Hommes ayant causé des dommages irréparables à l'idée même du territoire.


"If there's anything lacking in such places, lovely though they are, it is a community of observers. By the paradoxical mathematics of beauty, they are, like songs, more ours if we share them. But this is difficult in our time because relatively few people care, and because those who do are thinly dispersed. Calling such places to public notice can, as well, risk their destruction by vandals."





©Aperture









n⁰ 81 : 2008/04/05


Jon Krakauer — Into the wild — Anchor Books, 1996, 207 pp. ISBN 0-385-48680-4

Christopher McCandless, un fils de bonne famille laisse biens et amis derrière lui pour une vie de nomade. Son but ultime — et qui lui sera fatal — c'est de vivre dans la nature, en Alaska. Le livre « documentaire » retrace ses déambulations aux États Unis, au Mexique et au Canada, grâces aux entrevues menées auprès des gens qui l'ont connu, la plupart des marginaux ou des routiers. Il est difficile de cerner le caractère de McCandless. On peut déduire sa soif d'aventure, mais ses motivations profondes nous restent cachées. Sa candeur et son idéalisme, voire son inexpérience lui coûteront ultimement la vie. Vraisemblablement, McCandless serait mort de faim, une mort lente, dans un bus abandonné au bout d'une route jamais terminée, ironiquement, à quelques miles de la civilisation.


"Everett was a loner, but he liked people too damn much to stay down there and live in secret the rest of his life. A lot of us are like that—I'm like that, Ed Abbey was like that, and it sounds like this McCandless kid was like that: We like companionship, see, but we can't stand to be around people for very long. So we go get ourselves lost, come back for a while, then get the hell out again."





©Anchor Books



Le livre a été porté au grand écran par Sean Penn. Voyez l'interview de Sean Penn, Jon Krakauer et le musicien Eddie Vedder à l'émission de Charlie Rose.







n⁰ 80 : 2008/02/09


The Polar Bear Waltz and other moments of Epic Silliness — W. W. Norton, 2002, 96 pp., ISBN 0-393-32398-6

Dans cette édition « 25è anniversaire » les editeurs du magazine Outside nous présentent une collection d'environ 80 photographies insolites ou amusantes, mais toujours grandioses.




©W. W. Norton






©Didier Givois / Getty








n⁰ 79 : 2008/02/09


David Hurn, Bill Jay — On Being a Photographer: A practical guide — LensWork Publishing, 2007, 160 pp., ISBN 1-888803-06-1

Ce petit livre « questions & réponses » aborde la question qu'est-ce qu'un photographe? Questionné par Bill Jay, le photographe de renom David Hurn livre son point de vue sur la chose. Comme Hurn est un photographe de reportage, une bonne partie du discours s'articule autour de l'engagement par rapport au sujet choisi. Une autre partie du discours, disons d'aspect plus « technique » est plutôt superficielle. En fait, le message du livre est très simple: 1) pratiquer. 2) prendre les règles de composition avec un grain de sel et 3) le photographe doit s'intéresser à son sujet pour réussir à le rendre de façon convainquante. Si certains critiques sont en extase devant ce livre, ce n'est certes pas mon cas. Sans le trouver mauvais, je ne l'ai pas trouvé d'une profondeur transcendante. J'ai aussi noté l'abscence totale de photographies, ce qui encourage peu le lecteur à croire à la « grandeur » de ces deux photographes. C'est léger, somme toute. Il n'est pas mauvais, mais à emprunter plutôt qu'à acheter.




©LensWork Publishing









n⁰ 78 : 2008/01/03


Harry Seidler — The Grand Tour : Itinéraire photographique d'un architecte — Taschen, 2007, 575 pp. ISBN 978-3-8228-3779-5 

Un autre livre dans la série Taschen 25. Pour célébrer ses 25 ans, Taschen a publié une série ecclectique de livres de format compact et peu dispendieux. Je possède déjà une demi douzaine de volumes de cette série (dont, je dois avouer, tous les sujets ne m'intéressent pas également) et je dois dire qu'il est apparent qu'un soin particulier a été porté à la présentation, en particulier à l'impression des photographies.

Et ce livre ne fait pas exception: on y trouve quelques 1500 photographies! Toutes prises par Seidler, elles constituent une présentation quasiment exhaustive de l'architecture des pays visités: pas moins de 36! Chaque bâtiment est présenté par quelques photographies et un court texte explicatif. Ce n'est pas tant un guide de voyage qu'une référence par ordre géographique des merveilles du monde de l'architecture. On passe des grandes pyramides de Gizeh aux tours d'Angkor Vat, en passant par les splendeurs du monde mulsuman, comme le célèbre Taj Mahal. Mais rassurez-vous, le livre ne se limite pas aux ruines. En effet, vous trouverez des bâtiment fin-de-siècle et des bâtiments modernes, comme, par exemple, la « soucoupe volante » du Musée Niterói, conçu par l'architecte Niemeyer.




©Robert Laffont










n⁰ 77 : 2007/01/03


Walter Fisher— Digital Television: A Practical Guide for Engineers — Springer, 2004, 394 pp. ISBN 3-540-01155-2, traduit de l'allemand par H. von Renouard

Ce livre est consacré aux technologies de la télévision haute définition. Il n'est pas tellement intéressé aux algorithmes de compression vidéo qu'aux méthodes de transport de l'information haute définition. Certes, la première partie (les quelques cent premières pages) présentent les algorithmes de MPEG (transformée de fréquence, discrétisation, codage Huffman, etc.) mais l'accent est mis sur les nombreux détails du transport de l'image tels que l'espace de couleur, la modulation des signaux (par antenne, par câble), les interfaces physiques pour les câbles, la mise en paquet de l'information, etc.

Ce n'est donc évidemment pas une introduction à la télé numérique mais une référence. Chaque technologie présentée est rigoureusement documentée — à grands coups de standards ITU et ISO.




©Springer










n⁰ 76 : 2007/01/03


Gonzalo Camarillo, Miguel A. García-Martín — The 3G IP Multimedia Subsystem (IMS) : Merging the Internet and the Cellular Worlds — Wiley, 2006, 427 pp. ISBN 0-470-01818-6

Camarillo (Ericsson) et García-Martín (Nokia) nous présentent les technologies qui permettent l'interopérabilité entre les applications cellulaires et les applications Internet, telles que la messagerie instantannée et la vidéoconférence. Après une brève introduction au monde 3G/IMS, les auteurs présentent dans un certain détail l'architecture IMS, les protocoles de contrôle de session comme SIP, les architectures d'authentification, de sécurité, de cryptographie, etc. La seconde partie du livre est consacrée au multimédia comme tel: le transport de la voix et vidéo, mais aussi les protocoles de présentation. Enfin, la dernière partie se consacre aux applications telles quelles, comme la messagerie instantannée et le push-to-talk.

Le livre est très complet; chaque protocole est présenté avec un niveau de détails suffisant (traces de sessions, chronogrammes, etc.) pour en avoir une très bonne compréhension. Si ce n'est pas une référence définitive (on n'y trouve pas, par exemple, tous les RFC) c'est quand même un très bon point de départ pour quiconque veut s'initier aux technologies IMS.




