Lectures


Voici ma page où je vous suggère (ou déconseille) des lectures. Les sujets sont variés, allant des mathématiques à la programmation en passant par l'histoire et la philosophie, sans oublier la photographie. Les mises à jours sont irrégulières, car elles dépendent fortement de mon temps de lecture, qui n'est pas toujours très grand. Je fais quand même des ajouts de temps à autres...

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n⁰ 161 : 2017/02/26

Gilles Charest — Le livre des sacres et des blasphèmes québécois — Éds. de l'Aurore, 1974, 126 pp. ISBN 0-88532-000-X

Contrairement à plusieurs ouvrages où on tente d'enseigner les particularités de la langage québécoise aux Français (et rédigés par des vieux cons qui n'ont jamais mis le pied au Québec et qui ne font que vomir un ramassis de vieux clichés du XVIIIe siècle), ce délicieux opuscule nous présente le phénomène du juron sous des angles différents: linguistique, artistique, sociologique, identitaire.



L'exquise citation ci-dessus résume excellemment l'esprit de l'essai de Gilles Charest. Mi-sérieux, jamais complaisant, l'auteur tente de porter un regard lucide sur le phénomène du sacre — qu'il distance d'ailleurs du blasphème.


Un jeune homme rêveur se promène dans un petit bois enchanteur. La nature l'enivre. Tout une atmosphère romantique l'enveloppe.

Arrivé près d'un chêne, il aperçoit un petit oiseau perché sur une branche basse. Le jeune homme interroge l'oiseau solitaire: "Petit oiseau! que fais-tu sur cette branche?"

Le petit oiseau répond d'une voix grave et sur un ton maussade: "je gazouille câlisse."





©L'Aurore






n⁰ 160 : 2016/12/03

Thibault Damour, Mathieu Burniat — Le mystère du monde quantique — Dargaud, 2016, 160 pp. ISBN 978-2-2050-7516-8

Voici une bande dessinée dont j'ai fait la découverte au hasard d'une présentation d'un « Mardi de l'espace des sciences », Ondes gravita­tionnelles et trous noirs. La bande dessinée ne s'intéresse cependant pas aux trous noirs, mais plutôt à l'étrange dualité onde/particule observée aux échelles « nanonscopiques ». Les deux héros — Bob et son chien Rick — font un voyage au pays onirique de la physique quantique, y rencontrant tour à tour Planck, Einstein, de Broglie, Schrödinger, etc., tous à la fois caricaturaux et très reconnaissables.



L'originalité (artistique) première de la bande dessinée est son utilisation de la couleur. Les scènes sont en noir et blanc (comme ci-dessus), mais s'égaient parfois de couleurs explicatives. Les couleurs servent, par exemple, à montrer les superpositions, les alternatives, ou simplement le mouvement. Cela rend aussi claires que possible les explications, étant donné le niveau vulgarisation du texte.





©Dargaud






n⁰ 159 : 2016/11/12

Lionel Salem, Frédéric Testard, Coralie Salem — Les plus belles formules mathématiques — Cassini / Le sel et le fer, 1990, 151 pp. ISBN 978-2-84225-207-6

Les auteurs nous proposent ici un petit tour d'horizon des formules mathématiques que vous serez susceptibles de rencontrer. Évidemment, nous y trouvons le théorème de Pythagore &emdash; comment ne pas l'inclure? &emdash; et quelques autres des grands classiques dont certaines vous rappelleront vos cours de trigonométrie. Avec une « originalité » attendue, les formules sont présentées par de petites scénettes (pas assez drôles pour devenir des saynètes) où on retrouve encore une fois Achille et sa tortue, Pythagore, le professeur Cosinus (et son assistant, le professeur Sinus), des élasthommes, le jardinier de Lord Neper (sic), etc., etc.

Somme toute de lecture légère, ce petit livre peut peut-être vous donner quelques pistes pour l'enseignement, mais il me semble que certains coins sont tournés ronds un peu. Certaines démonstrations sont incomplètes et on saute à la conclusion « comme si de rien », ce qui demanderait en fait quelque explicitation pour être utilisées en classe.





©Cassini






n⁰ 158 : 2016/01/30

Michel de Pracontal — L'imposture scientifique en dix leçons — Éditions du Seuil, Points Science, 1986, 380 pp. ISBN 978-2-02-063944-6

Ici, nous avons droit à un petit guide critique — et souvent sarcastique — de la fumisterie scientifique en dix leçons thématiques:

Toutes ces leçons sont livrées sur un ton généralement amusant, railleur, quelque peu sarcastique. Évidemment, de Pracontal n'épargne personne, et quelques gags récurrents ponctuent le texte (et non, je ne sais pas pourquoi il s'intéresse tant aux hémorroïdes). Les Dix leçons précèdent Impostures intellectuelles d'une décennie, et est, à mon avis, d'une plus agréable lecture, même si en fait les deux textes sont complémentaires. L'un s'attarde aux différentes stratégies de promotion de la pseudoscience, l'autre au climat de bovicrottage flaccibulbiste des postmodernes. À lire.

La vérité, c'est que beaucoup d'idées ne marchent pas. C'est la réalité matérielle qui les rejette, pas la science officielle.





©Seuil






n⁰ 157 : 2016/06/12

Alan Sokal, Jean Bricmont — Impostures intellectuelles — Odile Jacob, 1997, 276 pp. ISBN 978-2-7381-0503-5

En 1996, Alan Sokal présente une parodie d'article « scientifique » socio-culturel postmoderniste qu'il réussit à publier dans l'une des revues les plus respectées dans le domaine, Social Text. Évidemment, l'article, Transgressing the Boundaries: Towards a Transformative Hermeneutics of Quantum Gravity (Transgresser les frontières: vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique) est une chaîne invraisemblable de bovicrottage sans queue ni tête, d'un vide de sens intense (cf. le 68 ci-dessous). Or, le texte est accepté et publié! Un vrai coup de pied dans la ruche, car Sokal avoue rapidement qu'il s'agit d'un canular!

Dans cet ouvrage — que nous soupçonnons être principalement de la plume de Bricmont — nous voyons plusieurs intellectuels — Lacan, Kristeva, Irigaray, Deleuze et quelques autres — passer à la casserole. Certains textes choisis pour montrer la vacuité ou la fausseté des « thèses » avancées par ces intellectuels sont effectivement profondément vides de sens quand ils ne sont pas tout simplement stupides — Lacan explique comment la division du signifiant par le signifié est égal à √-1. Cependant, après quelques extraits, on a vite compris l'effet, et les exemples successifs de délire scatoencéphalique sont quelque peu lassant.

Quoi qu'il en soit, Bricmont et Sokal démontent l'argumentaire postmoderne selon lequel toute la science n'est qu'une construction sociale comme une autre, et que π peut bien être égal à 3.12 si ça nous chante. Par contre, quelque chose qui n'est peut-être pas mis en valeur suffisamment, c'est qu'on fait souvent varier la signification d'un mot à l'intérieur de la même phrase, et c'est ce flou qui mène aux pires excès. Ils donnent en exemple un de ces intellectuels qui avance que la conception cosmogonique d'une tribu XYZ quant au peuplement d'une région est aussi valable que les données archéologiques qui y sont recueillies. Ici, évidemment, c'est qu'on applique le concept de « valeur » de façon différente aux deux concepts: une application est subjective — la théogonie des XYZ vaut bien celle d'Hésiode — l'autre est objective: les preuves archéologiques sont fiables ou elles ne le sont pas. C'est confondre tour de piste et tour de château, puis affirmer que la Formule 1 est une activité de défense médiévale. Or, les intellectuels postmodernes (ou postmodernistes?) exploitent ce flou, transgressent les limites intellectuelles entre les domaines, et font abus du langage (pseudo)scientifique et (pseudo)mathématique pour légitimer la vraisemblance de leur démarche « scientifique » (cf. Lacan et sa √-1). Si la culture scientifique est une entreprise sociale, les résultats scientifiques sont, quant à eux, objectifs, véfiables et réfutables, et il s'agit bien là de deux domaines interreliés mais distincts.

Les racines de la science sont peut-être amères, mais les fruits en sont doux.





©Odile Jacob






n⁰ 156 : 2016/01/30

Cyrille Barrette — Mystère sans magie — Science, doute et vérité: notre seul espoir pour l'avenir — Éditions Multimondes, 2006, 250 pp. ISBN 978-2-89544-098-7

Cyrille Barrette m'était inconnu avant qu'on ne me suggère la lecture, au hasard d'une conversation sur la pseudoscience et autres flaccibulberies, de Mystère sans magie. Cet essai tente de définir les limites de la science — c'est-à-dire plus exactement de la méthode scientifique — et de la mettre en contraste avec les pseudosciences et les religions, de faire la distinction fondamentale entre savoir et croire, entre le rationnel et l'a-rationnel, le domaine des pensées qui échappe à la rationalité.

La science cultive et encourage un scepticisme positif: ni dogmatique, ni radical. L'expression scepticisme positif peut sembler contradictoire, mais elle souligne la diffi­culté de connaître la vérité et la saine méfiance avec laquelle on doit avancer vers la vérité. On ne doute pas pour rejeter, pour démolir ou pour contredire, mais pour raffermir progressivement le chemin que l'on construit vers la vérité.

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Il est primordial de douter, d'être sceptique, d'exercer son esprit critique parce qu'il est difficile de connaître la vérité au sujet de la réalité. La réalité est complexe, notre raison est très limitée, notre ignorance est im­mense, même si elle diminue petit à petit grâce à la science.





©Éds Multimondes






n⁰ 155 : 2015/07/01

Clarisse Herrenschmidt — Les trois écritures: langue, nombre, code — Gallimard / NRF, 2007, 510 pp. ISBN 978-2-07-076025-1

L'ouvrage — d'une grande érudition — est divisée en trois parties. La première se consacre à l'invention de l'écriture (dont l'écriture des nombres) et à la relation entre l'écriture et le langage et les « idées quantitatives » ; la seconde à l'écriture des nombres en particulier en regard du commerce et des monnaies ; la troisième et dernière à la transformation de l'écriture passant au numérique. Les deux premières parties m'ont appris beaucoup de choses sur le développement des écritures en Mésopotamie, le système d'écriture sémitique, sur l'utilisation des sceaux d'argile pour authentifier les marchandises, sur les rapports entre la pensée, le langage et son écriture.

La troisième partie, qui traite du code, m'a laissé en désaccord avec les thèses de l'auteure.

Nous travaillons sur un document qui est un simulacre et notre travail une action sur le simulacre; cette situation de travail implique une relation à l'écrire où le regard agit comme puissance majeure, qui fait couple avec le simulacre dans l'action de la simulation. [p. 399]

Donc pour Herrenschmidt, le texte informatisé a une réalité moindre que le texte imprimé, que sur un support ostentatoirement matériel. Ici, évidemment, il y aura divergence d'opinion: je pense qu'au contraire, un texte dans l'ordinateur n'est pas un simulacre, c'est l'information brute qui attend une matérialisation perceptible. Le « texte informatique » s'approche donc aussi près que possible de l'idéation pure: sans matérialité évidente, vivante, modifiable, changeante, versionnée. En revanche, le support matériel classique « tue » le texte en le figeant.

S'il est vrai que la réalisation informatisée d'un texte nous prive du plaisir d'écrire à la plume, de choisir le type de pointe et la couleur de l'encre [p. 411], la dissociation du texte lui-même dans l'ordinateur de son rendu — imprimé, HTML, PDF — compense largement la petite madeleine proustienne perdue de l'écriture manuscrite.

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Herrenschmidt porte aussi quelques bons coups. Au sujet de l'Entscheidungsproblem, elle remarque qu'une réponse positive à ce problème de Hilbert — à savoir que magiquement le problème décision devient décidable — entraînerait non seulement la consistance des mathématiques mais aussi sa réflexivité, c'est-à-dire la possibilité des mathématiques de réfléchir aux mathématiques et aux vérités mathématiques entièrement dans le framework mathématique.

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Le livre se termine sur une envolée lyrique sur le besoin d'« atterrir » et de se sortir du virtuel. Mais pourquoi diable devrions-nous atterrir, madame Herrenschmidt? Nous venons à peine de nous envoler!






©Gallimard


Une entrevue avec l'auteure.







n⁰ 154 : 2015/06/12

Vikram Chandra — Geek Sublime: Une vision esthétique, littéraire, mathématique et pleine d'autodérision du codage — Robert Laffont, 2014, 295 pp. ISBN 978-2-221-133338-0

Voilà un bien curieux livre que nous propose Vikram Chandra. On commence par parler de programmation, puis on discute un moment de comment bricoler des portes logiques en LEGO, pour passer à la culture machiste de Silicon Valley, pour enfin descendre les longs méandres des diverses conceptions de la beauté, de l'expression et du potentiel de suggestion de la littérature (ou du code) selon les Indiens Anandavardhana et Abhinavagupta.

Bien déroutant et délicieusement non américano/eurocentrique, ba­roque par moments, le propos fondamental n'a pas autant à voir avec le code que le laisse sous-entendre le sous-titre à rallonges. Non, le sujet d'intérêt, c'est la puissance de suggestion qui surgit des diverses formes d'expressions, qu'il s'agisse de la prose, de la poésie, ou, accessoirement, du code.

Des langages fonctionnels comme Clojure puisent dans les symétries limpides des mathématiques et offrent la promesse d'échapper à tous les bricolages du jugaadu [bidouilleur] qui transforment le code en un magma infâme d'apparence faussement organique. Pourtant, en général, l'idée qu'existerait un remède magique à la complexité laisse les programmeurs sceptiques.




©Robert Laffont






n⁰ 153 : 2015/05/30

John Gribbin — Computing with Quantum Cats: from Colossus to Qubits — Prometheus Books, 2014, 295 pp. ISBN 978-1-61614-921-5

Gribbin nous résume la genèse des idées qui, combinées, nous mèneront peut-être un jour aux ordinateurs quantiques pratiques. La forme est historico-biographique en grande partie, la plus grande portion du texte étant dévolue aux différents acteurs — Turing, Feynman, von Neumann, etc. — avec foisonnement de détails. J'aurais préféré que l'accent fut mis sur les mathématiques et la science, mais l'auteur se dérobe à moult occasions avec une jolie périphrase du genre « mais je ne veux pas entrer dans les détails », ce qui m'est franchement agaçant.

Le livre n'est pas cependant inintéressant. Bien qu'il agace avec des pistes scientifiques qu'il n'explore pas, il n'en demeure pas moins un bon point de départ pour qui s'intéresserait aux mathématiques des ordinateurs quantiques car il permet de trouver d'autres ouvrages (le livre se termine sur une bibliographie) comme de comprendre les enjeux et problèmes des ordinateurs quantiques.

Les quantum cats du titre font naturellement référence au chat de Schrödinger, périphrase qui désigne aussi les objets macroscopiques qui montrent des comportements quantiques.




©Prometheus Books





n⁰ 152 : 2015/05/17

Stella Baruk — Échec et maths — Édition du Seuil, 1973, 318 pp. ISBN 2-02-002830-1

Stella Baruk est une professeur-chercheur en mathématiques et pédagogie des mathématiques qui s'intéresse au problèmes d'apprentissage des mathématiques (ou peut-être plus précisément, aux problèmes de l'enseignement des mathématiques) chez les enfants. Échec et maths (comme Fabrice ou l'école des mathématiques) considère les différentes sources de difficultés: inadaptation du vocabulaire, règles « par cœur », etc. et donne des pistes de solutions sans pour autant donner de « système Baruk » infaillible.

Le signifié — ce qui est dit — est très intéressant, mais la forme est vraiment pénible. Le texte est noyé dans des petits jeux de mots cuculs (comme le « on n'est et on naît » trouvé dans Fabrice) et des discussions byzantines de quatre pages qu'on eût pu régler en deux phrases. Ainsi, en ouverture, on trouve une discussion de trois pages sur les livres de mathématiques, sur les mathématiques, en mathématiques — et prenez garde, ces italiques vous suivront tout au long du livre! On trouve aussi des Expériences, des « expériences » et des expériences, qu'il faut savoir distinguer. J'ai aussi relevé des perles comme « le programme de la dramaturgie pédagogique régie par l'équipe des mythes au grand complet » et « c'est sur une aire calcinée que se juxtaposent sans relation entre eux, des objets également calcinés qui, s'ils ne sont pas carrés, ne sont pas rectangles ». Quand la fée de la clarté est passée, l'auteur était ailleurs — chez Lacan, probablement.

Enfin, si vous pouvez surmonter la forme, les périphrases, les discussions byzantines de trois pages sur, en, de mathématiques, ce livre donne des pistes intéressantes à suivre pour mieux comprendre vos étudiants, vos enfants, et pourquoi les mathématiques semblent si difficiles.




©Éditions du Seuil





n⁰ 151 : 2015/05/16

Frank S. Russell — Information Gathering in Classical Greece — University of Michigan Press, 2002, 268 pp. ISBN 0-472-11064-0

Malgré le blurb sensationnaliste d'Amazon (qui parle de « cloak-and-dagger » et d'autres clichés de films d'espionnage) ce livre n'est pas une lecture facile, encore moins un roman palpitant. Très bien documenté, Russell nous amène, à travers moult détails, dans le monde Grec ancien pour nous parler de l'art de la guerre, des délégations politiques, des oracles et des « espions », faute d'un meilleur terme. Car les Grecs ne concevaient la tâche d'obtenir de l'information sur leurs ennemis — et sur leurs alliés — comme nous, et comparer les « espions » grecs aux agents de la NSA est totalement anachronique.

Comme je l'ai dit plus tôt, Information Gathering in Classical Greece, bien que très intéressant, n'est pas une partie de plaisir à lire. D'abord, l'auteur présume que nous lisons tous le Grec classique et que nous allons nous souvenir des centaines de termes plus ou moins techniques qu'il utilise; ensuite les notes en bas de page noircissent chaque page jusqu'à la moitié! Nonobstant, c'est une lecture incontournable pour comprendre l'esprit grec, et un élément indispensable pour toute histoire de l'« intelligence ».