©Wiley










n⁰ 75 : 2007/01/03


Ron Kimmel — Numerical Geometry of Images: Theory, Algorithms, and Applications — Springer, 2003, 210 pp. ISBN 0-387-95562-3

Ce livre — dont le sous-titre aurait peut-être dû être Images as Surfaces — introduit le lecteur à la morphologie et à la topologie des images. Les concepts présentés peuvent aussi bien servir à la robotique (les problèmes de déplacements avec obstacles) comme au cartographe (courbes de niveau et bassins.) Mais attention! ce livre est vraiment matheux: la première partie est consacrée à une introduction assez raide à la morphologie computationnelle, et la seconde consacrée à des exemples d'applications non triviaux tels que la reconnaissance de volumes à partir des ombres et des visages à partir de fragments de textures. Quoi qu'il en soit: un livre qu'on devrait avoir dans sa bibliothèque.




©Springer









n⁰ 74 : 2008/01/03


Nicolas Giffard, Alain Biénabe — Le guide des Échecs: traité complet — Robert Laffont, 1993, 1592 pp. ISBN 2-221-05913-1 

Ce livre pourrait rappeler le Oxford companion to Chess s'il n'était aussi massif: presque 1600 pages! Véritable encyclopédie de poche (évidemment imprimée sur papier ultramince), le guide complet se divise en huit parties, chacune copieusement documentée. On présente les Échecs dans les deux premières parties, initiation et la technique, introduction en règle à ce jeu aux apparences simples; suit un volet historique où sont présentés les champions des différentes époques. La seconde moitié du guide, les cinq derniers chapitres sont techniques: on y présente les finales des parties jouées en tournois par des maîtres, suivies d'un dictionnaire des grands joueurs passés et présent; enfin, vingt parties mémorables sont présentées et analysées. Suivent deux chapitres sur la composition et la stratégie (mat en 3 coups, analyse « rétrograde », etc.).




©Robert Laffont









n⁰ 73 : 2007/09/02


A. D. Aleksandrov, A. N. Kolmogorov, M. A. Lavrent'ev — Mathematics: Its content, methods, and meaning — Dover, 1963, 1120 pp. ISBN 0-486-40916-3

Traduit du russe, ce livre offre une perspective différente à celui qui veut s'intéresser aux mathématiques; perspective russe qui, d'ailleurs, nous fait découvrir des mathématiciens dont on a peu ou pas entendu parlé — Lobačevskiĭ, par exemple. L'intérêt principal de ce livre (dont je possède une édition différente, l'édition originale de 1963 imprimée par MIT Press, en trois volumes jaunis) est de faire un survol des grands sujets des mathématiques modernes: l'analyse, la géométrie analytique, la théorie des équations algébriques, les équations différentielles ordinaires, les équations différentielles partielles, les courbes et les surfaces, le calcul des variations, les fonctions de variables complexes, les nombres premiers et la théorie des nombres, les probabilités, les approximations de fonctions, approximations et calcul numérique, les ordinateurs, théorie des fonctions réelles, la géométrie euclidienne et la topologie, l'analyse fonctionnelle et, enfin, les groupes et autres systèmes algébriques.

Le tout est présenté de façon claire et intereliée, de façon à établir les connexions entre des champs qui semblent disjoints. Ce livre, malgré, ou plutôt à cause de, ses 1120 pages, devrait être une lecture obligatoire pour tout étudiant qui débute ses études universitaires, qu'elles soient en informatique ou génie.




©Dover









n⁰ 72 : 2007/08/18


Michael Murphy — Golf in the Kingdom — Penguin Compass, 1997, 224 pp. ISBN 0-14-019549-1

Le livre se présente en deux parties. La première partie est le récit à la première personne de la rencontre d'un apprenti golfeur avec un maître bizaroïde et un peu fêlé du bérêt. Le maître, Shiva Irons, entraîne le jeune golfeur dans son délire mystique qui lie la nature même du cosmos à ce jeu qu'est le golf. La première partie pourrait se comprendre comme une descente dans l'univers personnel de Shiva Irons, prétexte à exposer le point de vue de l'auteur et la métaphore du golf comme ballet cosmique; la perfection du jeu menant à la perfection de l'âme, à l'éveil. La seconde partie, en revanche, est pur délire mystique: chakras, troisième œil, allouette, n'importe quoi.

De plus, comme notre personnage est un Écossais, ses dialogues sont rendus dans une approximation de l'accent, très difficile à lire et qui les fait plus sonner débiles qu'écossais. Enfin, c'est une petite difficulté comparé au délire mystique de la seconde partie.


" So as we ken these many worlds, see them with a clearer eye, we learn to move more freely — and learn o' worlds tha' lie beyond." He raised a long finger and held it in front of his nose. "Yes, worlds within worlds right in front o' our nose. Think about the times ye really concentrated upon a thing, did ye see it change in front o' your very eyes? Now, did it not? The lovely face tha' grew lovelier still, the new music in the old tunes, the new meanin's in the familiar poem, the new energies in the old swing? Yes, worlds within worlds here, with new shapes, new powers. Now did ye e'er make a ball curve in the air just by willin' it?"





©Three Rivers Press









n⁰ 71 : 2007/07/31


William Gurstelle — Adventures of the technology underground: catapults, pulsejets, rail guns, flamethrowers, Tesla coils, air cannons and the garage warriors who love them — Three Rivers Press, 2006, 224 pp. ISBN 978-0-307-35125-8

Un bien curieux livre! En effet, ce qui est le plus intéressant se trouve dans les notes en bas de page et dans les encadrés pour les sujets « avancés » ; le texte principal n'est qu'une longue disgression. Ça m'intéresse pas trop de savoir comment un mec du Burning Man se fait un scrotum de la taille d'un ballon de basket avec une pompe à vide et beaucoup de crisco; pas vraiment plus de savoir que les catapultes à citrouilles ont leur groupies.

En fait, j'aurais aimé avoir plus de théorie, des plans plus détaillés (alors que la plupart ne sont que des dessins sommaires), et surtout des photos des engins présentés. En effet, curieusement, le livre ne comporte aucune photo. La bibliographie étant aussi assez mince, le lecteur intéressé au sujet aura plus avantage à googler qu'à acheter ce livre.




©Three Rivers Press









n⁰ 70 : 2007/07/15


Kenneth Kamler — Surviving the extremes: what happens to the body and mind at the limits of human endurance — Penguin books, 2005, 324 pp. ISBN 0-14-303451-0

Kamler est un « médecin de l'extrême » et il nous livre ses expériences médicales dans les environnements les plus hostiles à l'être humain. Les environnements extrêmes explorés sont: la jungle, les hautes mers, le désert, les profondeurs sous-marines, les hautes altitudes et enfin l'espace. Dans chaque environnement, Kamler donne des exemples vécus, de survivants aux conditions extrêmes. Ici, un marathonien qui s'égare dans le désert, là, un naufragé en haute mer, ici encore un alpiniste sous-oxygéné. Kamler décrit les effets physiologiques et psychologiques des privations, des changements de températures, du manque d'oxygène, et ce, avec beaucoup de détail. Le chapitre sur la jungle — en particulier les parasites &mdash est très savoureux.

Le chapitre sur les hautes altitudes — l'Everest, évidemment &mdash parle des effets immédiats mais pas des effets à long terme; il ne parle pas des « séquelles légères mais permantentes » qui sont pourtant bien documentées. J'aurais aimé en savoir plus à ce sujet. Le chapitre sur la plongée est aussi particulièrement intéressant pour ceux qui, comme moi, sont des plongueurs certifiés.

Une bonne lecture pour se rappeler que l'on vit dans un petit confort douillet, même en hiver.




©University of Chicago Press










n⁰ 69 : 2007/07/02


Matt Curtin — Brute Force : Cracking The Data Encryption Standard — Copernicus Books 2005, 291 pp. ISBN 0-387-20109-2

Le Data Encryption Standard, ou DES, est un algorithme d'encryption universellement utilisé pour les transactions bancaires, commerciales depuis 1976. La taille réduite de la clef, 56 bits, a très tôt eu ses détracteurs qui spéculaient qu'une attaque exhaustive — soit essayer les clefs une par une — n'était pas impossible.