©University of Michigan





n⁰ 150 : 2014/06/08

Simon Singh — The Simpsons and Their Mathematical Secrets — Bloomsbury, 2013, 255 pp. ISBN 978-1-62040-277-1

Prétextant que les Simpsons (et la série sœur Futurama) font souvent référence à des concepts mathématiques — parfois poussés — Simon Singh nous présente l'équipe d'écrivains mathématiciens rattachés à Matt Groening et les mathématiques qui les intéressent: nombres premiers, π, les statistiques, la théorie des nombres, et les théorèmes combinatoires.

J'ai commencé par dire prétextant et c'est à dessein; le thème des Simpsons (et de Futurama) ne sert, effectivement, que de fil conducteur entre les diverses anecdotes et exposés mathématiques. Si vous vous attendiez à en apprendre beaucoup sur les Simpsons eux-mêmes, ce livre n'est pas pour vous. Par contre, c'est une balade plaisante au pays des mathématiques, avec quelques détours inattendus. Par exemple, le théorème Futurama: aux prises avec une machine capable d'échanger l'esprit entre deux personnes une seule fois (un plot device qui n'est pas nouveau, car il a été fait dans Stargate s02e18 en 1999), de combien de personnes supplémentaires aurez vous besoin pour restituer le bon esprit dans le bon corps dans un groupe de n personnes mélangées?




©Bloomsbury





n⁰ 149 : 2014/05/19

Peter S. Rudman — How Mathematics Happened: The First 50000 Years — Prometheus Books, 2006, 314 pp. ISBN 978-1-59102-477-4

Il faut dire que c'est le « 50000 ans » du titre qui m'a d'abord intéressé dans le livre. En préparant mes notes de cours pour le cours de mathématiques discrètes je voulais écrire une section sur le début des mathématiques, aussi loin dans le passé que possible. J'ai donc cherché des titres qui s'attaquent au sujet des mathématiques préhistoriques. Quelle notion de nombre avait-on il y a 20000 ans? Eh bien, ce n'est pas dans ce livre que vous l'apprendrez.

Ce livre couvre la période protohistorique (tout juste avant l'histoire écrite) et spécule sur la culture des chasseurs-cueilleurs et de la première arithmétique, mais pour un chapitre seulement. Le reste du livre est consacré aux mathématiques des Égyptiens, des Babyloniens et Grecs anciens et superbement documenté: on y présente les algorithmes que ces anciens utilisaient pour réaliser leurs calculs. Cependant, soyez avertis que le livre est beaucoup plus technique qu'historique, et contient une large part de spéculations — après tout, les documents historiques sont très partiels.




©Prometheus Books






n⁰ 148 : 2013/12/26

Piero Scaruffi — Demystifying Machine Intelligence (Why the Singularity is not coming anytime soon and other Meditations on the Post-Human Condition and the Future of Intelligence) — 2013, 200 pp. ISBN 978-0-9765531-9-9

Ce petit recueil de méditations (ou plutôt d'éditoriaux et de textes d'opinion) tente de cerner ce qu'est l'intelligence artificielle — ou plutôt n'est pas — et ce qu'elle peut impliquer pour nous dans un proche futur, en s'inquiétant du fait que les machines intelligentes n'augmentent pas notre propre intelligence, mais qu'au contraire, elles nous rendent plus influençables, dépendants, et ultimement plus stupides.

Scaruffi discute aussi de la singularité, ce moment où les machines seraient assez intelligentes pour créer d'elles-mêmes de nouvelles machines encore plus intelligentes, peut-être aussi nous donnant l'immortalité post-humaine par le téléchargement de la conscience dans un ordinateur. Évidemment, (comme moi) il n'y croit pas du tout, et effectivement, c'est assez peu vraisemblable que simplement augmenter la puissance de calcul puisse par magie nous donner plus de compréhension sur l'univers, la vie, et le reste.




©Piero Scaruffi


Le site du livre.






n⁰ 147 : 2013/10/06

Paul Though — How Children Succeed: Grit, curiosity, and the hidden power of character — HMH Books, 2012, 230 pp. ISBN 978-0-547-56465-4

Dans ce livre, Paul Tough explore les liens entre la situation familiale, la pauvreté, le climat dans lequel vit l'enfant et l'ethnicité, et ses chances de succès comme étudiant et ultimement dans sa vie future. Évidemment, les conclusions sont celles qu'on peut penser (que la persévérence porte ses fruits, entre autres), mais les explications — les détails — sont parfois surprenantes. Tough met aussi en doute les théories de la réforme scolaire et propose quelques éléments de solution.

J'aurais aimé avoir une version moins centrée sur les États Unis qui inclut des comparatifs sérieux avec les autres pays, outre quelques comparaisons rapides et furtives, surtout qu'on sait que les États unis ne font pas spécialement bonne figure comparés aux pays scandinaves.




©HMH





n⁰ 146 : 2013/10/06

Don Brine — Va Dinci Coddah — Bragelonne, 2006, 200 pp. ISBN 2-915549-70-2

Cette parodie du Code Da Vinci m'a beaucoup plus amusé que l'original que j'avais d'ailleurs trouvé sans originalité et barbant au possible — à un point tel que je n'avais d'ailleurs même pas fini de le lire, chose rare. L'auteur de la parodie, Don Brine (« Don Saumure », jeu de mots sur Dan Brown), alias A. Roberts, vise d'ailleurs assez juste en calquant ses boutades interminables sur les disgression pseudo-intelligentes du roman original. Bien qu'il s'agissse d'une traduction, le rythme est intéressant, et les gags tappent souvent assez juste. Dans cette version, le secret terrible à conserver est qu'une race de morues (cods en anglais) transcendantes dominent en fait le monde, et des méchants très très méchants, tentent de conserver ce secret. Le tout avec une sauce conspirationniste.

Évidemment, ce n'est pas du grand-art; juste un petit livre sympa pour une fin de semaine de fin d'été qui m'a bien fait rire deux ou trois fois.

S'il avait été possible pour le prêtre de paraître encore plus choqué qu'en apprenant la mort de Solmeunière, eh bien, il aurait eu la tête qu'il avait là. Mais en fait, ce n'était pas possible pour lui de paraître plus choqué, parce que la nouvelle précédente l'avait vraiment choqué à fond. Donc, plutôt que de faire l'impossible en essayant de paraître plus choqué, il continua juste d'avoir l'air choqué.

Pourquoi croyez-vous que les ordinateurs fonctionnent en langage binaire? Il ne vous est jamais venu à l'esprit qu'un ordinateur inventé par un créateur humain à dix doigts devrait fonctionner sur un langage à dix points? Les ordinateurs fonctionnent en binaire, parce que c'est ainsi que comptent les haddocks; ils n'ont pas dix doigts, seulement une nageoire à gauche et une nageoire à droite.




©Bragelonne






n⁰ 145 : 2013/4/24

Isabelle Bérubé — Le monde appartient aux crétins — Éds. de la francophonie, 2012, 188 pp. ISBN 978-2-89627-332-4

Ce qui m'a d'abord attiré, c'est le titre-choc (et les trois singes sur la page couverture); ajoutez-y mon petit(?) côté sarcastique, et voilà une lecture qui promettait d'être intéressante! Dans cet ouvrage, Isabelle Bérubé explore le phénomène du crétin — du manquement temporaire de jugement aux états plus permanents. On y rencontre le crétin à l'école. Le crétin sur la route. Le crétin à la maison. Le crétin et les technologies. Le crétin et les sports. Les crétins fonctionnaires. Tous y passent, aucun n'y échappe.

Mais écrire un livre sur les crétins et leurs travers est un exercice délicat où il est facile de passer d'observateur désabusé et sacarstique mais amusant à chroniqueur simplement critique de tout et du reste — c'est-à-dire juste chiâleux — et par moment l'auteur s'approche dan­gereu­sement du second. Le ton est variable, caustique, enjoué, surprenant, et souvent amène un sourire, mais souvent aussi on s'impatiente et on est tenté de lire en diagonale.

Surtout, on s'efforce de vous vendre des gadgets inutiles en vous lançant des phrases idiotes: « Préparer des œufs à la coque est une tâche difficile. » Ben voyons! Bécher un champ avec une houe datant du Moyen Âge est une tâche difficile, pas se faire cuire un œuf dur!





©Les éditions de la francophonie


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n⁰ 144 : 2013/4/20

Caroline Paul, Wendy MacNaughton — Lost Cat: A True Story of Love, Desperation, and GPS Technology — Bloomsbury, 2013, 176 pp. ISBN 1608199770

C'est l'histoire de minou qui se fait la malle et reviens après cinq semaine. En santé, le poil lustré, visiblement heureux. Et disparaît encore deux semaines. Rapidement, Caroline Paul alitée dû à un écrasement d'avion (et félinodépendente avouée) s'inquiète pour son poilu compagnon et décide de découvrir où le charmant quadrupède s'escampète. GPS, caméra au cou, et visites du voisinage lui permettront de résoudre le — somme toute banal — mystère.

Je dois avouer que c'était surtout la partie GPS qui a piqué ma curiosité en premier (j'ai des projets qui impliquent des GPS en ce moment) mais finalement le livre n'a pas grand-chose de hautement technologique: c'est l'histoire d'une femme qui aime ses chats et qui s'en inquiète et prends tous les moyens pour en prendre soin. Le ton légèrement déjanté et le rythme saccadé rend la lecture vraiment plaisante — je l'ai lu en une heure, sans poser le livre!




©Bloomsbury


Le site du livre.






n⁰ 143 : 2013/02/16

Laurence Dwight Smith — Cryptography: The science of secret writing — Dover, 1943, 164 pp. ISBN 0-486-20247-X

Ce petit livre nous présente les méthodes cryptographiques à base de substitution simple et de transposition réalisées grâce à des techniques « crayon-papier » et nous présente les méthodes de cryptanalyse à base d'étude de fréquence. Le livre n'est pas mauvais en soi, mais a quand même quelque chose de délicieusement désuet. Écrit pendant la 2ème guerre mondiale, le livre décrit les algorithmes cryptographiques connus et en utilisation au moment.

Par contre, on ne peut que savourer l'ironie du fait qu'on n'y discute pas d'Enigma, ni machines cryptographiques (car il y en avait), des efforts cryptographiques sérieux réalisés à Bletchley Park pour la casser. C'est finalement, un petit livre distrayant sans grande prétention.





©Dover







n⁰ 142 : 2012/08/01

Eli Pariser — The Filter Bubble: What the Internet Is Hiding from You — Penguin Press HC, 2011, 304 pp. ISBN 978-1594203008

Eli Pariser nous expose les différents dangers de la personnalisation (potentiellement) excessive des engins de recherche comme Google, qui, tout en cherchant à nous plaire en ne nous montrant que ce qu'ils croient que l'on cherche, nous empêche d'explorer des trouvailles inattendues, peut-être orthogonales à préférences habituelles.

Le livre traîne un peu en longueur à force d'exemple... après quelques chapitres, on a bien compris le principe et le livre aurait pu être significativement plus court sans perdre de sa saveur, ni en teneur nutritive — si on peut dire.





©Penguin Press HC







n⁰ 141 : 2012/08/01

David Shenk — Data Smog: Surviving the Information Glut (Revised and Updated Edition) — Harper One, 1998, 256 pp. ISBN 978-0062515513

Avec un livre à mettre dans la lignée du Paradox of Choice, Shenk nous expose le paradoxe fondamental de la surcharge d'information: plus on a d'information, moins on a une vision globale, et moins on comprend le monde qui nous entoure. En quelques « lois de l'information, » Shenk nous propose un survol des différents problèmes liés au déluge d'information venant non seulement des média classiques mais aussi de l'Internet.

Il est intéressant de noter que le livre a été écrit en 1997, quand même avant que l'Internet ne soit devenu totalement mainstream et que les conclusions auxquelles il vient ne soient complètement évidentes. Sans être révolutionnaire (surtout a posteriori), c'est un prélude intéressant au Filter Bubble d'Eli Pariser.





©Harper One


Le site de l'auteur.






n⁰ 140 : 2011/12/30

Tim Fitzharris — National Audubon Society Guide To Photographing National Parks (Digital Edition) — Firefly Books, 2009, 192 pp. ISBN 978-1-55407-455-6

Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre, ce livre n'a pas grand-chose à voir avec la photographie numérique de paysage comme telle, c'est plutôt un guide touristique des choses qu'il faut vraiment photographier dans les plus beaux parcs nationaux américains. Après avoir expédié les détails de la photographie de paysage, le guide, très détaillé, vous dira quelles pistes suivre dans le parc pour arriver à telle ou telle attraction majeure, quelle heure ou saison attendre pour les meilleurs résultats, etc.

Ce qui sauve le livre, à mon avis, ce sont les photographies de Fitzharris qui sont tout simplement superbes.





©Firefly Press






n⁰ 139 : 2012/1/15

William Gurstelle — The Practical Pyromaniac : Build Fire Tornadoes, One-Candlepower Engines, Great Balls of Fire, and More Incendiary Devices — Chicago Review Press, 2011, 212 pp. ISBN 978-1-56976-710-8

Le The Practical Pyromaniac est vraiment une coche au dessus de Mini Weapons Of Mass Destruction: non seulement les projets sont vraiment intéressants — comme un lance-flammes! — ils sont aussi présentés dans un contexte historique et scientifique, expliquant aussi clairement que faire se peut les principes à l'action. Évidemment, si Mini Weapons Of Mass Destruction est tout mignon, The Practical Pyromaniac est tout sauf un livre à mettre dans les mains des enfants! Mais, je dois avouer, ce livre viens me chercher dans mon petit côté destroy.





©Chicago Review Press


Le site du livre.







n⁰ 138 : 2011/12/30

John Austin — Mini Weapons of Mass Destruction 2 — Build A Secret Agent Arsenal — Chicago Review Press 2011, 260 pp. ISBN 978-1-56976-716-0

Un petit livre assez amusant de bricolages inutilement compliqués, mais qui peuvent mettre un peu de vie à l'école/au bureau. Lance Q-Tip, étoile de ninja en papier, propulseurs à élastiques, périscopes avec des CDs recyclés... tout est bricolé à partir d'objets vraisemblablement disponibles au bureau ou à la maison. En fait, les bricolages sont vraiment trop compliqués, mais les principes destructeurs-propulseurs sont quand même bien expliqués et ça donne des idées pour faire un +1 vraiment ravageur...





©Chicago Review Press






n⁰ 137 : 2011/07/30

Laurent Lemire — Les savants fous: d'Archimède à nos jours, une histoire délirante des sciences — Robert Laffont, 2011, 240 pp. ISBN 9782221112359

Finalement ce livre n'est plus ou moins qu'une longue liste d'anecdotes sans grand-folie, ou tout au plus des folies assez douces. Probablement qu'on aurait pu trouver d'autres histoires que celles qu'on a déjà entendu maintes fois sur Gödel, Nash, ou peut-être Turing. J'aurais préféré des trucs bien plus croustillants versant dans le carrément déjanté.

À emprunter, si ça adonne.





©Robert Laffont






n⁰ 136 : 2011/07/30

James Gleick — The Information: A History, A Theory, A Flood — Pantheon Books, 2011, 544 pp. ISBN 978-0375423727

Ce livre grand public vous introduira aux concepts fondamentaux de la théorie de l'information, de ses origines jusqu'aux ordinateurs quantiques. De par sa nature grand public, le livre évite autant que faire se peut les formules mathématiques — il y en a bien quelques unes tout de même — et tente de communiquer l'essentiel des idées à la base de la théorie de l'information moderne telle que conçue en grande partie, dans la seconde moitié du XXème siècle.

Ce n'est pas un incontournable, mais cela reste néanmoins une lecture d'été instructive.





©Pantheon Books







n⁰ 135 : 2011/05/15

Jon Bentley — Programming Pearls — 2nd Ed, Addison-Wesley, 2000, 240 pp. ISBN 0-201-65788-0

Le thème central de ce livre, c'est l'efficacité et l'économie des solutions visant à résoudre certains problèmes de programmation. Cependant, si le livre est globalement intéressant, il profiterait d'une mise à jour; le style de programmation préconisé — indépendemment de la solution algorithmique proposée — est souvent old school et aurait avantage à être modernisée, spécialement en ce qui concerne le style de C++. Par exemple, j'imaginerais assez bien une version qui tiendrait compte de la STL, peut-être même des styles avancés par Alexandrescu ou Sutter.

Quoi qu'il en soit, la lecture en demeure tout à fait pertinente; chaque chapitre est conçu de façon à regrouper plusieurs chroniques sur un même thème (par exemple, les structures de données ou la rectitude des programmes) et se termine par une série d'exercices dont certains sont résolus. Sous le style relâché et simple, qui laisse croire à une œuvre grand public, se cachent néanmoins des solutions très bien conçues et quelques surprises qui vous feront creuser vos méninges.





©Addison-Wesley







n⁰ 134 : 2011/03/17
n⁰ 133 : 2011/03/17

Edward R. Tufte — The Visual Display of Quantitative Information —2nd ed., Graphic Press, 2001, 197p. ISBN 978-0-9613921-4-7

Edward R. Tufte — Beautiful Evidence —2nd ed., Graphic Press, 2006, 213p. ISBN 978-0-9613921-7-8

Tufte s'est imposé comme le guru de la présentation visuelle d'information et tout son savoir-faire se retrouve dans ces deux livres: on y trouve un style sobre, bien documenté, et des analyses détaillées des graphiques; on comprend « pourquoi ça marche. » Contrairement à Few, Tufte ne s'intéresse pas à un type particulier d'application comme les finances ou les affaires, mais fait plutôt un tour d'horizon complet, allant des racines historiques jusqu'au dernières techniques.