Le livre raconte l'histoire de DESCHALL, un projet du type SETI@home, qui visait à trouver une clef spécifique et non, comme on l'a laissé entendre, de casser l'encryption DES de façon définitive. Le récit culmine en juin 1997 quand la clef est enfin trouvée.

Malheureusement, le livre n'est qu'une interminable suite de minutiæ des e-mails, des ordinateurs utilisés, des progrès algorithmiques... Pire, le livre est extrêmement pauvre côté vulgarisation, non seulement les algorithmes intéressants ne sont pas présentés, même de façon simplifiée, mais le livre contient des erreurs mathématiques énormes, et à répétition. L'auteur est censé être un spécialiste de la cryptographie, mais permettez-moi d'en douter. À plusieurs reprise, l'auteur confond croissance linéaire et exponentielle: il réprète à plusieurs reprise, par exemple, qu'ajouter 72 bits fait une encryption 72 fois plus forte alors que c'est 272 fois plus forte. Il confond aussi certains acronymes, comme UDP qu'il rend comme unreliable datagram protocol plutôt que user datagram protocol. Je déplore aussi l'absence de bibliographie; il y a bien quelques notes en fin de livres et quelques URLs, mais c'est bien insuffisant.

Si vous voulez lire un livre qui vous apprendra autre chose que des trivialités sur la cryptographie, préférez, par exemple, le livre de Steven Levy, Crypto ou encore le livre de Simon Singh, The Code Breakers, tous deux beaucoup mieux écrits et beaucoup mieux documentés.




©Copernicus Books









n⁰ 68 : 2007/06/17


N. Katherine Hayles — My Mother Was a Computer: Digital subjects and literary texts — University of Chicago Press, 2005, 290 pp. ISBN 0-226-32148-7

Je dois avouer que j'ai trouvé ce livre particulièrement pénible à lire. À moins que vous ne soyez friands de charabia du genre « déconstructivisme post-humain » ou encore « la récursivité implicite dans la coproduction et la coévolution des causalités multiples » [p.31] vous trouverez probablement que le livre est écrit dans ce style pseudo-intellectuel déplaisant qui sert principalement à masquer la ténuité des idées proposées par circonlocutions interminables. Nonobstant sa forme, le sujet demeure intéressant.

À travers différents écrits (allant du A New Kind of Science de Wolfram jusqu'aux Trois Stigmates de Palmer Eldritch de Philip K. Dick en passant par le Cryptonomicon de Neal Stephenson) l'auteur explore la relation entre le traitement de l'information (Regime of Computation), l'information et son support. Est-ce qu'une œuvre est fondamentalement liée à son support matériel — un livre, par exemple — ou dispose-t-elle d'une réalité autonome qui survit aux modes de codage — encre ou bits ? Est-ce que l'information doit être interprétée pour exister ? Est-ce qu'une machine peut-être intelligente, voire vivante ? La réalité est-elle analogue ou numérique ?

L'auteur amène donc progressivement une discussion sur la subjectivité et la nature même de la réalité afin de remettre en question nos notions du soi et de la conscience, examinées sous une loupe différente, celle de l'Âge de l'Information, une espèce d'ère post-industrielle où la matière ne domine plus, où seule l'information règne.




©University of Chicago Press



NB: Le computer dans le titre ne fait pas référence à une machine, mais à une personne qui avait pour tâche, avant l'avènement des ordinateurs numériques, de faire les calculs pour les scientifiques.







n⁰ 67 : 2007/06/03


Ian Stewart — Flatterland: Like Flatland, only more so — Basic Books, 2001, 302 pp. ISBN 0-7382-0675-X

Une « suite » à Flatland, FlatterLand raconte les aventures d'une descendante du protagoniste Monsieur le Carré de Flatland. Vikki, la femelle segment de droite visite divers univers aux géométries différentes avec son guide, le Sauteur Spatial. On fait le tour des géométries cartésiennes, hyperboliques, de l'espace de la relativité, de la topologie, des trous de vers. Même le chat de Schrödinger y passe... Un buffet géométrique de niveau tout à fait introductoire. Aucune vraie math et beaucoup de mauvais jeux de mots, mais une lecture légère qui introduit des sujets intéressants.

Flatterland ne nécessite pas vraiment la lecture de Flatland. À vrai dire, Flatland a surtout l'avantage d'être court, alors que Flatterland circonlocute interminablement à plusieurs occasions, ce qui en rend parfois la lecture un peu longue.




©Basic Books









n⁰ 66 : 2007/06/03


Edwin A. Abbott — Flatland: A Romance of Many Dimensions — Dover, 1992, 84 pp. ISBN 0-486-27263-X

Ce petit livre raconte l'histoire d'un carré qui habite un monde bidimensionel qui visite des mondes de différentes dimensions. D'abord il visite un monde à une dimension, puis à aucune dimension. Un guide extra-dimensionnel, une sphère lui fait visiter un monde à trois dimension où les volumes apparaissent à notre héros comme une manifestation de perfection quasi surnaturelle. Le tout est arrosé d'une satyre mordante du système social victorien — le texte date de 1884 quand même — qu'il ne faut surtout pas prendre au premier niveau.

C'est quand même intéressant, bien qu'un cours de géométrie eut été plus efficace. Pour les non-mathématiciens, ça donne sûrement une bonne idée de ce qu'est la géométrie en plusieurs dimensions et les paradoxes qui en résultent.




©Dover










n⁰ 65 : 2007/05/27


Patric McDermott — Zen and the Art of System Analysis — Writers Club Press, 2002, 178 pp. ISBN 0-595-25679-1

Ce livre n'a pas beaucoup plus à voir avec le Zen que Zen and the Art of Motor Cycle Maintenance, mais chaque chapitre est construit sur le thème du noble sentier octuple, avec ça et là des références à Miyomoto Musashi et son Go Rin no Shō (Livre des Cinqs Anneaux), dont les neufs principes s'appliquent à toutes les sauces.

McDermott fait le tour de l'analyse de systèmes en écorchant au passages programmeurs et managers — pour lesquels, autant l'un que l'autre, il semble avoir un respect que très modéré. Cependant, si vous avez déjà quelque expérience de travail, le discours ne vous surprendra pas outre mesure, peut-être tout au plus ajoutera-t-il un peu à votre sagesse. Les huit chapitres (outre l'introduction) sont:
  1. Nirvana Through Analysis. « Compréhension juste. » La première phase, l'analyse, c'est d'abord de comprendre quel est le sujet, de quoi on parle, quels sont les buts du système.

  2. The Tao of Design « Intention juste. » Ce chapitre discute des choix que l'on doit faire pour les interfaces et modèles de données. Il faut montrer qu'on a les bonnes intentions lorsqu'on travaille sur un projet comme il faut aussi se méfier des intentions des clients.

  3. The Consultant as Guru « Parole juste. » Comment gérer l'incertitude et comment se placer dans une perspective propice à la compréhension du problème pour viser juste, comment se mettre dans la peau de pour qui on construit le système. Toujours chercher à s'améliorer, à s'adapter.

  4. The Way of Business « Action juste. » Comprendre les intéractions entre hardware, software, et process. Quelles sont les dépendences entre la technologie et les Affaires ?