Ces deux livres devraient être fusionnés en 1½ livre, peut-être, car s'ils sont complémentaires — un couvrant des aspects que l'autre ne présente pas — ils se recoupent tellement qu'on a parfois l'impression qu'ils sont redondants. Si votre budget ne vous permet que d'acquérir un seul de ces volumes, allez-y pour Beautiful Evidence.





©Graphic Press




©Graphic Press






n⁰ 132 : 2011/03/17

Stephen Few — Now You See It: Simple Visualization Techniques for Quantitative Analysis — Analytic Press, 2009, 330p. ISBN 978-0-9706019-8-8

Ayant souvent appelé à réviser des articles (et autres manuscrits), je constate qu'une des plus grande faiblesse des auteurs est la présentation visuelle de leurs résultats quantitatifs. Dans ce livre (qui est un peu redondant avec Show Me the Numbers: Designing Tables and Graphs to Enlighten), Stephen Few nous présente des techniques de présentation d'information quantitative sous un angle plus business que scientifique, mais les leçons s'appliqueront tout autant. Alors que Tufte (voir autre revue, ci-haut) s'attarde plus à l'esthétisme du graphique, Few s'intéresse plus à la puissance communicative.

C'est un livre « grand public » dans la mesure où il ne s'intéresse que superficiellement à l'analyse des données comme telles; on a bien ici une courbe de tendance; là une étude de variance; ici encore un box-plot, mais la discussion demeure très accessible.





©Analytic Press







n⁰ 131 : 2010/12/24

Adam Barr — Find the Bug: A Book of Incorrect Programs — Addison-Wesley, 2010, 306p. ISBN 0-321-22391-8

Ce petit livre nous propose de débugger 50 programmes courts dans cinq langages différents: C, Python, Java, Perl, et assembleur x86 (32 bits). Le livre nous propose des bouts de code tout à fait vraisemblables, lesquels contiennent un bug (et un seul) qui compromet tous les résultats. Barr nous propose une taxonomie brève mais explicite des types de bugs que l'on peut rencontrer, de l'erreur de logique jusqu'au off by one.

Le problème principal que je vois avec ce livre, c'est que tous les langages considérés (C, Python, Java, Perl, et l'assembleur x86), bien que représentatifs de ce que l'on trouve dans la nature, ne sont pas aussi bien exploités qu'ils auraient pu l'être: les programmes Python sont des programmes C. Les programmes Java sont des programmes C. J'aurais préféré avoir des programmes plus pythonèsques. D'un autre côté, si on perd la subtilité propre à chaque langage, c'est aussi représentatif dans la mesure où il m'est souvent arrivé de voir des programmes dans un langage X qui n'étaient que des calques de programmes dans un langage Y (par exemple C++ et C). Autre accent de réalisme, les programmes utilisent rarement l'approche algorithmique le plus efficace, la construction la plus simple, la sémantique la plus directe.





©Addison-Wesley







n⁰ 130 : 2010/12/04

Randy Allen, Ken Kennedy — Optimizing Compilers for Modern Architectures — Morgan Kaufmann, 2002, 790 pp. ISBN 1-55860-286-0

Le livre fait le tour des optimisations haute-performance qu'un compilateur devrait effectuer sur le code en tenant compte de plusieurs facteurs comme l'architecture de la machine (dont la hiérarchie de mémoire et l'allocation de registres) et la sémantique du langage à compiler; pour ce faire, il passe en revue les optimisations une par une avec exemples et explications.

Le livre utilise un pseudo-langage qui rappelle le Fortran pour les exemples. Au premier abord cela peut sembler étrange, mais le pseudo-langage est très clair et nécessite aucune explication, même probablement pour quelqu'un qui ne sait pas vraiment programmer. Il n'y a que deux chapitres qui parles de vrais langages: C et Fortran.





©Morgan-Kaufmann






n⁰ 129 : 2010/12/04

Martin Aigner, Günter M. Ziegler — Proofs from THE BOOK — 3è ed., Springer, 2004, 240 pp. ISBN 3-540-40460-0

Paul Erdős aimait faire référence à un livre imaginaire, avec un nombre transfini de pages, qui contenait les plus belles preuves de tous les théorèmes mathématiques. Quand il rencontrait une preuve particulièrement élégante, Erdős la disait « du Livre. » Aigner et Ziegler nous présentent donc une soixantaines de preuves qui auraient pu être tirées du Livre. Certaines sont abordable pour n'importe qui avec une culture mathématique de base, mais certaines sont ardues et compliquées et font appel à des notions plus avancées. Néanmoins, cela reste très instructif.





©Springer







n⁰ 128 : 2010/11/27

Underwook Dudley — Mathematical Cranks — The American Mathematical Association, 1992, 372 pp. ISBN 0-88385-507-0

Le concept de crank est familier pour quiconque utilise Internet. Un crank, c'est un individu qui expose une théorie plus ou moins défectueuse, typiquement mathématique ou physique, et qui est incapable de comprendre ou d'accepter que sa théorie soit bancale; l'individu insiste, et l'insistance devient parfois délire, souvent baigné de déni et d'agressivité. Dudley nous présente des théories de cranks et explique sommairement pourquoi et comment elles sont faussées; mais il nous parle aussi de la psychologie du crank typique. Parfois les exposés sont un peu longs, mais je dois avouer que malgré tout, j'ai bien rit à quelques reprises!





©The Mathematical Association of America







n⁰ 127 : 2010/11/03

Michael Frye — Digital Landscape Photography: In the Footsteps of Ansel Adams and the Great Masters — Focal Press, 2010, 160 pp. ISBN 978-0-240-81243

Frye nous livre ses techniques et astuces pour réussir ses photos de paysages avec un accent sur les différentes qualités de lumières. Il parle bien sûr de l'exposition et du système des zones, de la composition, etc., mais le texte est articulé autour des caractéristiques plus difficiles à cerner de la lumière: est-elle chaude ? douce ? trop dure ? Crée-t-elle les bons constrastres ? des ombres intéressantes ? Met-elle les formes et les couleurs en valeur?

Évidemment, toutes les photographies sont à couper le souffle!





©Focal Press








n⁰ 126 : 2010/10/17

John L. Hennessy, David A. Patterson — Computer Architecture: A Quantitative Approach — 4th ed., Morgan Kaufmann, 2006, 704 pp. ISBN 0-12-370490-1

Computer Architecture: A Quantitative Approach est probablement l'ouvrage introductoire le plus à jour sur l'architecture des ordinateurs, couvrant tous les sujets de la micro-instruction jusqu'au parallélisme multi-cœur. Ce qui diffère des autres livres sur le sujet—comme le vieillissant Advanced Computer Architecture: Parallelism, Scalability, Programmability de Kai Hwang (1992, maintenant introuvable)—c'est que les auteurs prennent une approche quantitative où chaque énoncé est soutenu par des simulations ou des nombres venant de benchmarks réels.

Par contre, il s'agit quand même d'un livre de niveau introductoire qui couvre un grand nombre de sujets et donc n'abordant pas tous les énoncés avec une profondeur égale; à mon avis, il manque quand même quelques dérivations qui sont d'intérêt. Le lecteur aura donc avantage à compléter la lecture de Computer Architecture: A Quantitative Approach par d'autres livres qui traiteront de sujets plus pointus.

Quoi qu'il en soit, Computer Architecture: A Quantitative Approach est définitivement la référence de départ pour l'architecture des ordinateurs. À lire.





©Morgan-Kaufmann







n⁰ 125 : 2010/07/30

Timothy G. Mattson, Beverly A. Sanders, Berna L. Massingill — Patterns for Parallel Programming — Addison-Wesley, 2005, 356 pp. ISBN 0-321-22811-1

Si le « Gang of Four »a écrit le premier livre sur les design patterns de base, ce livre a pour but d'étendre le vocabulaire et les motifs de développement aux algorithmes et aux programmes parallèles. Mais attention! ce n'est pas un livre d'algorithmie parallèle! Non, ce livre discute en terme très généraux des différents types d'applications parallèles et ce qui les caractérise comme le contrôle de l'exécution et le partage des données à assez haut niveau.

Le livre est d'ailleurs complété par des annexes qui discutent de OpenMP, MPI et les librairies Java pour le parallélisme, ce qui lui donne un aspect plus orienté programmeur, mais le code dans le livre ne doit pas être pris tel quel, tout au plus comme une version plus élaborée du pseudo-code. Sans être mal écrit, le code est relativement simpliste (c'est sûrement exprès) mais contient quelques trucs étranges que je ne m'explique pas du genre :

void initialize(double uk[], double ukp1[]) {
 uk[0]=LEFTVAL; uk[NX-1]=RIGHTVAL;
 for (int i=1;i<NX-1;++i) uk[i]=0.0;
 for (int i=0;i<NX;++i) ukp1[i]=uk[i];
 }

(p.88). C'est du code simple, mais pas particulièrement efficace. Nonobstant, ces petites bizarreries, c'est quand même une lecture que je suggère fortement.





©Addison-Wesley






n⁰ 124 : 2010/06/05

Paul J. Nahin — Mrs. Perkins's Electric Quilt: And Other Intriguing Stories of Mathematical Physics — Princeton University Press, 2009, 391 pp. ISBN 978-0-691-13540-3

Dans ce livre, vous découvrirez le sujet de la physique mathématique, ou des mathématiques physiques, selon le point de vue que vous voudrez adopter. L'auteur présente des problèmes d'abord contre-intuitif pour le non-physicien et démontre comment, avec un peu de logique et un peu (beaucoup, énormément) de mathématiques on arrive à des résultats exacts si toutefois parfois surprenants. Une bonne partie du livre tourne autour de la gravité (boum, tsss.), mais on y aborde des sujets comme la résistance de l'air, les partitions de carrés en carrés, et les marches aléatoires. Le tout est écrit dans un style narratif limpide et malgré que les mathématiques utilisées dans le livre puissent sembler rébarbatives au premier coup d'œil, l'exposé demeure très clair; quelqu'un avec juste un peu de bagage mathématique peut comprendre l'essentiel; quelqu'un avec un bon bagage mathématique en tirera évidemment un plus grand profit. Autre chose à noter est l'extrême délicatesse de la typographie des équations, fait avec un bon goût qui est malheureusement très rare de nos jours.





©Princeton University Press







n⁰ 123 : 2010/05/26

Abraham A. Moles — Les sciences de l'imprécis — Seuil, 1990, 310 pp. ISBN 2-02-011620-0

« L'idée du flou n'est pas le flou dans les idées » résume succinctement, mais essentiellement correctement, ce que veut démontrer Moles dans cet essais. La terminologie sera un peu déroutante pour l'informaticien car le sujet est abordé avec le langage sciences humaines plus que des sciences dites dures. On sent par moment que les analogies tirées entre son sujet et la théorie de l'information (et de l'informatique) sont à la limite capilotractées et pas nécessairement extrêmement justes; mais on peut pardonner ce flou car il n'en reste néanmoins qu'il présente sa thèse, à savoir que le flou est nécessaire dans certaines sciences et qu'il doit être maîtrisé plutôt qu'ignoré, de façon fort convaincante dans la mesure où le texte n'est pas très matheux. C'est plutôt grand public sans être grossier.





©Seuil







n⁰ 122 : 2010/05/19

Jacob Bronowski — The Common Sense of Science — Harvard University Press, 1978, 154 pp. ISBN 0-674-14651-4

Je connaissais déjà Bronowski par la série télévisée The Ascent of Man diffusée en français (probablement par Radio-Québec, maintenant TéléQuébec) à la fin des années 70 ou au tout début des années 80. Cette série m'avait fortement marqué par la qualité de son propos, même étant encore enfant à cette époque. Penseur universel, Bronowski nous livre dans The Common Sense of Science sa compréhension de la science (et de ses méthodes) en tant qu'activité fondamentalement humaine; et pourquoi elle joue un rôle si fondamental — bien que mal compris — dans nos sociétés. Bronowski expose son point de vue sur l'histoire de la science (intimement liée à la révolution industrielle) et de son évolution jusqu'à notre époque.

Vous trouverez ici une playlist qui contient la plupart des épisodes de The Ascent of Man.

In order to act in a scientific manner, in order to act in a human manner at all, two things are necessary: fact and thought. Science does not consist only of finding the facts; nor is it enough only to think, however rationally. The processes of science are characteristic of human action in that they move by the union of empirical fact and rational thought, in a way which cannot be disentangled. There is in science, as in all our lives, a continuous to and fro of factual discovery, then of thought about the implications of what we have discovered, and so back to the facts for testing and discovery—a step by step of experiment and theory, left, right, left, right, for ever.

This is the message of science: our ideas must be realistic, flexible, unbigoted—they must be human, they must create their own authority. If any ideas have a claim to be called creative, because they have liberated that creative impulse, it is the ideas of science.




©Harvard University Press







n⁰ 121 : 2010/05/07

William Poundstone — Le dilemme du prisionnier: Von Neuman, la théorie des jeux et la bombe — Cassini, 2003, 348 pp. ISBN 978-2-84225-143-7

Ce livre n'est pas à proprement parler une introduction à la théorie des jeux, ni une biographie de von Neumann, ni réellement un cours d'histoire sur la guerre froide. La plus grande partie du livre est consacrée à la guerre froide et à la théorie des jeux et contient relativement peu d'information sur von Neumann; en fait, von Neumann sert plus ou moins de fil conducteur, ou plus exactement de prétexte au livre. Néanmoins, c'est une introduction très claire, et pas très matheuse (malheureusement?) aux problèmes fondamentaux des « jeux » à savoir, est-ce que les joueurs devraient coopérer, et si oui, pourquoi ?

Si, comme moi, les histoires sur la guerre froide vous embêtent, sautez ces sections, c'est votre droit en tant que lecteur.





©Cassini








n⁰ 120 : 2010/03/27

Curt Schimmel — Unix Systems for Modern Architectures: Symmetric Multiprocessing and Caching for Kernel Programmers — Addison-Wesley, 1994, 396 pp. ISBN 0-201-63338-8

Schimmel nous propose une introduction aux hiérarchies de caches et leurs différentes technologies et les divers problèmes qu'elles causent pour un système d'exploitation. Le livre commence par présenter les différentes stratégie de cache — cache physiques, caches virtuelles — de façon comparative. Une autre portion est dédiée aux mécanismes d'exclusion, comme les spin locks, sémaphores, et autres mécanismes courants pour les systèmes de type Unix. Enfin, il termine avec les problèmes de cohérence de cache pour les multiprocesseurs.

Ce livre est destiné au programmeurs de kernels de type Unix, mais il peut aussi servir à n'importe qui qui s'intéresse à la programmation multi-thread et multi-core; un sujet qui s'avère à court terme inévitable. Sa lecture peut donc être profitable à tous les programmeurs d'applications parallélisantes; mais le texte est vieilli: le plus gros processeur Intel considéré est le Pentium. Bien que les principes présentés s'appliquent toujours, j'aurais préféré qu'il y eut, éventuellement, une édition mise à jour pour tenir compte, par exemple, d'implémentations spécifiques récentes, comme, par exemple, Linux sur des processeurs multi-cores.





©Addison-Wesley







n⁰ 119 : 2010/03/07

Ulrich Meyer, Peter Sanders, Jop Sibeyn (eds.) — Algorithms for Memory Hierarchies — Springer (LNCS #2625), 2003, 428 pp. ISBN 978-3540-00883-5

Ce livre est une collection de chapitres portant sur des sujets ayant tous rapport aux hiérarchies de mémoire et leurs algorithmes, mais n'ayant pas nécessairement une grande uniformité, et c'est bien ainsi: cela nous permet de faire un tour d'horizon des différents sujets — chacun présentés par des auteurs différents — pertinents aux structures de données et aux algorithmes qui tiennent compte de la hiérarchie de mémoire que l'on trouve dans les ordinateurs modernes.

C'est une lecture que je suggère à quiconque s'intéresse au high performance computing ou qui a manipuler des bases de données immenses; les algorithmes présentés vont des B-Trees jusqu'à la multiplication rapide de matrices, en passant par les algorithmes de graphes et les bases de données « traditionnelles ».

Comme le livre précédent, c'est une lecture d'un niveau avancé; le débutant n'y trouvera pas son compte.





©Springer







n⁰ 118 : 2010/03/07

Peter Brass — Advanced Data Structures — Cambridge University Press, 2008, 472 pp. ISBN 978-0521-88037-4

La première partie de ce livre se concentre sur les arbres de recherche et toutes leurs variantes, arbres balancés ou pour des intervalles, ou encore les monceaux (heap). On conserve un chapitre pour les structures pour les composantes disjointes, un pour les chaînes de caractères, et un pour les tables de hashage. Suivent diverses annexes sur les modèles de computation, les algorithmes ignorants des caches, etc.

Ce qu'il y a d'original de ce livre, par rapport aux autres textes d'introduction aux structures de données que je connaisse, c'est le ton de la narration. Brass utilise un style décontracté qui prend son lecteur pour un lecteur intelligent; il nous amène à des constats et des conclusions de façon si subtile qu'on a l'impression d'y avoir pensé tout seul.

Les exemples de code trouvés dans le livre — il y en a quand même beaucoup — présentent des implémentations relativement naïves des algorithmes proposés et ne sont probablement pas utilisables directement pour du code de niveau « production. » Cependant, ces implémentations sont quand même utiles car leur approche directe permet de combler les lacunes dans la compréhension du lecteur.





©Cambridge University Press






n⁰ 117 : 2009/12/02

Greg Mortenson, David Oliver Relin — Three Cups of Tea: One Man mission to Promote Peace... One School at a Time — Penguin Books, 2007, 349 pp. ISBN 978-014-303825-2

Le livre relate les efforts de Greg Mortenson pour faire bâtir des écoles dans les coins les plus reculés d'Afghanistan et du Pakistan, en commençant par comment, après s'être perdu en descendant du K2 après une ascension ratée, il s'est retrouvé dans un petit village de montagne. Charmé par la gentillesse et la générosité de ses habitants, pourtant très pauvre, Mortenson est tombé amoureux de cette terre hostile. De fil en aiguille, il se convainc de les aider. Pour ce faire, il construira école après école pour amener l'instruction à tous et particulièrement aux jeunes filles.