  5. The Zen of Economics « Moyens juste. » C'est la faute aux managers qui pensent que les programmeurs ne savent pas de quoi ils parlent. Ce n'est que du soft, après tout, qu'est-ce qu'ils connaissent ? Ce chapitre descend quelques mythes de la gestion.

  6. The Karma of Culture « Effort juste. » La culture bureaucratique et les études de faisabilité. Le travail d'équipe. Les analystes et les clients: comment extraire l'information sans sombrer dans trop de précisions. 1, 2, 3, beaucoup, ou comment les Hottentots sont mieux que les programmeurs.

  7. Methodological Mindfulness « Attention juste. » Comme le titre l'indique, ce chapitre est dédié aux méthodologies comme XP et autres; mais l'accent est mis sur les aspects ludiques de la chose, comme les remues-méninges (brainstorms) et la valorisation de la participation de tous et chacun.

  8. Meditations on a Model « Méditation juste. » Études des modèles de données. Quel modèle est mieux qu'un autre?

Le livre est bizarrement ichtycodal: il manque un chapitre de conclusion. Le style cependant est plaisant et n'est pas sans rappeler celui d'un samurai Spolsky. Le livre est aussi assorti d'une bibliographie détaillée. Je n'ai mis que quelques heures pour le lire, et j'ai encore faim.


« Consider flashing, blinking and beeping to catch the user's attention. Flashing and blinking are examples of features, like cutesy sounds, that are initially seen as cool. After a little while, they seem cute. Not much later they are annoying. Eventually they'll turn your users into axe murderers looking for the idiot that programmed the sound and light into the system. »



« Coding produces the actual system, which we test rigorously, unless we're Microsoft and leave all the testing to the customers. »





© Crown









n⁰ 64 : 2007/05/26


Albert László Barabási — Linked: How Everthing is Connected to Everything Else and What It Means for Business, Science, and Everyday Life — Plume, 2003, 294 pp. ISBN 0-452-28439-2

Si ce livre ne m'avait pas été chaudement recommandé par un ami — Christopher Matthews en l'occurence — je ne l'aurais surement jamais lu. Mais, malgré son titre de livre de gare, il s'avère très intéressant.

Bien que contenant très peu d'équations explicites (la plus méchante ressemble à peu près à nk), c'est définitivement un livre de mathématiques. On y présente les concepts qui président à l'étude de la croissance et de l'auto-organisation des réseaux dits « naturels » tels que les réseaux de contacts profesionnels, l'Internet et les réactions chimiques qui régissent la biologie cellulaire. Barabási montre que tous ces réseaux partagent une structure mathématique essentiellement identique et divergeant significativement du modèle jusqu'à tout récemment accepté.

Erdős, qui a grandement contribué à l'étude des réseaux, a basé sa théorie sur une construction aléatoire des connexions. Les réseaux résultants ne correspondent toutefois pas aux réseaux observés dans la vraie vie et Barabási présente une théorie qui tient compte de la façon dont les réseaux forment; non pas par connexions aléatoires mais par attachements préférentiels. La théorie est illustrée par de nombreuses applications et observations faites dans des champs différents tels que l'épidémiologie, les contacts professionnels et l'économie.

L'auteur n'est pas un journaliste qui vulgarise une science qu'il ne comprend que partiellement, mais un scientifique qui présente le champ de recherche pour lequel il se passionne. Le texte n'est donc jamais judicieusement flou, et les propos sont appuyés par une importante bibliographie — les 30 dernières pages du livre, en fait.

J'ai été tenté de lui donner mais je ne me vois pas vraiment appeler mon chien Albert-László.




© Plume books









n⁰ 63  2007/05/26


Faubion Bowers — The Classic Tradition of Haiku: An Anthology — Dover, 1996, 78 pp. ISBN&0-486-29274-6

Une autre anthologie du haïku, ce poème souvent énigmatique de 5, 7 puis 5 syllables. Ce qui est intéressant de cette édition, c'est qu'elle est bilingue; on trouve le texte original en rōmaji et une traduction en anglais. Le rōmaji, le japonais écrit grâce à l'alphabet latin, est plus facile à lire pour ceux qui ne connaissent pas le kanji, le katakana ou l'harigana, et rend bien la sonorité de la langue. Cette anthologie est évidemment à lire dans une humeur appropriée. Ça donne le goût d'écrire ses propres haïkus.



saké hitotsu
nodo tōru ma ni
tsuki idete


While a shot of saké passes,
the moon appears



Nishiyama Sōin (1605—1682)





© Dover









n⁰ 62 : 2007/05/14


Rose Quong — Chinese Characters : Their Art and Wisdom — Dover, 2007, c.80 pp. ISBN 0-486-45434-7

Si les idéogrammes chinois vous ont toujours fasciné, ce petit livre est probablement pour vous. Rose Quong présente les idéogrammes sous un aspect constructiviste avec la calligraphie de Kinn Wei Shaw. Le texte est en noir et la calligraphie du rouge vif que l'on voit si souvent dans les sceaux chinois. L'ensemble est agréable à lire, et on s'émerveillera de découvrir que les idéogrammes les plus compliqués ne le sont qu'en apparence.



Évidemment, le livre de quelques 80 pages n'est définitivement pas suffisant pour apprendre le chinois, mais ça donne quand même le goût.




© Dover









n⁰ 61 : 2007/04/29


W. W. Sawyer— Mathematician's Delight — Penguin Books, 1991, 238 pp. ISBN 0-14-013034-9

Ce livre n'est pas un livre de mathématiques avancées, du moins pas aussi avancé que le Hacker's Delight pouvait l'être, mais il apporte quand même un éclairage nouveau sur certains aspects des mathématiques qui devraient cependant nous être déjà familières.

C'est une réflection sur l'enseignement des mathématiques; plutôt que de présenter théorèmes et identités complexes et obscures, Sawyer explique, avec une simplicité déconcertante, les idées des mathématiques telles que l'algèbre, les logarithmes, la trigonométrie, comment construire des graphiques, le calcul différenciel et intégral, et enfin les nombres complexes.

Normalement, le lecteur devrait déjà être familier avec ces sujets, mais l'angle que prend Sawyer pour expliquer ces sujets est intéressant. Il s'adresse à un lecteur qui n'a que peu de connaissances mathématique, mais même celui qui a déjà atteint un certain niveau pourra y trouver son compte; surtout s'il désire enseigner.




© Penguin books










n⁰ 58—60 : 2007/04/29


Mark A. Franklin, Patrick Crowley, Haldun Hadimioglu, Peter Z. Onufryk (Eds) — Network Processor Design: Issues and Practives, Volume 1 — Morgan Kaufmann 2003, 338 pp. ISBN-10 1-558-60875-3, ISBN-13 978-1558608757

Mark A. Franklin, Patrick Crowley, Haldun Hadimioglu, Peter Z. Onufryk (Eds) — Network Processor Design: Issues and Practives, Volume 2 — 2nd ed,
Morgan Kaufmann 2007, 464 pp. ISBN-10 0-121-98157-6, ISBN-13 978-0121981570

Mark A. Franklin, Patrick Crowley, Haldun Hadimioglu, Peter Z. Onufryk (Eds) — Network Processor Design: Issues and Practives, Volume 3 —
Morgan Kaufmann 2005, 336 pp. ISBN-10 0-120-88476-3, ISBN-13 978-0120884766


Une série de livres qui présente les problèmes des processeurs réseau à haute performance. Routage, caches, Quality of Service (Qos), scheduling, etc. La série est structurée comme les comptes-rendus de conférence, avec des chapitres autonomes, par des auteurs différents. Chaque « article » présente un aspect des processeurs réseaux &mdash routeurs, switches, firewalls — qu'il s'agisse d'analyser le traffic, estimer la bande passante, le design de la mémoire cache, de la dissipation de chaleur… Alors qu'on pourrait penser qu'il soit relativement trivial de concevoir des switches réseau, on découvrira que c'est loin d'être le cas.