Ce livre est une leçon d'humanité, une belle histoire de fixing this broken world.





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n⁰ 116 : 2009/12/02

Christoph Niemann — The Pet Dragon: A story about Adventure, Friendship, and Chinese Characters — Greenwillow Books, 2008, 40 pp. ISBN 978-006-157776-5

Christoph Niemann est un graphiste dont j'apprécie particulièrement l'œuvre. Il est original, a su conservé son côté rieur. Ce petit livre — pour enfants — est tout à fait empreint de sa poésie et de son génie graphique. Le Pet Dragon est articulé autour des analogies pictographiques que l'on peut imaginer dans les caractères chinois; une petite histoire à la petit Prince, en moins sentencieux.





©Greenwillow Books

Le site du livre.
Le site de l'auteur.







n⁰ 115 : 2009/10/25

Valérie Dupuy — Les mots pour les amoureux des livres — Milan, 2008, 96 pp. ISBN 978-2-7459-3576-9

Un petit livre tout en poésie pour les amoureux des livres (ce qui n'est pas synonyme avec bibliophile).



La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée, en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées.

René Descartes



Si vous possédez un une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut

Cicéron





©Milan







n⁰ 114 : 2009/09/11

Marie-Éva de Villiers — La Nouvelle Grammaire en Tableaux et Recueil de Conjugaison — Québec Amérique, 2009, 324 pp. ISBN 978-2-7644-0690-8

Un ouvrage de référence indispensable s'il en est un. Ce guide de la grammaire Française en plus d'être le plus à jour, a la particularité d'être très clair et complet; comme son titre le laisse entendre, l'information est présentée par tableaux, du genre if-then-else, chacun d'une grande simplicité mais aussi très complet. Pour comprendre l'usage du subjonctif plus-que-parfait (dont l'usage rare se fait trop souvent le prétexte aux phrases phonétiquement ambiguës — et aux farces salées) il suffit de consulter le tableau « concordance des temps dans la phrase. » Des néologismes ? Aucun problème ! Consultez le guide d'usage et de formation des néologismes.



Une lecture obligatoire pour tout bloggueur, thésard ou communicateur!





©Québec Amérique







n⁰ 113 : 2009/09/04

Frank Mittelbach, Michel Goossens, Johannes Braams, David Carlisle, Chris Rowley — The LATEX Companion — 2nd ed, Addison Wesley, 2006, 1090 pp. ISBN 0-201-36299-6

J'aurais dû vous parler de ce livre avant. Le LATEX Companion est le guide définitif pour qui veut apprendre à maîtriser le langage LaTeX, un incontournable de la vie scientifique. LaTeX sert à mettre en page les documents de type scientifique remplis d'équations, de références, et de figures, produisant un résultat d'une qualité étonnante. Il en existe plusieurs variantes (un peu comme Linux a ses distributions) dont XeTeX qui est plus orienté vers la typographie. Un must read pour tous les étudiants gradués qui voudront publier.





©Addison Wesley







n⁰ 112 : 2009/08/29

Leonard Mlodinow — The Drunkard's Walk: How Randomness Rules our Lives — Vintage, 2008, 252 pp. ISBN 978-0-307-27517-2

Pour ceux qui s'intéressent aux probabilités et aux statistiques, ce livre est probablement la première lecture que je suggérerais. Mlodinow présente les concepts probabilistes et statistiques par des mises en situation — de façon visuelle plutôt que par une présentation basée sur la notation des mathématiques classiques. Il expose aussi les mécanismes psychologiques qui entrent en jeu dans l'estimation des probabilités dans la vie de tous les jours et pourquoi nous nous fourvoyons si souvent. Le tout est accompagné d'une solide bibliographie.



[...]the human understanding, once it has adopted an opinion, collects any instances that confirms it, and though the contrary instances may be more numerous and more weighty, it either does not notice them or else rejects them, in order that this opinion will remain unshaken.

Francis Bacon, 1620





©Vintage







n⁰ 111 : 2009/08/18

John D. Barrow — One Hundred Essential Things You Didn't Know you Didn't Know: Maths Explains Your World — Norton, 2008, 284 pp. ISBN 978-0-393-07007-1

Ce petit livre n'est pas vraiment un livre matheux; ce n'est pas un livre de mathématique, mais un livre de méta-mathématiques, c'est-à-dire à propos des mathématiques; quoiqu'en fait, plutôt à propos de l'application des mathématiques dans la vie de tous les jours. Comme le livre contient assez peu de mathématiques comme telles, le lecteur n'a pas besoin de connaissances poussées pour en profiter. Il contient plusieurs petites perles, mais aussi une série de chapitre (car chacune de ces cent choses censées nous être inconnues est présentée dans un chapitre à elle seule) assez quelconques. Une bonne petite lecture de plage.





©Norton







n⁰ 110 : 2009/08/18

Jon Winokur — The Big Book of Irony — St-Martin's Press, 2007, 174 pp. ISBN 978-0-312-35483-1

Dans ce petit guide, Winokur nous explique de long en large ce qu'est l'ironie. De l'ironie verbale — où l'on dit une chose tout en signifiant son contraire — à l'auto-ironie et passant par l'ironie « morissettienne » (de l'ironie qui n'en est pas), vous apprendrez tout sur l'ironie. Avec citations de circonstances.





©St-Martin's Press







n⁰ 109 : 2009/07/24

James Felici — The Complete Manual of Typography: A guide to setting perfect type — Adobe Press, 2002, 361 pp. ISBN 978-0-321-12730-3

Dans ce livre, très bien écrit et qui se lit très bien, Felici nous présente les principaux concepts et éléments de la typographie assistée par ordinateur — la seule qui existe encore. Une partie du livre est consacrée au technologies spécifiques comme TrueType ou Open Type, mais la partie la plus intéressante présente le langage des typefaces (et non pas fontes) et nous permet d'avoir une compréhension plus poussée de ce qui rend un texte non seulement beau mais agréable à lire grâce à sa mise en page et à un choix judicieux d'un typeface.

Ce livre est pour la typographie ce que sont les Design Patterns () du Gang of Four pour le génie logiciel. Beaucoup de choses que vous lirez en vous disant que vous le saviez déjà intuitivement, mais maintenant vous disposez d'un vocabulaire moins ambigu pour certains concepts un peu plus pointus.





©Adobe Press







n⁰ 108 : 2009/07/06

Cass R. Sunstein — Infotopia: How Many Minds produce Knowledge — Oxford University Press, 2006, 273 pp. ISBN 978-0-19-534067-9

Dans ce petit livre, Cass Sunstein nous explique comment les processus collaboratifs de types marché et délibération influencent la propagation de l'information et comment ils modifient nos décisions. Le livre est divisé en six chapitres où sont expliqués, tour à tour, comment une masse d'information non structurée et imprécise peut être « amplifiée » pour obtenir des estimation précises; comment et pourquoi les groupes de délibération (comme un jury) peuvent échouer dans leur tâche de déterminer une vérité ou tout au moins atteindre une décision juste et éclairée; quels sont les quatre grands problèmes auquel nous faisons face si nous voulons acquérir une connaissance à partir d'un grand nombre de personne; la perspective hayekiste de l'information, c'est-à-dire l'information en tant que marché; comment les nouveaux médias (l'Internet) transforment le paysage intellectuel avec les projets comme wikipedia et les blogs; enfin un chapitre récapitulatif. Suivent de nombreuses références.

Probablement à lire avec le Petit cours d'autodéfense intellectuelle (n⁰9) et Linked (n⁰64).





©Oxford University Press








n⁰ 107 : 2009/05/09

Riccardo Poli, William B. Langdon, Nicholas F. McPhee — A Field Guide to Genetic Programming — Lulu, 2008, 240 pp. ISBN 978-1-4092-0073-4

Ce livre ne suit pas le format textbook auquel on s'attend normalement. C'est plutôt un tour d'horizon exhaustif des multiples facettes de la programmation génétique. Chaque chapitre aborde une problématique précise et couvre le sujet d'une façon très documentée — les références sont effectivement très nombreuses: la bibliographie à la fin du livre fait 57 pages de long!

Le format survey du texte permet au lecteur de bien saisir les grands enjeux et les philosophies de la programmation génétique, mais il ne lui permet pas de comprendre tous les algorithmes qui y sont présentés dans le détail; le livre ne fait que 240 pages (dont presque 60 sont consacrées à la bibliographie). Peut-être une version ultérieure pourrait être étendue à la façon d'un encyclopédie avec des chapitres plus nombreux et de plus nombreuses explications. Quoiqu'il en soit, c'est un excellent point de départ pour le lecteur intéressé à la programmation génétique sous toutes ses angles.





©Lulu


Le site du livre, d'où vous pouvez télécharger une version pdf complète!







n⁰ 106 : 2009/05/09

David A. Coley — An Introduction to Genetic Algorithms for Scientists and Engineers — World Scientific, 2005, 227 pp. ISBN 981-02-3602-6

Ce petit livre introduit les concepts de programmation génétiques sous un angle d'optimisation multi-objectifs dans les espaces multi-dimensionel. On y voit les opérateurs élémentaires comme les mutations, le cross-over et la sélection des spécimens (avec ou sans élitisme) pour l'itération suivante. Une bonne petite introduction à la programmation génétique, matheuse juste ce qu'il faut.





©World Scientific







n⁰ 105 : 2009/05/09

Lee Smolin — The Trouble with Physics: The Rise of String Theory, the Fall of a Science, and What Comes Next — Mariner Books, 2006, 392 pp. ISBN 978-0-618-91868-3

Le physicien Lee Smolin tente de nous expliquer dans quel pétrin se trouve la science moderne. D'abord il présente les cinq grandes questions non résolues de la physique:

Puis il décrit les théories censées résoudre ces problèmes mais aussi comment elles ont tous essentiellement échoué. Soit en étant en contradiction direct avec les observations, soit parce qu'elles contiennent un grand nombre de paramètres ajustables et ne sont donc pas falsifiables; ces théories sans valeur explicative ou prédictive sont pourtant encore en faveur dans une certaine mesure. Il explique comment, dans une large mesure, la string theory (ou plus justement les nombreuses string theories) ne sont pas si attrayante que ça pour expliquer l'univers. Il conclura le livre sur l'avenir de la science physique et les défis qu'il restera à relever.

Ce livre est très intéressant mais me laisse perplexe; n'étant pas physicien moi-même il m'est très difficile de juger de la véracité des propos de Smolin. Il y a évidemment une part de vulgarisation (le livre n'étant pas destiné aux physiciens et ne contient pour ainsi dire aucune mathématique) mais c'est difficile de la séparer de la partie éditoriale: Smolin veut démontrer que la science de la physique est dans de sales draps, mais il est difficile pour le lecteur de juger l'exactitude de ses propos, et ce, malgré une copieuse bibliographie. À lire pour les idées, mais peut-être pas à prendre pour du cash.





©Mariner Books







n⁰ 104 : 2009/04/04

Robert Adams — Beauty in Photography — Aperture, 1996, 110 pp. ISBN 978-0-89381-368-9

Une autre collection d'essais par le photographe Robert Adams. Cette série d'essais tourne au tour des concepts de réalisme, c'est-à-dire du rapport entre la photographie comme réalité artistique et la réalité du monde en tant qu'objet non-subjectif, et quels rapports devraient entretenir le photographe avec son sujet d'étude.



Our discouragement in the presence of beauty results, surely, from the way we have damaged the country, from what appears to be our inability now to stop, and from the fact that few of us can any longer hope to own a piece of undisturbed land. Which is to say that what bothers us about primordial beauty is that it is no longer characteristic. Unspoiled places sadden us because they are, in an important sense, no longer true. Thomas Gray's consolation – "many a flower is born to blush unseen, and waste its sweetness on the desert air" – has become an irony; we have the flowers counted and fenced.




©Aperture








n⁰ 103 : 2009/04/04

David Shippy, Mickie Phipps — The Race for a New Game Machine — Citadel Press, 2009, 256 pp. ISBN 978-080653101-4

Ce livre, fortement inspiré du classique Soul of a New Machine ( ) de Tracy Kidder, The Race for a New Game Machine raconte l'histoire tumultueuse du développement par la même équipe, essentiellement, des processeurs Cell, Xenon, et Broadway, cœurs de la PS3, Xbox 360 et de la Wii, respectivement.

Shippy raconte les déboires de son équipe (principalement entourant les échéanciers impossibles et les magouilles corporatives) à la première personne, ce qui donne souvent l'impression d'y être. Cependant, le ton général de la narration à la première personne ne nous permet pas d'oublier la personnalité de Shippy, lequel ne souffre définitivement pas d'un complexe d'infériorité. La coauteur, Mickie Phipps est essentiellement absente du discours. Elle fait plus ou moins office de figurante dans l'équipe, et c'est d'ailleurs bien dommage, nous aurons pu nous reposer de la narration de Shippy en lisant des chapitres écrits par Phipps (peut-être y en a-t-il, en fait, mais c'est difficile à dire).

Le niveau technique du livre est cependant quasiment nul. Non seulement y parle-t-on que comparativement peu des technologies, nous avons souvent droit à des analogies naïves qui prennent le lecteur pour un débile. Une prochaine édition aurait grand intérêt à remplacer l'appendice de « mots savants » par une introduction plus complète aux concepts pertinents au développement de microprocesseurs.

Sa lecture n'est cependant pas totalement inutile: elle nous apprend beaucoup sur les cultures corporatives des géants de l'industrie comme IBM et Microsoft. Comme on peut s'en douter, c'est plutôt coupe-gorge.





©Citadel Press







n⁰ 102 : 2009/03/23

Gerard W. Kelly — Short-Cut Math — Dover, 1984, 112 pp. ISBN 978-0-486-24611-6

Ce petit livre — à peine 112 pages — vous aidera à peaufiner vos techniques de calcul mental grâce à une série de trucs, d'astuces et de cas spéciaux qui vous permettront d'arriver au résultat exact, ou au moins approximativement correct rapidement. Pas exactement révolutionnaire, mais quand même instructif. C'est le genre de livre peu dispendieux qu'on glisse entre deux autres livres dans une livraison.





©Dover







n⁰ 101 : 2009/03/16

Scott Berkun — The Myths of innovation — O'Reilly, 2007, 178 pp. ISBN 978-0-596-52705-1

Berkun s'attaque aux mythes entourant l'invention nouvelle, l'invention qui change(r)a le monde, à l'inventeur solitaire et bizarroïde, surhomme ou génie. En dix chapitres, il démolit systématiquement les mythes et autres idées fausses entourant l'acte d'innovation. D'abord, il explique comment il n'existe pas de révélation soudaine et géniale, sinon que comme aboutissement d'un dur labeur s'étendant parfois sur de longues périodes. Il montre aussi comment l'histoire des inventions est (mal) perçue et pourquoi. Il s'attaque aussi au mythe de l'inventeur isolé et solitaire, bizarroïde de préférence, qui révolutionnera le monde à lui seul. En fait, il explique comment chacun de ces inventeurs est connecté au reste du monde mais, plus important, aux inventions qui, cumulées incrémentalement, permettent une innovation surprenante, mais surprenante seulement lorsque prise hors contexte. Il discute de ce pourquoi les meilleures idées ne gagnent pas toujours, des « problèmes » et de leurs « solutions, » à savoir qu'il est toujours difficile, voire impossible, de prédire les effets à long terme d'une invention — en effet, qui, en 1903, aurait pu prédire que le transport serait transformé radicalement par le petit avion bricolé et dangereux des frères Wright ?

Enfin, le livre se termine par une copieuse bibliographie qui vient compléter les déjà nombreuses notes en bas de page.

The dirty little secret—the fact often denied—is that unlike the mythical epiphany, real creation is sloppy. Discovery is messy; exploration is dangerous. No one knows what he's going to get when he's being creative. Filmmakers, painters, inventors, and entrepreneurs describe their work as a search: they explore the unknown hoping to find new things worth bringing to the world. And just like other kinds of explorers, the search for ideas demands risk: much of what's found won't be satisfactory. Therefore, creative work cannot fit neatly in plans, budgets, and schedules. Magellan, Lewis and Clark, and Captain Kirk were all sent on missions into the unknown with clear understanding that they might not return with anything, or even return at all.




©O'Reilly








n⁰ 100 : 2008/10/29

Peter Seebach — Beginning Portable Shell Scripting — Apress, 2008, 352 pp. ISBN 978-1-4302-1043-6

Ce livre sur BASH, comme le Bash Cookbook: Solutions and Examples for Bash Users (n⁰ 94), n'est pas très technique. Il cible un sujet bien particulier, la portabilité des scripts sur différentes plateforme et différent shells. Si on écrit un script pour BASH, on ne s'attend pas qu'il puisse être exécuté sans erreur à partir d'un autre shell, disons zsh. Mais ce livre donne des trucs pour s'en tenir aux techniques et constructions du langages qui sont compatible entre la plupart des shells descendants de sh, soient BASH, zsh, et quelques autres. Cependant, le livre ne contient rien sur l'internationalisation, une autre source potentielle de soucis.

Quoiqu'il en soit, avec Bash Cookbook: Solutions and Examples for Bash Users (n⁰ 94), Classic Shell Scripting (n⁰ 33) et Linux Shell Scripting with Bash (n⁰ 32), Beginning Portable Shell Scripting s'ajoute à une trilogie essentielle pour le bon "programmer Bash".





©Apress







n⁰ 99 : 2009/02/28

Donald A. Norman — The Design Of Everyday Things — Basic Books, 2002, 257 pp. ISBN 0-465-06710-7

Dans la même lignée que Machine Beauty (n⁰ 53), The Design of Everyday Things explore les lois fondamentales du design des objets de tous les jours. La théorie du design de Norman repose sur sept aspects fondamentaux:

Le livre est truffé d'exemples illustrant chaque point. Copieusement annoté et avec de nombreuses références ce livre (malheureusement un peu vieilli) pourra servir de bon point de départ à qui peut être intéressé par le design d'interfaces usager, bien qu'en fait ce livre se concerne assez peu des ordinateurs mais plus des objets de la vie courrante (circa 1990). À lire avec Machine Beauty (n⁰ 53), User Interface Design for Programmers (n⁰ 10) et The Inmates are Running the Asylum (n⁰ 93).





©Basic Books








n⁰ 98 : 2009/02/07

Damian Thompson — Counterknowledge: How we surrendered to conspiracy theories, quack medecine, bogus science, and fake history — Viking Canada, 2008, 162 pp. ISBN 978-0-670-06865-4

Un livre qui n'est pas sans rappeler le Petit cours d'autodéfense intellectuelle (n⁰9), Counterknowledge fait le tour des diverses pseudosciences et des tactiques utilisées par leurs supporters. Tout y passe: pseudomédecine (traitements "naturels" et médailles magnétiques), pseudohistoire (les Chinois seraient débarqués en Amérique avant Colomb), et, mon préféré: le créationisme.

Évidemment, Thompson démonte systématiquement les arguments des auteurs des pseudosciences, mais plus important, il insiste sur la méthode scientifique, comment la plus élémentaire des pensées critiques peut facilement en venir à bout. Fortement déconseillé aux branchés des théories de conspiration...

Pedlars of counterknowledge often insist that their ideas should be taken seriously because 'no one has been able to come up with a better explanation' for whatever mystery they have lighted upon. But this argument only betrays their muddled thinking. The fact that a subject is genuinely puzzling, that there are vast gaps in our understanding of it, does not lower the standard of evidence we require in order to fill the gaps.




©Viking Canada
Le blog du livre








n⁰ 97 : 2009/01/26

Hans-Michael Koentzle — Photo Icon: Petite Histoire de la photo — Taschen, 2005, 352 pp. ISBN 3-8228-4097-1

Ce petit livre présente la photographie pendant la période 1827–1991, en commençant par Nicéphore Niépce jusqu'à Salgado, en passant par les inévitables comme Man Ray (ou ici, sur Artsy) ou encore Henri Cartier-Bresson. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est que chaque photo est placée dans son contexte historique: on discute un peu du photographe, mais beaucoup plus du moment où la photo a été prise, son contexte culturel et social.





©Taschen


  



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n⁰ 96 : 2009/01/18

Judith Adler, Paul Coughlin — Zen Cat — Rodale, 2003, 112 pp. ISBN 0-8759-6923-2

Ce petit livre présente une soixantaine d'extraits, de pensées, de citations, accompagnées chacune d'une photo illustrant (souvent directement) le sujet; toutes étant des photos de chats. Comme l'Anthologie du poème court (n⁰ 30), c'est à lire dans un mood méditatif.

I love all solitary places, where we taste the pleasure of believing what we see is boundless, as we wish our souls to be.

Percy Bysshe Shelly

The longer I live, the more beautiful life becomes.

Frank Lloyd Wright



©Rodale







n⁰ 95 : 2000/01/01

Amy N. Langville, Carl D. Meyer — Google's PageRank and Beyond: The Science of Search Engine Rankings — Princeton University Press, 2006, 224 pp. ISBN 0-691-12202-4

Langville et Meyer nous présentent les mathématiques derrière la technologie d'ordonnancement des résultats de recherches de Google et de quelques autres engins de recherche similaires. Si les premiers chapitres sont plutôt historiques et présentent le sujet grâce à quelques anecdotes bien choisies, le reste du texte est essentiellement mathématique.

Le livre fait un usage extensif des matrices et vecteurs et le lecteur peu familier avec ces mathématiques devra se référé à l'annexe — les cinquante dernières pages du livre présente une annexe mathématique où sont expliquées et démontrées les mathématiques utilisées tout au long du texte. Ce n'est pas un livre introductoire, bien au contraire; c'est un livre qu'on pourrait utiliser pour un cours gradué. Néanmoins, pour le lecteur intéressé à comprendre la "magie" de Google, c'est probablement une lecture incontournable.

Un livre à lire après le livre de Albert László Barabási, Linked: How Everything is Connected to Everything Else and What it Means for Business, Science, and Everyday Life (le n⁰ 64 dans la liste).





©Princeton University Press







n⁰ 94 : 2008/10/29

Carl Albing, J. P. Vossen, Cameron Newham — Bash Cookbook: Solutions and Examples for Bash Users — O'Reilly, 2007, 600 pp. ISBN 0-596-52678-4

Ce livre sur BASH est moins technique que d'autres, mais il a un avantage sur plusieurs autres: il tente de communiquer l'esprit de BASH plutôt que simplement ses aspects techniques et syntaxiques. Avec ce livre, vous verrez comment utiliser les outils déjà disponibles dans votre installation de Linux, AIX, Solaris ou BSD, pour ne pas écrire trop de scripts. En effet, la réutilisation des fonctionalités existantes n'est pas toujours mise en évidence dans les différents tutoriaux de BASH et c'est pourtant ce qui fera de vous un programmeur BASH efficace.

Avec Classic Shell Scripting (n⁰ 33) et Linux Shell Scripting with Bash (n⁰ 32), Bash Cookbook complète une trilogie essentielle pour le bon "programmer Bash".

Cependant, si vous connaissez déjà BASH, et bien que vous y aurez appris quelques nouveaux trucs, vous trouverez, à l'occasion, comment améliorer substentiellement les scripts et exemples proposés. À vos BASH! Prêts? Partez!





©O'Reilly







n⁰ 93 : 2008/10/12


Alan Cooper — The Inmates are Running the Asylum — SAMS Publishing, 2004, 255 pp. ISBN 0-672-32614-0

La thèse de Cooper est que fondamentalement, les programmeurs ne savent pas créer des produits utilisables par le commun des mortels. Le mode de pensée des programmeurs se transpose dans les interfaces qu'ils construisent, transformant ainsi tout produit informatisé — qu'il s'agisse d'un four micro-onde ou d'une caméra — computer like, c'est-à-dire qu'il prend plus sur le comportement d'un ordinateur — compliqué à utiliser &mdash que de l'appareil original. Bien que ça ne soit pas toujours vrai, il existe de nombreux exemples d'appareils dont les interfaces sont complexes à outrance pour un gain minime, voire même négatif: si les fonctions ajoutées sont trop complexes et s'agencent mal avec les fonctions de base, l'appareil devient essentiellement inutilisable pour le commun des mortels.

Il propose de rétablir le bon sens en empêchant les programmeurs de faire le développement d'interface qu'il faut reléguer aux interaction designers. Cooper présente sa méthodologie de développement pour arriver à un logiciel qui réponde à la fois aux besoins techniques et aux besoins d'interaction des utilisateurs-cible, laquelle s'articule autour des personæ, des utilisateurs imaginaires mais aux profils détaillés. Idéalement, on devrait disposer d'un petit nombre de personæ distinctes et représentatives des attentes et des modes d'utilisation, potentiellement très distincts.

Clearly, one side of software—the inside—must be written with technical expertise and sensitivity to the needs of computers. But equally clear, the other side of software—the outside—must be written with social expertise and sensitivity to the needs of people. It is my contention that programmers can do the former, but it takes interaction designers to do the latter.




©SAMS Publishing







n⁰ 92 : 2008/09/07

John Maeda — The Laws of Simplicity: Design, Technology, Business, Life — MIT Press, 2006, 108 pp. ISBN 978-0-262-13472-9

Articulé autour des dix lois de la simplicité, ce livre présente les méditations de Maeda sur le conflit simplicité/complexité, mais il n'est, finalement, difficilement plus qu'une collection d'aphorismes, d'acronymes, et de constatations relativement évidentes avec, çà et là, des phrases heureuses. Je ne dirai pas que c'est un mauvais livre, mais il ne faut pas s'attendre à une lecture qui changera votre vie. Préférez Machine Beauty de David Gelernter — n⁰ 53 dans cette liste.

Embodying an object with properties of real quality is the basis of the luxury goods industy and is rooted in their use of precious materials and exquisite craftsmanship. Relatedly, a designer of Ferrari cars once told me that a Ferrari has fewer parts than a common car, but the parts themselves are significantly better than anything else on this earth. This elegant tale of construction uses the simple philosophy that if good parts can make a great product, incredible parts can lead to a legendary one.




©MIT Press

Le site du livre/blog.







n⁰ 91 : 2008/08/31

Barry Schwartz — The Paradox of Choice: Why more is less / How the culture of abundance robs us of satisfaction — Harper Perennial / Ecco 2004, 280 pp. ISBN 978-0-06-000569-6

Schwartz décrit deux types de personnalités nées de l'abondance. Le premier type, les satisficers vont faire des choix « assez » bons qui vont quand même remplir leurs critères. Pour un satisficer, l'achat d'un vêtement, par exemple, demande quand même un examen critique, mais il ne s'agira pas de trouver la meilleure chemise parmis toutes. Le satisficer se contentera d'une chemise qui lui plaît, sans se soucier qu'il se peut qu'il y en ait une bien meilleure (subjectivement) dans une autre boutique. Le maximizer, quant à lui, transforme chaque décision en une quête d'optimalité quasi-paralysante. Pour un maximizer, il faut comparer toutes les chemises dans tous les magasins pour se décider sur la chemise optimale. Si les satisficers ne sont que modérément affectés par une plus grande variété de chemises (ou de tout autre produit), pour les maximizer, c'est une situation intenable puisqu'avec une plus grande variété, ils doivent considérer encore plus de critères, et qu'ultimement, le choix optimal leur échappe — à leur grand désespoir.

Schwartz explore donc les multiples facettes de la surabondance de choix et comment elles nous pourrissent subtilement la vie, et comment les biens matériels ainsi choisis influent sur notre qualité de vie et notre joie de vivre.

En conclusion, Schwartz dit que pour vivre plus heureux dans notre société de surabondance, il nous faut vaincre les mécanismes d'adaptation qui mènent à des critères minimaux toujours plus élevés. Il faut d'abord vaincre ses propres propentions à faire toujours mieux et apprendre à accepter qu'une (potentiellement meilleure) occasion puisse nous échapper, et qu'il puisse être bon de faire un choix satisfaisant plutôt qu'optimal.





©Harper Perennial

Barry Schwartz à Google Tech Talk.
Barry Schwartz à TED.
Un article wikipedia.







n⁰ 90 : 2008/07/21

Reviel Netz, William Noel — The Archimedes Codex: Revealing the Blueprint of Modern Science — Phoenix, 2007, 305 pp. ISBN 978-0-7538-2372-9

En 1998, un vieux codex pourri mis à l'encan est adjugé pour 2M$ à un mystérieux collectionneur, « Monsieur B ». Ce codex, malgré ses extérieurs peu ragoûtants, referme un trésor inestimable: sous les prières moyen-âgeuses se trouve une série de textes que l'on croyait perdus, les dernières copies de textes d'Archimède en grec ancien. En effet, dans ce seul codex survient les textes La méthode, Stomachion et Des corps flottants. Financée par l'apparemment richissime Mr B, l'équipe de Noel et de Netz vont mettre à jour, grâce à des techniques de restauration et des technologies d'imagerie de pointe, les textes du palimpseste.

L'étude des textes jusqu'alors inconnus révèle qu'Archimède est passé à deux doigts d'inventer le calcul différentiel et intégral — presque deux mille ans avant Newton et Leibniz &mdash et qu'il savait faire usage du calcul combinatoire! La traduction et le déchiffrement du palimpseste est encore incomplète, qui sait ce qu'ils y découvriront encore!

À lire, surtout si on s'intéresse à l'histoire des mathématiques. Ce livre jette une lumière différente sur l'époque d'Archimède, une époque qui verra naître le mécanisme d'Antikythéra, une époque qui a bien failli devenir plus.





©Phoenix

Le site du livre.
Un article wikipedia.








n⁰ 89 : 2008/07/08

David Abrahams, Aleksey Gurtovoy — C++ Template Metaprogramming: Concepts, tools, and Techniques from Boost and Beyond — Addison Wesley, 2005, 373 pp. ISBN 0-321-22725-5

Ce livre présente les concepts de métaprogrammation qui sont à la base de Boost, la librairie « complémentaire » de la STL. On y traite principalement de la manipulation de types et comment l'utiliser pour construire une librairie basée sur la métaprogrammation, principalement pour les itérateurs et les collections. Il y a aussi une section sur la décryption des messages du compilateur, ce qui est bien utile pour le débutant. Cependant, le texte lui-même est plutôt aride.

La rédaction du livre date de 2004, mais on a distinctement l'impression qu'il traite de sujets dépassés ou hors-phase. C'est une impression subtile, comme si le Boost du livre n'était encore qu'une version embryonnaire, alors que déjà en 2004, Boost devait être déjà très évoluée (je n'ai découvert Boost qu'en 2006 ou 2007, pour ma part). Il aurait grand intérêt à être rafraîchi, car, par exemple, on parle des compilateurs G++ 3.quelque-chose, alors que nous somme rendus à la version 4.2.quelque-chose. Même chose pour le compilateur d'Intel qui en est à la version 10, alors que le livre discute de la version 8! Un appendice sur Boost aurait aussi été le bienvenu.





©Addison Wesley







n⁰ 88 : 2008/07/01

Andrei Alexandrescu— Modern C++ Design: Generic Programming and Design Pattern Applied — Addison Wesley, 2001, 323 pp. ISBN 0-201-70431-5

Ce livre présente quelques techniques de métaprogrammation C++ mais est surtout axé sur le pont entre les design patterns tels que présentés par le Gang of Four et les capacités de C++. La première partie du livre est plutôt technique: extensions des classes par des « classes politiques », les techniques de tests à la compilation, les listes de types et leurs usages. Il y a une section sur l'allocation rapide de petits objets, mais le sujet est couvert de façon très sketchy et peut-être pas tout à fait à jour; la véracité factuelle des assertions de base pour ce chapitre n'est probablement pas complète1.

La seconde partie lie les desing patterns aux constructions C++. Évidemment, la liste des sujets traités n'est pas aussi longue que la liste de design patterns de la Gang of Four. Alexandrescu se contente de présenter les fonctors, et leur réalisation dans le command pattern, les singletons, les pointeurs intelligents, le factory pattern qui permet d'instancier dynamiquement des objets de types voulus, le visitor pattern et enfin les multiméthodes.

Fidèle à son style, Alexandrescu nous livre un exposé clair, simple, aucun exemple capilotracté, avec plein de références. Cependant, si vous êtes déjà adepte des design patterns et de C++, ce livre ne nous apparaîtra pas très utile, mais j'en suggère tout de même la lecture.





©Addison Wesley




1 Pour des références plus fiables sur les techniques d'allocation de mémoire, le lecteur pourra consulter wikipedia sur le sujet et les références présentées, en particulier Wilson et al. [PS]. Le lecteur voudra probablement aussi fouiner sur google pour l'allocateur de Doug Lea qui prévoit un cas spécial pour les petits objets.





n⁰ 87 : 2008/06/18

Charlie Croker — Lost In Translation: Misadventures of English Abroad — Michael O'Mara Books, 2006, 176 pp. ISBN 1-84317-208-9

Ce livre rappelle définitivement Anguished English sauf en plus délirant, si possible. Alors que Anguished English mettait l'accent sur l'utilisation dysorthographique et agrammatical de l'Anglais par des gens dont c'était la langue maternelle, Lost in Translation nous livre des perles de traductions farfelues, un peu comme www.engrish.com mais avec plus de goût.



Japan:
In case of earthquake, use the
torch to pass yourself out


Ankara:
You are invite to visit our restaurant
where you can eat the Middle East Food
in a European ambulance


Thailand (offering donkey rides):
Would you like to ride on your own ass?




©Michael O'Mara Books

Le site du livre.







n⁰ 86 : 2008/06/07

Paul J. Nahim — An imaginary Tale: the Story of √-1 — Princeton University Press, 1998, 267 pp. ISBN 0-691-12798-0

Bien meilleur, incomparablement meilleur, que le Zero: The biography of a dangerous idea (n⁰ 85), ce livre relate l'histoire de i, la racine carrée de -1. Ce livre est moins axé sur les détails proprement historiques — on y apprendra très peu sur les vies des mathématiciens qui ont changé le cours de l'histoire de √-1 — que sur l'évolution des mathématiques elles-mêmes. Le livre regorge de démonstrations, de théorèmes et de formules qui aideront le lecteur à comprendre l'utilité et la puissance de i. C'est d'ailleurs ce côté matheux qui me plaît bien dans ce livre.

Je pense que même si on ne comprend pas tout à la première lecture ce livre mérite d'être lu, voire relu. En effet, on y voit les applications de i du théorème de De Moivre jusqu'aux théorème de Greene sur les intégrales de contours en passant par la géométrie analytique, les mathématiques de la relativité, les espaces à haute dimensionalité et tout ça avec une bonne dose d'algèbre fondamentale.

À acheter, et à conserver, car on voudra surement le relire.





©Princeton University Press





©Bill Watterson







n⁰ 85 :

2008/05/18


Charles Seife — Zero: The biography of a dangerous idea — Penguin Books, 2000, 248 pp. ISBN 0-14-029647-6

J'ai d'abord cru que ce livre aurait été une histoire documentée du zéro, un peu à la Journey Through Genius de Dunham, ou encore Mathematics: The Loss of Certainty de Kline, mais en fait, le livre est écrit dans un style qui met plus d'emphase sur des tournures de phrases choc que l'exactitude factuelle; de plus, il contient, à mon avis évidemment, un mélange de science et de pseudo-science à deux balles (du genre, le zéro c'est l'inverse de l'infini, l'infini c'est Dieu, etc.) en plus de s'étendre dans toutes les directions: mathématiques, physique quantique, etc.