C'est une lecture que je suggère à tous ceux qui ont une curiosité pour le sujet, mais aussi à ceux qui s'intéressent au design embedded et autres byzantineries; il y a beaucoup d'information sur les algorithmes d'ordonnancement visant à satisfaire la QoS pour les applications multimédia où la performance est critique — c'est bien entendu très axé algorithmique et les sujets parfois plutôt avancés. Nonobstant l'aspect un peu matheux de la série, il n'en reste pas moins que le texte est de niveau relativement introductoire, très bien écrit; définitivement undergraduate.


   

© Morgan Kaufmann










n⁰ 57 : 2007/04/22


Scott Rosenberg — Dreaming in code : Two dozen programmers, three years, 4732 bugs, and one quest for transcendent software — Crown, 2006, 400 pp. ISBN 1-4000-8246-3

Ce qui m'a attiré c'est d'abord le sous-titre. One Quest for Transcendent Software ne peut que faire vibrer une corde sensible chez quiconque travaille dans le domaine. Cependant, le livre ne correspond pas tout à fait au titre; c'est plutôt l'histoire classique d'une équipe de programmeurs qui cherchent à révolutionner le monde, mais qui — Ô surprise ! &mdash rencontrent toute sorte d'embûches. En effet, ils découvrent que rien n'est aussi simple qu'à prime abord et que changer le monde demande beaucoup de travail.

Le journaliste Scott Rosenberg a suivi pendant près de trois ans l'équipe de Mitch Kapor (fondateur de Lotus et derrière le projet de Lotus 1-2-3) et de ses pythoneux. Mitch Kapor, avant de quitter définitivement Lotus, devenue étouffante pour lui, avait mis au point, avec son équipe, un logiciel de gestion d'information personnelle, Agenda, qui savait très bien extraire de l'information de textes tappés en langage naturel. Agenda savait quelle date représentait next monday et il était facile de se retrouver dans les mémos stockés dans le logiciel. Pour une raison ou une autre, malgré les efforts investis, Lotus n'en fit jamais rien et le logiciel sombra dans l'oubli.

Des années plus tard, Kapor décide de faire revivre Agenda pour supplanter les logiciels carrément chiants comme Microsoft Outlook qui demandent une infrastructure assez lourde pour fonctionner — personne va me dire que Microsoft Exchange est léger, stable ou sécure. Kapov carresse donc le rêve de faire renaître Agenda, mais cette fois-ci, en Open Source, sans architecture lourde, et avec toutes les features capables d'envoyer Outlook au tapis pour de bon. Ce loigiciel aura pour nom Chandler.

Le livre couvre une partie de l'histoire de Chandler, mais me semble surtout être une excuse pour faire le tour des problèmes que l'on est susceptible de rencontrer en génie logiciel. Tout y passe, méthodologies lourdes, légère, extrêmes, point de vue des uns et des autres… C'est donc peut-être une bonne lecture pour celui qui s'attaque à un gros projet pour la première fois; c'est aussi une bonne lecture pour celui qui s'est déjà fait prendre dans un gros projet qui a foiré; c'est certainement une bonne lecture pour celui qui ne veut pas refaire les mêmes erreurs.

On y retrouve un certain nombre de références à nos amis de toujours: Knuth, Spolsky, Joy, et quelques autres. Le point de vue apporté par Bill Joy me paraît le plus intéressant dans ce contexte. Il compare le cursus des informaticiens, des programmeurs plus précisément, au cursus des étudiants en litérature. Il se demande comment il se fait qu'alors que les étudiants en litérature doivent écrire souvent, comparer leurs œuvres et étudier les maîtres, les étudiants en programmation ont relativement peu de code à écrire, ne le comparent que rarement aux autres, et n'étudient absolument pas le code source écrit par de grands programmeurs. Ce n'est sûrement pas parce que c'est impossible étant donnée la quantité de source qui est accessible maintenant. Cela expliquerait, selon Joy, pourquoi les programmeurs sont souvent aussi peu qualifiés et que le développement de tout projet s'avère une tâche inutilement ardue.


« prepBut nI vrbLike adjHungarian! qWhat's artThe adjBig nProblem?. »



The road to wisdom
— well, it's plain
and simple to express:
Err
and err
and err again
but less
and less
and less





© Crown



Le site du livre.









n⁰ 56 : 2007/04/01


Mark Pilgrim — Dive into Python — Apress 2004, 414 pp. ISBN 1-59059-356-1

Ce livre introduit d'abord le langage Python, et il n'est pas nécessaire de connaître déjà Python ou un autre langage de programmation pour en profiter. Le livre présente les types de données de base de Python, les listes, les dictionnaires (l'équivalent des hashes de Perl). On y présente aussi des sujets un peu plus complexes comme les compréhensions de liste, l'introspection, les objets, les exceptions et la gestion des fichiers.

La seconde partie du livre présente quelques classes d'applications qu'il est aisé d'écrire en Python: traitement du HTML, du XML, des services HTTP et SOAP. On y présente aussi le unit testing, les joies du développement test-first et du refactoring.

La troisième partie est consacrée aux aspects fonctionnels du langage Python — de loin ce qu'il y a de plus intéressant, à mon avis ! On y voit les compréhensions de listes et les fonctions dynamiques. Enfin, le livre termine sur une section de "performance tuning".

C'est quand même une bonne introduction aux concepts les plus importants de Python, mais c'est une assez mauvaise référence. Les librairies sont assez peu décrites et on y trouve aussi assez peu de détails. Pour une référence sur Python, on lui préférera plutôt Python: Essential Reference, ou encore le canal #python sur freenode. Un autre point positif, c'est qu'on peut obtenir le pdf du livre gratuitement
ici.




© Apress



Le site du livre.

(on peut y télécharger une version PDF complète!)












n⁰ 54 : 2007/04/01


David M. Beazley — Python: Essential Reference, 3rd ed. — SAMS / Developer's Library, 2006, 626 pp. ISBN 0-672-32862-3

Si vous voulez commencer Python ne commencez pas par ce livre. Ce livre est d'abord une référence. Certes, il introduit des éléments du langage dans la première partie, et si vous ne savez pas déjà un peu programmer, vous ne comprendrez rien. C'est un livre écrit pour quelqu'un qui connait déjà un langage de programmation, disons le C++, mais définitivement pas pour quelqu'un qui veut commencer la programmation.

Par contre, la deuxième partie, est très utile. Elle présente la librairie standard de Python avec plus de détails et d'information pertinente que la documentation online que l'on trouve à Python.org. La deuxième partie ne couvre pas toute la librairie standard, mais présente beaucoup de sujets qui sont susceptibles d'intéresser le programmeur enthousiaste: persistance des données, threads, programmation réseau, API cryptographique, XML, etc.

Donc: une référence, pas un guide d'introduction




© SAMS










n⁰ 53 : 2007/03/18


David Gelernter — Machine Beauty : Elegance at the Heart of Technology — Basic Books, 1998, 166 pp. ISBN 0-465-04316-X

Ce livre explore l'importance de la beauté dans la technlogie, spécialement la technologie informatique. Il tente d'expliquer pourquoi la technologie bien faite et de bon design est plutôt associée à des vertues féminines — voire gay. Il explique comment Apple a perdu le marché malgré qu'à une certaine époque le seul concurrant de son interface graphique fut DOS. Il explique pourquoi Windows, malgré sa qualité inférieure, ait pu s'imposer face à Mac. Le discour est orienté vers les interfaces et il semble que la fonctionalité effective du système d'exploitation sous-jacent lui soit totalement indifférente — par exemple, bien que l'auteur soit informaticien, il semble confondre interface et OS.

Le livre continent au moins deux disgressions importantes. La première est pour présenter LifeStream, une alternative aux dossiers, sous-dossiers et fichiers qui nous sont si familiers. LifeStream présente un modèle où les fichiers ne sont pas identifiés par un nom unique mais plutôt par la période vague où ils ont été créés. Comme LifeStream ne présente que les fichiers selon un ordre chronologique, on doit aussi introduire de nouveaux outils pour trouver quelque chose si on ne cherche pas chronologiquement. Ça me semble peu rentable. D'ailleurs, le projet LifeStream a l'air plutôt mort.

La seconde digression porte sur le design des ordinateurs eux-mêmes. Plutôt que de penser tout simplement cacher la boîte, il propose un certain nombre de designs qui sont pour le moins Bauhaus, mais totalement absurdes. Qui voudrait d'un chauffe-tasse à même l'écran ?


« Beauty is more important in computing than anywhere else in technology. And where computers are concerned, the beauty paradox is especially acute. »



« A good algorithm has to be powerful: has to function well, which usually means running fast and not requiring too much memory. The best algorithms are simple, too: a simple algorithm is easier to capture in software — easier to program correctly, to understand, analyze, and improve. In short, the best algorithms are the beautiful ones. »





© Basic Books









n⁰ 52 : 2007/03/18


Yann Arthus-Bertrand — Being a Photographer — Édition de la Martinière, 2004, 240 pp. ISBN 0-8109-5616-0, avec DVD

Une espèce d'autorétrospective de la carrière du photographe Yann Arthus-Bertrand mieux connu pour sa Terre vue des airs. Ce livre, augmenté d'un DVD multimode (on y trouve de la vidéo mais aussi des centaines de fonds d'écran) survole la carrière prolifique du photographe. Chaque période de son œuvre est documentée par de nombreuses photographies, planches-contact, calepins de notes, et le texte demeure essentiellement anecdotique; très peu d'information technique.

Le DVD reprend le sujet du livre (on se demande si le livre n'est pas un transcript de la vidéo) mais on ne sera pas déçu: la qualité des images est vraiment impressionnante.




© Éditions La Martinière



Le site de l'auteur











n⁰ 51 : 2007/03/18


Bob Parks — Makers : All kinds of People Making Amazing Things in Garages, Basements, ad Backyards — O'Reilly, 2006, 184 pp. ISBN 0-596-10188-0

Le livre présente 100 (enfin, presque, 91) bricoleurs et leurs incroyables inventions. L'éventail est très large: le véhicule unicycle à moteur (qui n'est pas sans rappeler the wheel construite par Mr. Garrison de South Park), un ballon sonde dont l'émetteur tient dans une boîte de menthes Altoids(tm), un poisson robotique, un réveil-matin qui émet une odeur de bacon au lieu de sonner (beurk!), un pupitre avec des pattes contrôlées par ordinateur, un résolveur de cube Rubik en légo, un vieil ordinateur Nova 4 remis à neuf, une machine à cocktail pentium III…

Chaque patente est accompagnée d'une ou deux page de texte qui expliquent le pourquoi du comment et présentent brièvement l'auteur du bidule. La plupart des inventions sont chindogu-esques (珍道具) mais démontrent quand même un niveau technique surprenant. Cependant, ne vous réjouissez pas trop rapidement: il y a assez peu de détails techniques, mais on peut toujours fouiner sur le web et en retrouver quelques unes — comme celle-ci.




© O'Reilly



Le site du livre









n⁰ 50 : 2006/12/31


Cailin Boyle — L'harmonie des couleurs sur le Web : Toutes les combinaisons de couleurs pour la création de sites — Les Éditions de l'Homme, 2002, 190 pp. ISBN 2-7619-1663-8

Ce petit livre qui se présente d'abord comme un nuancier devrait être une lecture obligatoire pour tout concepteur de pages web. Le livre commence par un opuscule sur la psychologie de la couleur, suivent de nombreux exemples de sites avec leur palette de couleur expliquée.

La partie sur la psychologie de la couleur est sommaire, mais on y voit quand même les différents espaces de couleurs, le cercle chromatique, et les significations conventionnelles des couleurs. Les exemples sont présentés par thèmes ( « nostalgique », « fraîcheur », etc.) et les couleurs décrites avec précision avec les codes RGB.




© Les Éditions de l'Homme










n⁰ 49 : 2006/12/31


Khalid Sayood — Introduction to Data Compression, 3rd ed. — Morgan Kaufmann, 2005, 680 pp. ISBN 0-12-620862-X

Une des meilleures introductions au sujet de la compression de données. Ce livre n'est pas une monographie ultra-pointue mais plutôt un survol de cette science qui apparaît bien étrange à plusieurs. Chaque nouvelle édition apporte son lot de nouvelles informations.

Le livre est structuré en 18 chapitres:

  1. Introduction. Les grandes familles d'algorithmes, lossless versus lossy, modélisation versus codage.

  2. Mathematical Preliminaries for Lossless Compression. Une brève introduction à la théorie de l'information, aux modèles probabilistes, et à la théorie algorithmique de l'information.

  3. Huffman Coding. Les codes de Huffman et les variantes, codage de Huffman adaptatif, etc.

  4. Arithmetic Coding. Présentation du codage arithmétique. Très différent du codage Huffman, le codage arithmétique mappe les codes et les probabilité des chaînes de symboles pour compresser. Cette méthode contourne la limitation principale des codes de Huffman, à savoir utiliser des bits entiers pour les codes — d'une certaine façon, on peut dire que le codage arithmétique utilise des fractions de bits. Bizarre mais puissant.

  5. Dictionary Techniques. Algorithmes de compression à base de dictionnaire. Présentation des algorithmes LZ77 et LZ78.

  6. Context-Based Compression. Les algorithmes qui forment une prédiction sur le(s) prochain(s) symbole(s) basé sur le contexte, c'est-à-dire les symboles précédents. Algorithmes PPM, Markov dynamique.

  7. Lossless Image Compression. Compression sans perte des images. Standards JPEG, JPEG-LS, CCITT G3 et G4 (compression fax), JBIG et JBIG2.

  8. Mathematical Preliminaries for Lossy Coding. Concepts nécessaires à la compression avec perte. Critères de distortion, le système visuel et auditif humain, Rate/Distortion Theory.

  9. Scalar Quantization. Les algorithmes de réduction de précision (algorithmes de discrétisation) pour les scalaires. Algorithmes uniformes, adaptatifs, de Llyod-Max.

  10. Vector Quantization. Les algorithmes de réduction de précision vectoriels. Algorithmes de Linde-Buzo-Gray, algorithmes tree-structured.

  11. Differential Coding. Algorithmes de codage différentiels. Algorithmes DPCM et standard G.726.

  12. Mathematical Preliminaries for Transforms, Subbands, and Wavelets. Introduction aux espaces vectoriels, aux séries puis aux transformées de Fourier, systèmes linéaires, échantillonnage idéal, transformée discrète de Fourier, Transformée Z.

  13. Transform Coding. Les transformées importantes: transformée de Karhunen-Loève, de cosinus discrète, de Walsh-Hadamard et application au standard JPEG.