Même les appendices amusantes (comment prouver que 1=2) ne sont pas assez pour que j'en conseille la lecture; j'en déconseille la lecture aux jeunes esprits qui cherchent encore à bien saisir certains concepts des mathématiques! De façon surprenante, ce texte a été décoré du (défunt) prix Martha Albrand qui souligne une première œuvre de non-fiction.





©Penguin Books








n⁰ 83 : 2008/05/04


n⁰ 84 : 2008/05/04

Herb Sutter — Exceptional C++ : 47 Engineering Puzzles, Programming Problems, and Solutions — Addison-Wesley, 1999, 215 pp. ISBN 0-201-61562-2

Herb Sutter — More Exceptional C++ : 40 New Engineering Puzzles, Programming Probelms, and Solutions — Addison-Wesley, 2002, 279 pp. ISBN 0-201-70434-X

Ces deux livres recueillent des problèmes du guru of the week centrés sur le langage C++ lui-même. Parmi les sujets couverts, on retrouve la programmation générique (templates), la gestion de la mémoire, la gestion des exceptions, les byzantineries de la résolution de nom en C++, quelques design patterns.

Le premier livre, Exceptional C++ est plutôt orienté vers le langage lui même alors que le second, More Exceptional C++ met l'accent sur des problèmes plus orientés-objet: héritage, polymorphisme, compatibilité avec la STL, etc.

Les deux livres sont d'une lecture intéressante pour qui ne maîtrise pas déjà le C++ — quoi qu'on puisse douter qu'il soit possible de réellement maîtriser tout le C++. Les sujets abordés couvrent plusieurs aspects de la « vraie » programmation et sont donc intéressants pour le programmeur expérimenté ou non. Cependant, bien qu'on ne puisse pas toujours être d'accord avec les préceptes tels qu'édictés par Sutter (et d'ailleurs, il fait preuve d'honnêteté intellectuelle, il avertit le lecteur qu'il ne s'agit en fait vraiment que de son opinion) les problèmes explorés sont toujours édifiants.

D'un autre côté, ils commencent à dater un peu et ne couvrent pas les nouvelles idées apportées par des librairies comme Boost, alors que le plus récent C++ Coding Standards en fasse mention (voir livre n⁰ 4, ci-bas).



    

©Addison-Wesley
Site du premier livre: Exceptional C++
Site du second livre: More Exceptional C++



Exceptional C++:
More Exceptional C++:




n⁰ 82 : 2008/05/06

Robert Adams — Why People Photograph — Aperture, 1994, 186 pp. ISBN 0-89381-603-5

Une collection d'essais par le photographe Robert Adams. Au départ, je croyais que le sujet était la photographie elle-même; les premiers essais étudient quelques grands photographes, leurs livres, et les relations entre l'art photographique publiée et le succès des photographes eux-mêmes, mais en fait, il appert rapidement que le thème central est plutôt la nostalgie du territoire américain tel que conçu aux siècles précédents. Au XIXè siècle, le territoire était perçu comme une étendue inexhaustible, sauvage et éternelle; caractère qu'il a définitivement perdu avec l'étalement urbain et la croissance de la population au siècle dernier; l'assaut des Hommes ayant causé des dommages irréparables à l'idée même du territoire.

If there's anything lacking in such places, lovely though they are, it is a community of observers. By the paradoxical mathematics of beauty, they are, like songs, more ours if we share them. But this is difficult in our time because relatively few people care, and because those who do are thinly dispersed. Calling such places to public notice can, as well, risk their destruction by vandals.




©Aperture







n⁰ 81 : 2008/04/05

Jon Krakauer — Into the wild — Anchor Books, 1996, 207 pp. ISBN 0-385-48680-4

Christopher McCandless, un fils de bonne famille laisse biens et amis derrière lui pour une vie de nomade. Son but ultime — et qui lui sera fatal — c'est de vivre dans la nature, en Alaska. Le livre « documentaire » retrace ses déambulations aux États Unis, au Mexique et au Canada, grâces aux entrevues menées auprès des gens qui l'ont connu, la plupart des marginaux ou des routiers. Il est difficile de cerner le caractère de McCandless. On peut déduire sa soif d'aventure, mais ses motivations profondes nous restent cachées. Sa candeur et son idéalisme, voire son inexpérience lui coûteront ultimement la vie. Vraisemblablement, McCandless serait mort de faim, une mort lente, dans un bus abandonné au bout d'une route jamais terminée, ironiquement, à quelques miles de la civilisation.

Everett was a loner, but he liked people too damn much to stay down there and live in secret the rest of his life. A lot of us are like that—I'm like that, Ed Abbey was like that, and it sounds like this McCandless kid was like that: We like companionship, see, but we can't stand to be around people for very long. So we go get ourselves lost, come back for a while, then get the hell out again.




©Anchor Books


Le livre a été porté au grand écran par Sean Penn. Voyez l'interview de Sean Penn, Jon Krakauer et le musicien Eddie Vedder à l'émission de Charlie Rose.






n⁰ 80 : 2008/02/09

The Polar Bear Waltz and other moments of Epic Silliness — W. W. Norton, 2002, 96 pp., ISBN 0-393-32398-6

Dans cette édition « 25è anniversaire » les editeurs du magazine Outside nous présentent une collection d'environ 80 photographies insolites ou amusantes, mais toujours grandioses.





©W. W. Norton




©Didier Givois / Getty






n⁰ 79 : 2008/02/09

David Hurn, Bill Jay — On Being a Photographer: A practical guide — LensWork Publishing, 2007, 160 pp., ISBN 1-888803-06-1

Ce petit livre « questions & réponses » aborde la question qu'est-ce qu'un photographe? Questionné par Bill Jay, le photographe de renom David Hurn livre son point de vue sur la chose. Comme Hurn est un photographe de reportage, une bonne partie du discours s'articule autour de l'engagement par rapport au sujet choisi. Une autre partie du discours, disons d'aspect plus « technique » est plutôt superficielle. En fait, le message du livre est très simple: 1) pratiquer. 2) prendre les règles de composition avec un grain de sel et 3) le photographe doit s'intéresser à son sujet pour réussir à le rendre de façon convainquante. Si certains critiques sont en extase devant ce livre, ce n'est certes pas mon cas. Sans le trouver mauvais, je ne l'ai pas trouvé d'une profondeur transcendante. J'ai aussi noté l'abscence totale de photographies, ce qui encourage peu le lecteur à croire à la « grandeur » de ces deux photographes. C'est léger, somme toute. Il n'est pas mauvais, mais à emprunter plutôt qu'à acheter.





©LensWork Publishing







n⁰ 78 : 2008/01/03

Harry Seidler — The Grand Tour : Itinéraire photographique d'un architecte — Taschen, 2007, 575 pp. ISBN 978-3-8228-3779-5 (et 978-3822837801) 

Un autre livre dans la série Taschen 25. Pour célébrer ses 25 ans, Taschen a publié une série ecclectique de livres de format compact et peu dispendieux. Je possède déjà une demi douzaine de volumes de cette série (dont, je dois avouer, tous les sujets ne m'intéressent pas également) et je dois dire qu'il est apparent qu'un soin particulier a été porté à la présentation, en particulier à l'impression des photographies.

Et ce livre ne fait pas exception: on y trouve quelques 1500 photographies! Toutes prises par Seidler, elles constituent une présentation quasiment exhaustive de l'architecture des pays visités: pas moins de 36! Chaque bâtiment est présenté par quelques photographies et un court texte explicatif. Ce n'est pas tant un guide de voyage qu'une référence par ordre géographique des merveilles du monde de l'architecture. On passe des grandes pyramides de Gizeh aux tours d'Angkor Vat, en passant par les splendeurs du monde mulsuman, comme le célèbre Taj Mahal. Mais rassurez-vous, le livre ne se limite pas aux ruines. En effet, vous trouverez des bâtiment fin-de-siècle et des bâtiments modernes, comme, par exemple, la « soucoupe volante » du Musée Niterói, conçu par l'architecte Niemeyer.





©Taschen








n⁰ 77 : 2007/01/03

Walter Fisher— Digital Television: A Practical Guide for Engineers — Springer, 2004, 394 pp. ISBN 3-540-01155-2, traduit de l'allemand par H. von Renouard

Ce livre est consacré aux technologies de la télévision haute définition. Il n'est pas tellement intéressé aux algorithmes de compression vidéo qu'aux méthodes de transport de l'information haute définition. Certes, la première partie (les quelques cent premières pages) présentent les algorithmes de MPEG (transformée de fréquence, discrétisation, codage Huffman, etc.) mais l'accent est mis sur les nombreux détails du transport de l'image tels que l'espace de couleur, la modulation des signaux (par antenne, par câble), les interfaces physiques pour les câbles, la mise en paquet de l'information, etc.

Ce n'est donc évidemment pas une introduction à la télé numérique mais une référence. Chaque technologie présentée est rigoureusement documentée — à grands coups de standards ITU et ISO.





©Springer








n⁰ 76 : 2007/01/03

Gonzalo Camarillo, Miguel A. García-Martín — The 3G IP Multimedia Subsystem (IMS) : Merging the Internet and the Cellular Worlds — Wiley, 2006, 427 pp. ISBN 0-470-01818-6

Camarillo (Ericsson) et García-Martín (Nokia) nous présentent les technologies qui permettent l'interopérabilité entre les applications cellulaires et les applications Internet, telles que la messagerie instantannée et la vidéoconférence. Après une brève introduction au monde 3G/IMS, les auteurs présentent dans un certain détail l'architecture IMS, les protocoles de contrôle de session comme SIP, les architectures d'authentification, de sécurité, de cryptographie, etc. La seconde partie du livre est consacrée au multimédia comme tel: le transport de la voix et vidéo, mais aussi les protocoles de présentation. Enfin, la dernière partie se consacre aux applications telles quelles, comme la messagerie instantannée et le push-to-talk.

Le livre est très complet; chaque protocole est présenté avec un niveau de détails suffisant (traces de sessions, chronogrammes, etc.) pour en avoir une très bonne compréhension. Si ce n'est pas une référence définitive (on n'y trouve pas, par exemple, tous les RFC) c'est quand même un très bon point de départ pour quiconque veut s'initier aux technologies IMS.





©Wiley








n⁰ 75 : 2007/01/03

Ron Kimmel — Numerical Geometry of Images: Theory, Algorithms, and Applications — Springer, 2003, 210 pp. ISBN 0-387-95562-3

Ce livre — dont le sous-titre aurait peut-être dû être Images as Surfaces — introduit le lecteur à la morphologie et à la topologie des images. Les concepts présentés peuvent aussi bien servir à la robotique (les problèmes de déplacements avec obstacles) comme au cartographe (courbes de niveau et bassins.) Mais attention! ce livre est vraiment matheux: la première partie est consacrée à une introduction assez raide à la morphologie computationnelle, et la seconde consacrée à des exemples d'applications non triviaux tels que la reconnaissance de volumes à partir des ombres et des visages à partir de fragments de textures. Quoi qu'il en soit: un livre qu'on devrait avoir dans sa bibliothèque.





©Springer







n⁰ 74 : 2008/01/03

Nicolas Giffard, Alain Biénabe — Le guide des Échecs: traité complet — Robert Laffont, 1993, 1592 pp. ISBN 2-221-05913-1 

Ce livre pourrait rappeler le Oxford companion to Chess s'il n'était aussi massif: presque 1600 pages! Véritable encyclopédie de poche (évidemment imprimée sur papier ultramince), le guide complet se divise en huit parties, chacune copieusement documentée. On présente les Échecs dans les deux premières parties, initiation et la technique, introduction en règle à ce jeu aux apparences simples; suit un volet historique où sont présentés les champions des différentes époques. La seconde moitié du guide, les cinq derniers chapitres sont techniques: on y présente les finales des parties jouées en tournois par des maîtres, suivies d'un dictionnaire des grands joueurs passés et présent; enfin, vingt parties mémorables sont présentées et analysées. Suivent deux chapitres sur la composition et la stratégie (mat en 3 coups, analyse « rétrograde », etc.).





©Robert Laffont







n⁰ 73 : 2007/09/02

A. D. Aleksandrov, A. N. Kolmogorov, M. A. Lavrent'ev — Mathematics: Its content, methods, and meaning — Dover, 1963, 1120 pp. ISBN 0-486-40916-3

Traduit du russe, ce livre offre une perspective différente à celui qui veut s'intéresser aux mathématiques; perspective russe qui, d'ailleurs, nous fait découvrir des mathématiciens dont on a peu ou pas entendu parlé — Lobačevskiĭ, par exemple. L'intérêt principal de ce livre (dont je possède une édition différente, l'édition originale de 1963 imprimée par MIT Press, en trois volumes jaunis) est de faire un survol des grands sujets des mathématiques modernes: l'analyse, la géométrie analytique, la théorie des équations algébriques, les équations différentielles ordinaires, les équations différentielles partielles, les courbes et les surfaces, le calcul des variations, les fonctions de variables complexes, les nombres premiers et la théorie des nombres, les probabilités, les approximations de fonctions, approximations et calcul numérique, les ordinateurs, théorie des fonctions réelles, la géométrie euclidienne et la topologie, l'analyse fonctionnelle et, enfin, les groupes et autres systèmes algébriques.

Le tout est présenté de façon claire et intereliée, de façon à établir les connexions entre des champs qui semblent disjoints. Ce livre, malgré, ou plutôt à cause de, ses 1120 pages, devrait être une lecture obligatoire pour tout étudiant qui débute ses études universitaires, qu'elles soient en informatique ou génie.





©Dover







n⁰ 72 : 2007/08/18

Michael Murphy — Golf in the Kingdom — Penguin Compass, 1997, 224 pp. ISBN 0-14-019549-1

Le livre se présente en deux parties. La première partie est le récit à la première personne de la rencontre d'un apprenti golfeur avec un maître bizaroïde et un peu fêlé du bérêt. Le maître, Shiva Irons, entraîne le jeune golfeur dans son délire mystique qui lie la nature même du cosmos à ce jeu qu'est le golf. La première partie pourrait se comprendre comme une descente dans l'univers personnel de Shiva Irons, prétexte à exposer le point de vue de l'auteur et la métaphore du golf comme ballet cosmique; la perfection du jeu menant à la perfection de l'âme, à l'éveil. La seconde partie, en revanche, est pur délire mystique: chakras, troisième œil, allouette, n'importe quoi.

De plus, comme notre personnage est un Écossais, ses dialogues sont rendus dans une approximation de l'accent, très difficile à lire et qui les fait plus sonner débiles qu'écossais. Enfin, c'est une petite difficulté comparé au délire mystique de la seconde partie.


So as we ken these many worlds, see them with a clearer eye, we learn to move more freely — and learn o' worlds tha' lie beyond." He raised a long finger and held it in front of his nose. "Yes, worlds within worlds right in front o' our nose. Think about the times ye really concentrated upon a thing, did ye see it change in front o' your very eyes? Now, did it not? The lovely face tha' grew lovelier still, the new music in the old tunes, the new meanin's in the familiar poem, the new energies in the old swing? Yes, worlds within worlds here, with new shapes, new powers. Now did ye e'er make a ball curve in the air just by willin' it?




©Three Rivers Press







n⁰ 71 : 2007/07/31

William Gurstelle — Adventures of the technology underground: catapults, pulsejets, rail guns, flamethrowers, Tesla coils, air cannons and the garage warriors who love them — Three Rivers Press, 2006, 224 pp. ISBN 978-0-307-35125-8

Un bien curieux livre! En effet, ce qui est le plus intéressant se trouve dans les notes en bas de page et dans les encadrés pour les sujets « avancés » ; le texte principal n'est qu'une longue disgression. Ça m'intéresse pas trop de savoir comment un mec du Burning Man se fait un scrotum de la taille d'un ballon de basket avec une pompe à vide et beaucoup de crisco; pas vraiment plus de savoir que les catapultes à citrouilles ont leur groupies.

En fait, j'aurais aimé avoir plus de théorie, des plans plus détaillés (alors que la plupart ne sont que des dessins sommaires), et surtout des photos des engins présentés. En effet, curieusement, le livre ne comporte aucune photo. La bibliographie étant aussi assez mince, le lecteur intéressé au sujet aura plus avantage à googler qu'à acheter ce livre.





©Three Rivers Press







n⁰ 70 : 2007/07/15

Kenneth Kamler — Surviving the extremes: what happens to the body and mind at the limits of human endurance — Penguin books, 2005, 324 pp. ISBN 0-14-303451-0

Kamler est un « médecin de l'extrême » et il nous livre ses expériences médicales dans les environnements les plus hostiles à l'être humain. Les environnements extrêmes explorés sont: la jungle, les hautes mers, le désert, les profondeurs sous-marines, les hautes altitudes et enfin l'espace. Dans chaque environnement, Kamler donne des exemples vécus, de survivants aux conditions extrêmes. Ici, un marathonien qui s'égare dans le désert, là, un naufragé en haute mer, ici encore un alpiniste sous-oxygéné. Kamler décrit les effets physiologiques et psychologiques des privations, des changements de températures, du manque d'oxygène, et ce, avec beaucoup de détail. Le chapitre sur la jungle — en particulier les parasites &mdash est très savoureux.

Le chapitre sur les hautes altitudes — l'Everest, évidemment &mdash parle des effets immédiats mais pas des effets à long terme; il ne parle pas des « séquelles légères mais permantentes » qui sont pourtant bien documentées. J'aurais aimé en savoir plus à ce sujet. Le chapitre sur la plongée est aussi particulièrement intéressant pour ceux qui, comme moi, sont des plongueurs certifiés.

Une bonne lecture pour se rappeler que l'on vit dans un petit confort douillet, même en hiver.





©University of Chicago Press








n⁰ 69 : 2007/07/02

Matt Curtin — Brute Force : Cracking The Data Encryption Standard — Copernicus Books 2005, 291 pp. ISBN 0-387-20109-2

Le Data Encryption Standard, ou DES, est un algorithme d'encryption universellement utilisé pour les transactions bancaires, commerciales depuis 1976. La taille réduite de la clef, 56 bits, a très tôt eu ses détracteurs qui spéculaient qu'une attaque exhaustive — soit essayer les clefs une par une — n'était pas impossible.

Le livre raconte l'histoire de DESCHALL, un projet du type SETI@home, qui visait à trouver une clef spécifique et non, comme on l'a laissé entendre, de casser l'encryption DES de façon définitive. Le récit culmine en juin 1997 quand la clef est enfin trouvée.

Malheureusement, le livre n'est qu'une interminable suite de minutiæ des e-mails, des ordinateurs utilisés, des progrès algorithmiques... Pire, le livre est extrêmement pauvre côté vulgarisation, non seulement les algorithmes intéressants ne sont pas présentés, même de façon simplifiée, mais le livre contient des erreurs mathématiques énormes, et à répétition. L'auteur est censé être un spécialiste de la cryptographie, mais permettez-moi d'en douter. À plusieurs reprise, l'auteur confond croissance linéaire et exponentielle: il réprète à plusieurs reprise, par exemple, qu'ajouter 72 bits fait une encryption 72 fois plus forte alors que c'est 272 fois plus forte. Il confond aussi certains acronymes, comme UDP qu'il rend comme unreliable datagram protocol plutôt que user datagram protocol. Je déplore aussi l'absence de bibliographie; il y a bien quelques notes en fin de livres et quelques URLs, mais c'est bien insuffisant.

Si vous voulez lire un livre qui vous apprendra autre chose que des trivialités sur la cryptographie, préférez, par exemple, le livre de Steven Levy, Crypto ou encore le livre de Simon Singh, The Code Breakers, tous deux beaucoup mieux écrits et beaucoup mieux documentés.





©Copernicus Books







n⁰ 68 : 2007/06/17

N. Katherine Hayles — My Mother Was a Computer: Digital subjects and literary texts — University of Chicago Press, 2005, 290 pp. ISBN 0-226-32148-7

Je dois avouer que j'ai trouvé ce livre particulièrement pénible à lire. À moins que vous ne soyez friands de charabia du genre « déconstructivisme post-humain » ou encore « la récursivité implicite dans la coproduction et la coévolution des causalités multiples » [p.31] vous trouverez probablement que le livre est écrit dans ce style pseudo-intellectuel déplaisant qui sert principalement à masquer la ténuité des idées proposées par circonlocutions interminables. Nonobstant sa forme, le sujet demeure intéressant.

À travers différents écrits (allant du A New Kind of Science de Wolfram jusqu'aux Trois Stigmates de Palmer Eldritch de Philip K. Dick en passant par le Cryptonomicon de Neal Stephenson) l'auteur explore la relation entre le traitement de l'information (Regime of Computation), l'information et son support. Est-ce qu'une œuvre est fondamentalement liée à son support matériel — un livre, par exemple — ou dispose-t-elle d'une réalité autonome qui survit aux modes de codage — encre ou bits ? Est-ce que l'information doit être interprétée pour exister ? Est-ce qu'une machine peut-être intelligente, voire vivante ? La réalité est-elle analogue ou numérique ?

L'auteur amène donc progressivement une discussion sur la subjectivité et la nature même de la réalité afin de remettre en question nos notions du soi et de la conscience, examinées sous une loupe différente, celle de l'Âge de l'Information, une espèce d'ère post-industrielle où la matière ne domine plus, où seule l'information règne.





©University of Chicago Press



NB: Le computer dans le titre ne fait pas référence à une machine, mais à une personne qui avait pour tâche, avant l'avènement des ordinateurs numériques, de faire les calculs pour les scientifiques.





n⁰ 67 : 2007/06/03

Ian Stewart — Flatterland: Like Flatland, only more so — Basic Books, 2001, 302 pp. ISBN 0-7382-0675-X

Une « suite » à Flatland, FlatterLand raconte les aventures d'une descendante du protagoniste Monsieur le Carré de Flatland (n⁰ 66). Vikki, la femelle segment de droite visite divers univers aux géométries différentes avec son guide, le Sauteur Spatial. On fait le tour des géométries cartésiennes, hyperboliques, de l'espace de la relativité, de la topologie, des trous de vers. Même le chat de Schrödinger y passe... Un buffet géométrique de niveau tout à fait introductoire. Aucune vraie math et beaucoup de mauvais jeux de mots, mais une lecture légère qui introduit des sujets intéressants.

Flatterland ne nécessite pas vraiment la lecture de Flatland. À vrai dire, Flatland a surtout l'avantage d'être court, alors que Flatterland circonlocute interminablement à plusieurs occasions, ce qui en rend parfois la lecture un peu longue.





©Basic Books







n⁰ 66 : 2007/06/03

Edwin A. Abbott — Flatland: A Romance of Many Dimensions — Dover, 1992, 84 pp. ISBN 0-486-27263-X

Ce petit livre raconte l'histoire d'un carré qui habite un monde bidimensionel qui visite des mondes de différentes dimensions. D'abord il visite un monde à une dimension, puis à aucune dimension. Un guide extra-dimensionnel, une sphère lui fait visiter un monde à trois dimension où les volumes apparaissent à notre héros comme une manifestation de perfection quasi surnaturelle. Le tout est arrosé d'une satyre mordante du système social victorien — le texte date de 1884 quand même — qu'il ne faut surtout pas prendre au premier niveau.

C'est quand même intéressant, bien qu'un cours de géométrie eut été plus efficace. Pour les non-mathématiciens, ça donne sûrement une bonne idée de ce qu'est la géométrie en plusieurs dimensions et les paradoxes qui en résultent.





©Dover








n⁰ 65 : 2007/05/27

Patric McDermott — Zen and the Art of System Analysis — Writers Club Press, 2002, 178 pp. ISBN 0-595-25679-1

Ce livre n'a pas beaucoup plus à voir avec le Zen que Zen and the Art of Motor Cycle Maintenance (n⁰ 37), mais chaque chapitre est construit sur le thème du noble sentier octuple, avec ça et là des références à Miyomoto Musashi et son Go Rin no Shō (Livre des Cinqs Anneaux), dont les neufs principes s'appliquent à toutes les sauces.

McDermott fait le tour de l'analyse de systèmes en écorchant au passages programmeurs et managers — pour lesquels, autant l'un que l'autre, il semble avoir un respect que très modéré. Cependant, si vous avez déjà quelque expérience de travail, le discours ne vous surprendra pas outre mesure, peut-être tout au plus ajoutera-t-il un peu à votre sagesse. Les huit chapitres (outre l'introduction) sont:

  1. Nirvana Through Analysis. « Compréhension juste. » La première phase, l'analyse, c'est d'abord de comprendre quel est le sujet, de quoi on parle, quels sont les buts du système.

  2. The Tao of Design « Intention juste. » Ce chapitre discute des choix que l'on doit faire pour les interfaces et modèles de données. Il faut montrer qu'on a les bonnes intentions lorsqu'on travaille sur un projet comme il faut aussi se méfier des intentions des clients.

  3. The Consultant as Guru « Parole juste. » Comment gérer l'incertitude et comment se placer dans une perspective propice à la compréhension du problème pour viser juste, comment se mettre dans la peau de pour qui on construit le système. Toujours chercher à s'améliorer, à s'adapter.

  4. The Way of Business « Action juste. » Comprendre les intéractions entre hardware, software, et process. Quelles sont les dépendences entre la technologie et les Affaires ?

  5. The Zen of Economics « Moyens juste. » C'est la faute aux managers qui pensent que les programmeurs ne savent pas de quoi ils parlent. Ce n'est que du soft, après tout, qu'est-ce qu'ils connaissent ? Ce chapitre descend quelques mythes de la gestion.

  6. The Karma of Culture « Effort juste. » La culture bureaucratique et les études de faisabilité. Le travail d'équipe. Les analystes et les clients: comment extraire l'information sans sombrer dans trop de précisions. 1, 2, 3, beaucoup, ou comment les Hottentots sont mieux que les programmeurs.

  7. Methodological Mindfulness « Attention juste. » Comme le titre l'indique, ce chapitre est dédié aux méthodologies comme XP et autres; mais l'accent est mis sur les aspects ludiques de la chose, comme les remues-méninges (brainstorms) et la valorisation de la participation de tous et chacun.

  8. Meditations on a Model « Méditation juste. » Études des modèles de données. Quel modèle est mieux qu'un autre?

Le livre est bizarrement ichtycodal: il manque un chapitre de conclusion. Le style cependant est plaisant et n'est pas sans rappeler celui d'un samurai Spolsky. Le livre est aussi assorti d'une bibliographie détaillée. Je n'ai mis que quelques heures pour le lire, et j'ai encore faim.



Consider flashing, blinking and beeping to catch the user's attention. Flashing and blinking are examples of features, like cutesy sounds, that are initially seen as cool. After a little while, they seem cute. Not much later they are annoying. Eventually they'll turn your users into axe murderers looking for the idiot that programmed the sound and light into the system.


Coding produces the actual system, which we test rigorously, unless we're Microsoft and leave all the testing to the customers.




©Crown







n⁰ 64 : 2007/05/26

Albert László Barabási — Linked: How Everything is Connected to Everything Else and What It Means for Business, Science, and Everyday Life — Plume, 2003, 294 pp. ISBN 0-452-28439-2

Si ce livre ne m'avait pas été chaudement recommandé par un ami — Christopher Matthews en l'occurence — je ne l'aurais surement jamais lu. Mais, malgré son titre de livre de gare, il s'avère très intéressant.

Bien que contenant très peu d'équations explicites (la plus méchante ressemble à peu près à nk), c'est définitivement un livre de mathématiques. On y présente les concepts qui président à l'étude de la croissance et de l'auto-organisation des réseaux dits « naturels » tels que les réseaux de contacts profesionnels, l'Internet et les réactions chimiques qui régissent la biologie cellulaire. Barabási montre que tous ces réseaux partagent une structure mathématique essentiellement identique et divergeant significativement du modèle jusqu'à tout récemment accepté.

Erdős, qui a grandement contribué à l'étude des réseaux, a basé sa théorie sur une construction aléatoire des connexions. Les réseaux résultants ne correspondent toutefois pas aux réseaux observés dans la vraie vie et Barabási présente une théorie qui tient compte de la façon dont les réseaux forment; non pas par connexions aléatoires mais par attachements préférentiels. La théorie est illustrée par de nombreuses applications et observations faites dans des champs différents tels que l'épidémiologie, les contacts professionnels et l'économie.

L'auteur n'est pas un journaliste qui vulgarise une science qu'il ne comprend que partiellement, mais un scientifique qui présente le champ de recherche pour lequel il se passionne. Le texte n'est donc jamais judicieusement flou, et les propos sont appuyés par une importante bibliographie — les 30 dernières pages du livre, en fait.

J'ai été tenté de lui donner mais je ne me vois pas vraiment appeler mon chien Albert-László.





©Plume books







n⁰ 63  2007/05/26

Faubion Bowers — The Classic Tradition of Haiku: An Anthology — Dover, 1996, 78 pp. ISBN 0-486-29274-6

Une autre anthologie du haïku, ce poème souvent énigmatique de 5, 7 puis 5 syllables. Ce qui est intéressant de cette édition, c'est qu'elle est bilingue; on trouve le texte original en rōmaji et une traduction en anglais. Le rōmaji, le japonais écrit grâce à l'alphabet latin, est plus facile à lire pour ceux qui ne connaissent pas le kanji, le katakana ou l'harigana, et rend bien la sonorité de la langue. Cette anthologie est évidemment à lire dans une humeur appropriée. Ça donne le goût d'écrire ses propres haïkus.





saké hitotsu
nodo tōru ma ni
tsuki idete


While a shot of saké passes,
the moon appears



Nishiyama Sōin (1605—1682)




©Dover







n⁰ 62 : 2007/05/14

Rose Quong — Chinese Characters : Their Art and Wisdom — Dover, 2007, c.80 pp. ISBN 0-486-45434-7

Si les idéogrammes chinois vous ont toujours fasciné, ce petit livre est probablement pour vous. Rose Quong présente les idéogrammes sous un aspect constructiviste avec la calligraphie de Kinn Wei Shaw. Le texte est en noir et la calligraphie du rouge vif que l'on voit si souvent dans les sceaux chinois. L'ensemble est agréable à lire, et on s'émerveillera de découvrir que les idéogrammes les plus compliqués ne le sont qu'en apparence.





Évidemment, le livre de quelques 80 pages n'est définitivement pas suffisant pour apprendre le chinois, mais ça donne quand même le goût.





©Dover







n⁰ 61 : 2007/04/29

W. W. Sawyer— Mathematician's Delight — Penguin Books, 1991, 238 pp. ISBN 0-14-013034-9

Ce livre n'est pas un livre de mathématiques avancées, du moins pas aussi avancé que le Hacker's Delight (n⁰ 2) pouvait l'être, mais il apporte quand même un éclairage nouveau sur certains aspects des mathématiques qui devraient cependant nous être déjà familières.

C'est une réflection sur l'enseignement des mathématiques; plutôt que de présenter théorèmes et identités complexes et obscures, Sawyer explique, avec une simplicité déconcertante, les idées des mathématiques telles que l'algèbre, les logarithmes, la trigonométrie, comment construire des graphiques, le calcul différenciel et intégral, et enfin les nombres complexes.

Normalement, le lecteur devrait déjà être familier avec ces sujets, mais l'angle que prend Sawyer pour expliquer ces sujets est intéressant. Il s'adresse à un lecteur qui n'a que peu de connaissances mathématique, mais même celui qui a déjà atteint un certain niveau pourra y trouver son compte; surtout s'il désire enseigner.





©Penguin books








n⁰ 58—60 : 2007/04/29

Mark A. Franklin, Patrick Crowley, Haldun Hadimioglu, Peter Z. Onufryk (Eds) — Network Processor Design: Issues and Practives, Volume 1 — Morgan Kaufmann 2003, 338 pp. ISBN-10 1-558-60875-3, ISBN-13 978-1558608757

Mark A. Franklin, Patrick Crowley, Haldun Hadimioglu, Peter Z. Onufryk (Eds) — Network Processor Design: Issues and Practives, Volume 2 — 2nd ed, Morgan Kaufmann 2007, 464 pp. ISBN-10 0-121-98157-6, ISBN-13 978-0121981570

Mark A. Franklin, Patrick Crowley, Haldun Hadimioglu, Peter Z. Onufryk (Eds) — Network Processor Design: Issues and Practives, Volume 3 — Morgan Kaufmann 2005, 336 pp. ISBN-10 0-120-88476-3, ISBN-13 978-0120884766

Une série de livres qui présente les problèmes des processeurs réseau à haute performance. Routage, caches, Quality of Service (Qos), scheduling, etc. La série est structurée comme les comptes-rendus de conférence, avec des chapitres autonomes, par des auteurs différents. Chaque « article » présente un aspect des processeurs réseaux &mdash routeurs, switches, firewalls — qu'il s'agisse d'analyser le traffic, estimer la bande passante, le design de la mémoire cache, de la dissipation de chaleur… Alors qu'on pourrait penser qu'il soit relativement trivial de concevoir des switches réseau, on découvrira que c'est loin d'être le cas.

C'est une lecture que je suggère à tous ceux qui ont une curiosité pour le sujet, mais aussi à ceux qui s'intéressent au design embedded et autres byzantineries; il y a beaucoup d'information sur les algorithmes d'ordonnancement visant à satisfaire la QoS pour les applications multimédia où la performance est critique — c'est bien entendu très axé algorithmique et les sujets parfois plutôt avancés. Nonobstant l'aspect un peu matheux de la série, il n'en reste pas moins que le texte est de niveau relativement introductoire, très bien écrit; définitivement undergraduate.



         

©Morgan Kaufmann



Vol. 1:
Vol. 2:
Vol. 3:





n⁰ 57 : 2007/04/22

Scott Rosenberg — Dreaming in code : Two dozen programmers, three years, 4732 bugs, and one quest for transcendent software — Crown, 2006, 400 pp. ISBN 1-4000-8246-3

Ce qui m'a attiré c'est d'abord le sous-titre. One Quest for Transcendent Software ne peut que faire vibrer une corde sensible chez quiconque travaille dans le domaine. Cependant, le livre ne correspond pas tout à fait au titre; c'est plutôt l'histoire classique d'une équipe de programmeurs qui cherchent à révolutionner le monde, mais qui — Ô surprise ! &mdash rencontrent toute sorte d'embûches. En effet, ils découvrent que rien n'est aussi simple qu'à prime abord et que changer le monde demande beaucoup de travail.

Le journaliste Scott Rosenberg a suivi pendant près de trois ans l'équipe de Mitch Kapor (fondateur de Lotus et derrière le projet de Lotus 1-2-3) et de ses pythoneux. Mitch Kapor, avant de quitter définitivement Lotus, devenue étouffante pour lui, avait mis au point, avec son équipe, un logiciel de gestion d'information personnelle, Agenda, qui savait très bien extraire de l'information de textes tappés en langage naturel. Agenda savait quelle date représentait next monday et il était facile de se retrouver dans les mémos stockés dans le logiciel. Pour une raison ou une autre, malgré les efforts investis, Lotus n'en fit jamais rien et le logiciel sombra dans l'oubli.

Des années plus tard, Kapor décide de faire revivre Agenda pour supplanter les logiciels carrément chiants comme Microsoft Outlook qui demandent une infrastructure assez lourde pour fonctionner — personne va me dire que Microsoft Exchange est léger, stable ou sécure. Kapov carresse donc le rêve de faire renaître Agenda, mais cette fois-ci, en Open Source, sans architecture lourde, et avec toutes les features capables d'envoyer Outlook au tapis pour de bon. Ce loigiciel aura pour nom Chandler.

Le livre couvre une partie de l'histoire de Chandler, mais me semble surtout être une excuse pour faire le tour des problèmes que l'on est susceptible de rencontrer en génie logiciel. Tout y passe, méthodologies lourdes, légère, extrêmes, point de vue des uns et des autres… C'est donc peut-être une bonne lecture pour celui qui s'attaque à un gros projet pour la première fois; c'est aussi une bonne lecture pour celui qui s'est déjà fait prendre dans un gros projet qui a foiré; c'est certainement une bonne lecture pour celui qui ne veut pas refaire les mêmes erreurs.