  14. Subband Coding. Qu'est-ce qu'une « sous-bande » ? Analyse, réduction de précision et codage. Reconstruction parfaite et banque de filtres. Applications au standard G.722.

  15. Wavelet-Based Compression. Que sont les ondelettes ? Qu'est-ce que la propriété de multirésolution ? Appliquations à la compression d'image: le standard JPEG 2000.

  16. Audio Coding. Le masquage et autres effets psychoauditifs. Standards MPEG, AAC et Dolby AC3.

  17. Analysis/Synthesis and Analysis by Synthesis Schemes. Applications à la compression de la voix: algorithmes LPC-10, CELP, MELP. Standard ITU-T G.722.2. Compression fractale d'images.

  18. Video Compression. Les algorithmes de compression vidéo. Algorithmes prédictifs par compensation de mouvement. Standard H.261, H.262/MPEG2, H.263, MPEG4 Advanced Video Coding / H.264. Distribution de la vidéo via réseaux.

Suivent des appendices.

Le style est clair et assez peu matheux compte tenu de la matière. Chaque technique est présentée avec des exemples et beaucoup de références pour le lecteur intéressé à pousser plus loin ses investigations.

Ce livre a une place spéciale dans mon cœur puisque j'ai été un des reviewers officiels pour la 2ème édition. Je suis même dans les références [36] :)




© Morgan Kaufmann









n⁰ 48 : 2007/01/11


Sir James Jeans — Science And Music — Dover, 1968, 260 pp. ISBN 0-486-61964-8

Un reprint d'un ouvrage de 1937, bien que rempli de délicieux anachronismes, cet opuscule présente la science du son et de la musique, du moins ce qui était le state-of-the-art à l'époque.

L'auteur présente la science du son en sept chapitres, dont seuls les chapitres II et VII sont d'intérêt (à mon avis). Le chapitre II présente les mathématiques de base du son: ondes, fréquences, phases. Il présente la combinaison des sons comme un espace vectoriel, ce qui est fort intéressant pour le néophyte et laisse entrevoir les méthodes modernes de traitement de signal comme la transformée de Fourier. Les chapitres intermédiaires présentent la physique du son, comme la propagation, l'absorbtion, l'acoustique des salles de concerts, etc. Le chapitre VII présente l'aspect psychoauditif du son : la réponse aux fréquences, les débibels, les harmoniques imaginées, etc.

Le livre date quand même de 1937, et n'est pas exactement une monographie « avancée » sur le sujet donc on n'y trouvera pas d'information sur des phénomènes comme le masking, mais il s'agit quand même d'un bon départ.

Les éditions Dover ont ceci d'intéressant: elles reprennent des monographies en tout genre et les reproduisent à un coût relativement faible. Les livres Dover à 10$ ne sont pas rares. Leur collection mathématique est particulièrement bien fournie (mais leur collection informatique est à toute fin pratique inexistante.)

Le site de Dover.




© Dover








n⁰ 42—47 : 2007/01/11


Michael Freeman — Photographie numérique: La couleur — Evergreen, 2006, 160 pp. ISBN 3-8228-5416-6

Michael Freeman — Photographie numérique: Noir et Blanc — Evergreen, 2006, 160 pp. ISBN 3-8228-5413-1

Michael Freeman — Photographie numérique: Lumière et éclairage — Evergreen, 2006, 160 pp. ISBN 3-8228-4492-6

Michael Freeman — Photographie numérique: Le portrait — Evergreen, 2005, 160 pp. ISBN 3-8228-3620-6

Michael Freeman — Photographie numérique: En gros plan — Evergreen, 2005, 160 pp. ISBN 3-8228-4496-9

Michael Freeman — Photographie numérique: Nature et Paysage — Evergreen, 2005, 160 pp. ISBN 3-8228-3616-8

Dans cette série en six volumes, découvrez les trucs de la photographie numérique: jeux de lumières, cadrage, le gros plan, le paysage, le portrait. Chaque volume présente d'abord les concepts, puis plusieurs exemples, et enfin une section photoshop qui donne des trucs supplémentaires pour corriger ou composer vos photos.

Prenons par exemple Lumière et éclairage. Nous y trouvons quatre chapitres:

  • La lumière. Dans ce chapitre, on aborde les caractéristiques physiques de la lumière, les espaces de couleur, la « température » de la lumière, la balance des blancs. Suivent les règles de base de l'exposition et des études de cas pour illustrer les concepts.


  • La lumière naturelle. La lumière change au fil du jour, ainsi, un ciel dégagé et un ciel nuageux ne produiront pas les mêmes températures de couleurs. Comment exploite-t-on le soleil de midi ? Les contre-jours ? La lumière du clair de lune ? Comment retouche-t-on les couleurs après la prise de vue ? Comment utiliser les phénomènes atmosphériques comme le bleuté de distance et la brume pour créer certains effets ?


  • La lumière disponible. Comment exploiter la lumière du jour à l'intérieur. Comment les sources de lumière artificielles changent la balance des blancs et comment on pourrait exploiter ces changements de teinte pour obtenir des effets artistiques. Les lumières et la ville et les néons des panneaux lumineux.


  • L'éclairage photo. Comment se monter un studio et quel équipement choisir pour obtenir un éclairage statisfaisant et bien contrôlé. L'utilisation du flash intégré, du flash amovible, du flash de studio. Les lampes: couleurs, technologie, diffusions. Comment exploiter certains types d'éclairages pour hausser le rendu des objets photographiés.


Chaque livre est relié avec ces nouvelles couvertures pliables (ce qui évite de déplotter les dos). La facture est soignée et un grand soin a été porté à la qualité des couleurs. Il y a bien quelques petites erreurs çà et là (comme deux histogrammes interchangés par rapport aux images auxquelles ils sont censés se rapporter) mais rien de grave. Un autre attrait non-négligeable de la série est que chaque volume est environ 25$ ce qui est loin d'être excessif.

Une lecture que je suggère fortement à ceux qui commencent la photo numérique dans une perspective sérieuse. Chaque livre regorge de petits trucs qu'ont saura mettre à profit.

Michael Freeman est un photographe de renommée mondiale. Il a travaillé entre autre pour les prestigieux Smithsonian et Géo. Il est auteur de plus de ving cinq ouvrages sur la photographie.


    

    

    

© Evergreen









n⁰ 41 : 2006/12/31


Jon Stokes — Inside the machine : An Illustrated Introduction to Microprocessors and Computer Architecture — No Starch Press, 2006, 292 pp. ISBN 1-59327-104-2

J'ai plusieurs monographies sur l'architecture des ordinateurs dans ma (de plus en plus vaste) bibliothèque, et je dois avouer que pour un texte de niveau introductoire, c'est un des meilleur que j'aie lu.

Le livre introduit tous les concepts fondamentaux des processeurs modernes : pipelines, processeurs superscalaires, exécution dans le désordre, architecture de cache, conception des jeux d'instruction. Le tout est illustré par des processeurs réels comme la série des pentium et des PowerPC. On voit dans un certain détail les architectures des pentium, pentium pro, PII, PIII, P4, et x86-64, les pentium M, cores et cores 2; de même que les PowerPC 600, 700, G4 et G5.

Le style est clair quoique peut-être un peu familier. Aussi, l'auteur a tendance à introduire des acronymes sans les définir, ou du moins, les définir ailleurs où il est parfois difficile de retrouver la définition — par exemple, ISA (instruction set architecture) est mentionné pour la première fois à la page 26 mais défini explicitement à la page 70 ! Il y a bien un indice à la page 20, mais bon ! Le livre manque aussi de références explicites. Ainsi, on trouve une bibliographie, mais aucune référence directe à partir du texte. Pour vérifier une information, il faut se tapper les cinq livres d'Intel.

L'édition spéciale Ars Technica, en couverture rigide, est imprimée en couleur. Ça rappelle la facture de nos anciens manuels du secondaire, sur papier non ciré et en couleurs primaires et pastel. Vous pouvez en zieuter un chapitre en pdf et le pdf est fidèle à la version imprimée.




© No Starch Press



Le site du livre.







n⁰ 40 : 2006/12/31


Carl Honoré — Éloge de la Lenteur : et si vous ralentissiez ? — Marabout, 2006, 287 pp. ISBN 2-501-04487-8

Notre culture valorise la rapidité, comme si elle était la manifestation même du succès personnel. Cependant, tout y passe : le travail, nos relations, notre vie privée. Sommes-nous si possédés par la vitesse que le moindre ralentissement soit perçu comme une menace, comme une nuisance à abattre ?

Faites connaissance avec le mouvement Slow qui prône un retour à la lenteur et toutes ses vertus. Non qu'il soit question de tout faire à la vitesse d'un escargot narcoleptique, mais plutôt qu'il faille prendre le temps de faire les choses selon leur tempo giusto : soit ça prend le temps que ça prend ! Carl Honoré, plutôt que de faire un traité philosophique sur le mouvement Slow, nous livre des témoignagnes venant de nombreux pays où la philosophie du Slow commence à cheminer. Si le mouvement Slow sacrifie la sacro-sainte vitesse, il promet de redonner la qualité de vie perdue dans la course à l'efficacité.




© Marabout








n⁰ 39 : 2006/11/20


Alexandre Bourbaki — Traité de balistique — Alto, 2006, 272 pp. ISBN 2-923550-02-1

Le blurb promet de nous faire oublier nos leçons de physique, mais tout ce qu'on y trouve, ce sont 19 récits décousus ayant chacun pour thème un aspect de la physique moderne, des sujets tournant autour du temps, de la gravité, du chaos et de l'entropie. Sans être inintéressants, les récits m'ont laissé sur ma faim; les allusions sont souvent trop évidentes, et une petite équation fractale typographiée en LaTex, c'est un beau clin-d'œil mais ça n'est pas suffisant pour satisfaire ma grand-faim.

Il s'agit d'un collectif (Sébastien Trahan, Bernard Wright-Laflamme, Nicolas Dickner) mais le style littéraire est uniforme, on ne devine pas la multiplicité des auteurs. Cependant, ça me parait d'une prétention finie de prendre pseudonyme faisant référence à Nicolas Bourbaki. C'est comme signer un manuscrit Einstein Jr ou Erdős.




© Alto



Le site du livre.







n⁰ 38 : 2006/09/15


Pierre Desproges— Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis — Le Seuil, 1985, 148 pp. ISBN 2-02-032436-9

Pierre Desproges nous propose une parodie de dictionnaire, un peu comme le Devil's dictionary d'Ambrose Bierce, mais avec les pages roses comme le Larousse. Comme le Larousse, chaque section commence avec une image, sauf que c'est la même, à répétition, avec un sous-titre loufoque. Les définitions des mots (au nombre de 52, 26 pour les noms communs et 26 pour les noms propres) sont tout aussi déjantées.

Autant j'ai ri pour le dictionnaire, autant j'ai trouvé le Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis (du même auteur, évidemment) d'un ennui mortel, pour ne pas dire à chier. Un mélange de racisme, misogynie et de nombrilocentrisme passé date. C'est comme se retrouver coincé 8h dans un ascenseur avec un Français chiant qui se trouve drôle et supérieur.


« La femelle du kamikaze s'appelle la kamikazette. Plus fluette que le mâle, il suffit de la pousser du haut d'un tabouret pour qu'elle plonge sur la moquette en imitant le cri de l'ULM et en hurlant les mêmes conneries, mais un ton au-dessus. »





J-Y. Cousteau mimant le
mégathérium aux journées
médicales de Mexico








n⁰ 37 : 2006/09/15


Robert M. Pirsig — Zen and the Art of Motorcycle Maintenance — Harper Perennial, 1999, 446 pp. ISBN 0-06-083987-2

Pirsig n'est pas le premier philosphe voulant faire l'unification de la pensée orientale et la pensée occidentale, entre le mysticisme et la rationalité, la Science.

Dans la forme, le livre est une espèce de long road movie, où le narrateur traverse les États-Unis à moto, avec son fils Chris, tantôt accompagnés d'amis, tantôt seuls. Chaque segment du voyage sert de chautauqua, espèce d'enseignement péripatéticien où un aspect de la réalité, de la relation entre la rationalité et l'appréciation subjective (la "vision romantique") est explorée. Le concept central, la Qualité, est censé représenter l'unification objective, absolue de la raison et des valeurs; une espèce de métaraison. Peut-être ce que serait le buddha-mind.

La dualité raison / romantisme est illustrée par la double personnalité (au sens psychiatrique) du narrateur, l'une étant "zen", l'autre étant dévorée par la rationalité, ou du moins par la quête de l'unification de l'objectivité et de la subjectivité.

Le discours, dans sa forme, m'a cependant apparu prétencieux. Ça a peut-être à voir avec le nombre de fois que le personnage principal (ou au moins un de ses aspects) rappelle au lecteur comment il est incroyablement intelligent. Ça a peut-être aussi à voir avec la prétention de comprendre l'ensemble de la réalité de façon unifiée. Mis à part ce léger agacement, c'est une lecture très intéressante; bien que je ne partage pas entièrement son point de vue.

Le livre, pour le reste, n'a pas grand chose à voir avec Zen, et pas grand chose à voir avec l'entretient des motos non plus.


« Not everyone understands what a completely rational process this is, this maintenance of a motorcycle. They think it's some kind of a "knack" or some kind of "affinity for machines" in operation. They are right, but the knack is almost purely a process of reason, and most of the troubles are caused by what old time radio men called "a short between the earphones," failures to use the head properly. A motorcycle functions entirely in accordance with the laws of reason, and a study of the art of motorcycle maintenance is really a miniature study of the art of rationality itself. »



« So the thing to do when working on a motorcycle, as in any other task, is to cultivate the peace of mind which does not separate one's self from one's surroundings. When that is done successfully, then everything else follows naturally. Peace of mind produces right values, right values produce right thoughts. Right thoughts produce right actions and right actions produce work which will be a material reflection for others to see of the serinity at the center of it all. »





© Harper Perennials








n⁰ 36 : 2006/09/15


Berhnard Edmaier, Angelika Jung-Hüttl — Le chant de la Terre — Phaidon Press, 2004, 232 pp. ISBN 0-7148-9413-3

Si La Terre vue du ciel d'Arthus-Bertrand revêt un aspect onirique et profondément humain, le Chant de la Terre présente des paysages insolites, extravaguants, colorés et mystérieux. Volcans, marais salins, geisers, glaciers, déserts, deltas, atols, cañons… Des paysages incroyables qui invitent au rêve et à la contemplation.




© Phaidon Press








n⁰ 35 : 2006/09/03


Denis Boyard, Gilles Martin — Photographier la nature dans tous ses milieux — Édition de la Martinière, 2000, 312 pp. ISBN 2-7324-2665-2

Sur la couverture, une grèbe à cou noir pondant son œuf, mais sous un angle plutôt inhabituel ! Gros plan sur l'œuf à peine émergé. Cela donne le ton de la photographie dans ce livre; lequel est censé être un guide de la photo en nature. Tous les environnements y passe : marais, dés