On y retrouve un certain nombre de références à nos amis de toujours: Knuth, Spolsky, Joy, et quelques autres. Le point de vue apporté par Bill Joy me paraît le plus intéressant dans ce contexte. Il compare le cursus des informaticiens, des programmeurs plus précisément, au cursus des étudiants en litérature. Il se demande comment il se fait qu'alors que les étudiants en litérature doivent écrire souvent, comparer leurs œuvres et étudier les maîtres, les étudiants en programmation ont relativement peu de code à écrire, ne le comparent que rarement aux autres, et n'étudient absolument pas le code source écrit par de grands programmeurs. Ce n'est sûrement pas parce que c'est impossible étant donnée la quantité de source qui est accessible maintenant. Cela expliquerait, selon Joy, pourquoi les programmeurs sont souvent aussi peu qualifiés et que le développement de tout projet s'avère une tâche inutilement ardue.




prepBut nI vrbLike adjHungarian! qWhat's artThe adjBig nProblem?



The road to wisdom
— well, it's plain
and simple to express:
Err
and err
and err again
but less
and less
and less




©Crown

Le site du livre.








n⁰ 56 : 2007/04/01

Mark Pilgrim — Dive into Python — Apress 2004, 414 pp. ISBN 1-59059-356-1

Ce livre introduit d'abord le langage Python, et il n'est pas nécessaire de connaître déjà Python ou un autre langage de programmation pour en profiter. Le livre présente les types de données de base de Python, les listes, les dictionnaires (l'équivalent des hashes de Perl). On y présente aussi des sujets un peu plus complexes comme les compréhensions de liste, l'introspection, les objets, les exceptions et la gestion des fichiers.

La seconde partie du livre présente quelques classes d'applications qu'il est aisé d'écrire en Python: traitement du HTML, du XML, des services HTTP et SOAP. On y présente aussi le unit testing, les joies du développement test-first et du refactoring.

La troisième partie est consacrée aux aspects fonctionnels du langage Python — de loin ce qu'il y a de plus intéressant, à mon avis ! On y voit les compréhensions de listes et les fonctions dynamiques. Enfin, le livre termine sur une section de "performance tuning".

C'est quand même une bonne introduction aux concepts les plus importants de Python, mais c'est une assez mauvaise référence. Les librairies sont assez peu décrites et on y trouve aussi assez peu de détails. Pour une référence sur Python, on lui préférera plutôt Python: Essential Reference (n⁰ 54), ou encore le canal #python sur freenode. Un autre point positif, c'est qu'on peut obtenir le pdf du livre gratuitement ici.





©Apress

Le site du livre.

(on peut y télécharger une version PDF complète!)








n⁰ 55 : 2007/04/01

John Goerzen — Foundation of Python Network Programming —Apress 2004, 512 pp. ISBN 1-59059-371-5

Ce livre, comme Python: Essential Reference (n⁰ 54), n'introduit pas le langage Python mais s'attaque directement à la programmation réseau avec Python.

Le livre couvre divers protocoles réseau et présente pour chacun un exemple de code. On y voit les protocoles de base comme DNS, HTTP, le parsing du HTML et XHTML, les protocoles de e-mail, FTP et SSL. Il présente aussi les applications server-side et le multithreading. Le livre en soit est d'une lecture facile, les protocoles sont généralement bien expliqués (bien qu'en allant pas dans autant de détail qu'un RFC ou un standard ISO/IEC, évidemment) et les exemples sont quasi-fonctionnels. Le code présenté est cependant peut-être un peu faible côté robustesse. Par expérience, j'ai découvert qu'à peu près n'importe quoi en Python peut émettre une exception et le code du livre est dépouillé de gestion d'exception. Autrement dit, bien que le squelette de l'exemple soit correct, il vous en incombera de le rendre robuste; la première exception survenue — une connexion refusée, un time-out, une erreur http — fera exploser l'application. Ça me rappelle une parabole avec un pic-bois.





©Apress








n⁰ 54 : 2007/04/01

David M. Beazley — Python: Essential Reference, 3rd ed. — SAMS / Developer's Library, 2006, 626 pp. ISBN 0-672-32862-3

Si vous voulez commencer Python ne commencez pas par ce livre. Ce livre est d'abord une référence. Certes, il introduit des éléments du langage dans la première partie, et si vous ne savez pas déjà un peu programmer, vous ne comprendrez rien. C'est un livre écrit pour quelqu'un qui connait déjà un langage de programmation, disons le C++, mais définitivement pas pour quelqu'un qui veut commencer la programmation.

Par contre, la deuxième partie, est très utile. Elle présente la librairie standard de Python avec plus de détails et d'information pertinente que la documentation online que l'on trouve à Python.org. La deuxième partie ne couvre pas toute la librairie standard, mais présente beaucoup de sujets qui sont susceptibles d'intéresser le programmeur enthousiaste: persistance des données, threads, programmation réseau, API cryptographique, XML, etc.

Donc: une référence, pas un guide d'introduction





©SAMS








n⁰ 53 : 2007/03/18

David Gelernter — Machine Beauty : Elegance at the Heart of Technology — Basic Books, 1998, 166 pp. ISBN 0-465-04316-X

Ce livre explore l'importance de la beauté dans la technlogie, spécialement la technologie informatique. Il tente d'expliquer pourquoi la technologie bien faite et de bon design est plutôt associée à des vertues féminines — voire gay. Il explique comment Apple a perdu le marché malgré qu'à une certaine époque le seul concurrant de son interface graphique fut DOS. Il explique pourquoi Windows, malgré sa qualité inférieure, ait pu s'imposer face à Mac. Le discour est orienté vers les interfaces et il semble que la fonctionalité effective du système d'exploitation sous-jacent lui soit totalement indifférente — par exemple, bien que l'auteur soit informaticien, il semble confondre interface et OS.

Le livre continent au moins deux disgressions importantes. La première est pour présenter LifeStream, une alternative aux dossiers, sous-dossiers et fichiers qui nous sont si familiers. LifeStream présente un modèle où les fichiers ne sont pas identifiés par un nom unique mais plutôt par la période vague où ils ont été créés. Comme LifeStream ne présente que les fichiers selon un ordre chronologique, on doit aussi introduire de nouveaux outils pour trouver quelque chose si on ne cherche pas chronologiquement. Ça me semble peu rentable. D'ailleurs, le projet LifeStream a l'air plutôt mort.

La seconde digression porte sur le design des ordinateurs eux-mêmes. Plutôt que de penser tout simplement cacher la boîte, il propose un certain nombre de designs qui sont pour le moins Bauhaus, mais totalement absurdes. Qui voudrait d'un chauffe-tasse à même l'écran ?



Beauty is more important in computing than anywhere else in technology. And where computers are concerned, the beauty paradox is especially acute.


A good algorithm has to be powerful: has to function well, which usually means running fast and not requiring too much memory. The best algorithms are simple, too: a simple algorithm is easier to capture in software — easier to program correctly, to understand, analyze, and improve. In short, the best algorithms are the beautiful ones.




©Basic Books







n⁰ 52 : 2007/03/18

Yann Arthus-Bertrand — Being a Photographer — Édition de la Martinière, 2004, 240 pp. ISBN 0-8109-5616-0, avec DVD

Une espèce d'autorétrospective de la carrière du photographe Yann Arthus-Bertrand mieux connu pour sa Terre vue des airs. Ce livre, augmenté d'un DVD multimode (on y trouve de la vidéo mais aussi des centaines de fonds d'écran) survole la carrière prolifique du photographe. Chaque période de son œuvre est documentée par de nombreuses photographies, planches-contact, calepins de notes, et le texte demeure essentiellement anecdotique; très peu d'information technique.

Le DVD reprend le sujet du livre (on se demande si le livre n'est pas un transcript de la vidéo) mais on ne sera pas déçu: la qualité des images est vraiment impressionnante.





©Éditions La Martinière

Le site de l'auteur









n⁰ 51 : 2007/03/18

Bob Parks — Makers : All kinds of People Making Amazing Things in Garages, Basements, ad Backyards — O'Reilly, 2006, 184 pp. ISBN 0-596-10188-0

Le livre présente 100 (enfin, presque, 91) bricoleurs et leurs incroyables inventions. L'éventail est très large: le véhicule unicycle à moteur (qui n'est pas sans rappeler the wheel construite par Mr. Garrison de South Park), un ballon sonde dont l'émetteur tient dans une boîte de menthes Altoids(tm), un poisson robotique, un réveil-matin qui émet une odeur de bacon au lieu de sonner (beurk!), un pupitre avec des pattes contrôlées par ordinateur, un résolveur de cube Rubik en légo, un vieil ordinateur Nova 4 remis à neuf, une machine à cocktail pentium III…

Chaque patente est accompagnée d'une ou deux page de texte qui expliquent le pourquoi du comment et présentent brièvement l'auteur du bidule. La plupart des inventions sont chindogu-esques (珍道具) mais démontrent quand même un niveau technique surprenant. Cependant, ne vous réjouissez pas trop rapidement: il y a assez peu de détails techniques, mais on peut toujours fouiner sur le web et en retrouver quelques unes — comme celle-ci.





©O'Reilly

Le site du livre








n⁰ 50 : 2006/12/31

Cailin Boyle — L'harmonie des couleurs sur le Web : Toutes les combinaisons de couleurs pour la création de sites — Les Éditions de l'Homme, 2002, 190 pp. ISBN 2-7619-1663-8

Ce petit livre qui se présente d'abord comme un nuancier devrait être une lecture obligatoire pour tout concepteur de pages web. Le livre commence par un opuscule sur la psychologie de la couleur, suivent de nombreux exemples de sites avec leur palette de couleur expliquée.

La partie sur la psychologie de la couleur est sommaire, mais on y voit quand même les différents espaces de couleurs, le cercle chromatique, et les significations conventionnelles des couleurs. Les exemples sont présentés par thèmes ( « nostalgique », « fraîcheur », etc.) et les couleurs décrites avec précision avec les codes RGB.





©Les Éditions de l'Homme








n⁰ 49 : 2006/12/31

Khalid Sayood — Introduction to Data Compression, 3rd ed. — Morgan Kaufmann, 2005, 680 pp. ISBN 0-12-620862-X

Une des meilleures introductions au sujet de la compression de données. Ce livre n'est pas une monographie ultra-pointue mais plutôt un survol de cette science qui apparaît bien étrange à plusieurs. Chaque nouvelle édition apporte son lot de nouvelles informations.

Le livre est structuré en 18 chapitres:

  1. Introduction. Les grandes familles d'algorithmes, lossless versus lossy, modélisation versus codage.

  2. Mathematical Preliminaries for Lossless Compression. Une brève introduction à la théorie de l'information, aux modèles probabilistes, et à la théorie algorithmique de l'information.

  3. Huffman Coding. Les codes de Huffman et les variantes, codage de Huffman adaptatif, etc.

  4. Arithmetic Coding. Présentation du codage arithmétique. Très différent du codage Huffman, le codage arithmétique mappe les codes et les probabilité des chaînes de symboles pour compresser. Cette méthode contourne la limitation principale des codes de Huffman, à savoir utiliser des bits entiers pour les codes — d'une certaine façon, on peut dire que le codage arithmétique utilise des fractions de bits. Bizarre mais puissant.

  5. Dictionary Techniques. Algorithmes de compression à base de dictionnaire. Présentation des algorithmes LZ77 et LZ78.

  6. Context-Based Compression. Les algorithmes qui forment une prédiction sur le(s) prochain(s) symbole(s) basé sur le contexte, c'est-à-dire les symboles précédents. Algorithmes PPM, Markov dynamique.

  7. Lossless Image Compression. Compression sans perte des images. Standards JPEG, JPEG-LS, CCITT G3 et G4 (compression fax), JBIG et JBIG2.

  8. Mathematical Preliminaries for Lossy Coding. Concepts nécessaires à la compression avec perte. Critères de distortion, le système visuel et auditif humain, Rate/Distortion Theory.

  9. Scalar Quantization. Les algorithmes de réduction de précision (algorithmes de discrétisation) pour les scalaires. Algorithmes uniformes, adaptatifs, de Llyod-Max.

  10. Vector Quantization. Les algorithmes de réduction de précision vectoriels. Algorithmes de Linde-Buzo-Gray, algorithmes tree-structured.

  11. Differential Coding. Algorithmes de codage différentiels. Algorithmes DPCM et standard G.726.

  12. Mathematical Preliminaries for Transforms, Subbands, and Wavelets. Introduction aux espaces vectoriels, aux séries puis aux transformées de Fourier, systèmes linéaires, échantillonnage idéal, transformée discrète de Fourier, Transformée Z.

  13. Transform Coding. Les transformées importantes: transformée de Karhunen-Loève, de cosinus discrète, de Walsh-Hadamard et application au standard JPEG.

  14. Subband Coding. Qu'est-ce qu'une « sous-bande » ? Analyse, réduction de précision et codage. Reconstruction parfaite et banque de filtres. Applications au standard G.722.

  15. Wavelet-Based Compression. Que sont les ondelettes ? Qu'est-ce que la propriété de multirésolution ? Appliquations à la compression d'image: le standard JPEG 2000.

  16. Audio Coding. Le masquage et autres effets psychoauditifs. Standards MPEG, AAC et Dolby AC3.

  17. Analysis/Synthesis and Analysis by Synthesis Schemes. Applications à la compression de la voix: algorithmes LPC-10, CELP, MELP. Standard ITU-T G.722.2. Compression fractale d'images.

  18. Video Compression. Les algorithmes de compression vidéo. Algorithmes prédictifs par compensation de mouvement. Standard H.261, H.262/MPEG2, H.263, MPEG4 Advanced Video Coding / H.264. Distribution de la vidéo via réseaux.

Suivent des appendices.

Le style est clair et assez peu matheux compte tenu de la matière. Chaque technique est présentée avec des exemples et beaucoup de références pour le lecteur intéressé à pousser plus loin ses investigations.

Ce livre a une place spéciale dans mon cœur puisque j'ai été un des reviewers officiels pour la 2ème édition. Je suis même dans les références [36] :)





©Morgan Kaufmann







n⁰ 48 : 2007/01/11

Sir James Jeans — Science And Music — Dover, 1968, 260 pp. ISBN 0-486-61964-8

Un reprint d'un ouvrage de 1937, bien que rempli de délicieux anachronismes, cet opuscule présente la science du son et de la musique, du moins ce qui était le state-of-the-art à l'époque.

L'auteur présente la science du son en sept chapitres, dont seuls les chapitres II et VII sont d'intérêt (à mon avis). Le chapitre II présente les mathématiques de base du son: ondes, fréquences, phases. Il présente la combinaison des sons comme un espace vectoriel, ce qui est fort intéressant pour le néophyte et laisse entrevoir les méthodes modernes de traitement de signal comme la transformée de Fourier. Les chapitres intermédiaires présentent la physique du son, comme la propagation, l'absorbtion, l'acoustique des salles de concerts, etc. Le chapitre VII présente l'aspect psychoauditif du son : la réponse aux fréquences, les débibels, les harmoniques imaginées, etc.

Le livre date quand même de 1937, et n'est pas exactement une monographie « avancée » sur le sujet donc on n'y trouvera pas d'information sur des phénomènes comme le masking, mais il s'agit quand même d'un bon départ.

Les éditions Dover ont ceci d'intéressant: elles reprennent des monographies en tout genre et les reproduisent à un coût relativement faible. Les livres Dover à 10$ ne sont pas rares. Leur collection mathématique est particulièrement bien fournie (mais leur collection informatique est à toute fin pratique inexistante.)

Le site de Dover.





©Dover






n⁰ 42—47 : 2007/01/11

Michael Freeman — Photographie numérique: La couleur — Evergreen, 2006, 160 pp. ISBN 3-8228-5416-6

Michael Freeman — Photographie numérique: Noir et Blanc — Evergreen, 2006, 160 pp. ISBN 3-8228-5413-1

Michael Freeman — Photographie numérique: Lumière et éclairage — Evergreen, 2006, 160 pp. ISBN 3-8228-4492-6

Michael Freeman — Photographie numérique: Le portrait — Evergreen, 2005, 160 pp. ISBN 3-8228-3620-6

Michael Freeman — Photographie numérique: En gros plan — Evergreen, 2005, 160 pp. ISBN 3-8228-4496-9

Michael Freeman — Photographie numérique: Nature et Paysage — Evergreen, 2005, 160 pp. ISBN 3-8228-3616-8

Dans cette série en six volumes, découvrez les trucs de la photographie numérique: jeux de lumières, cadrage, le gros plan, le paysage, le portrait. Chaque volume présente d'abord les concepts, puis plusieurs exemples, et enfin une section photoshop qui donne des trucs supplémentaires pour corriger ou composer vos photos.

Prenons par exemple Lumière et éclairage. Nous y trouvons quatre chapitres:

Chaque livre est relié avec ces nouvelles couvertures pliables (ce qui évite de déplotter les dos). La facture est soignée et un grand soin a été porté à la qualité des couleurs. Il y a bien quelques petites erreurs çà et là (comme deux histogrammes interchangés par rapport aux images auxquelles ils sont censés se rapporter) mais rien de grave. Un autre attrait non-négligeable de la série est que chaque volume est environ 25$ ce qui est loin d'être excessif.

Une lecture que je suggère fortement à ceux qui commencent la photo numérique dans une perspective sérieuse. Chaque livre regorge de petits trucs qu'ont saura mettre à profit.

Michael Freeman est un photographe de renommée mondiale. Il a travaillé entre autre pour les prestigieux Smithsonian et Géo. Il est auteur de plus de ving cinq ouvrages sur la photographie.



    

    

    

©Evergreen








n⁰ 41 : 2006/12/31

Jon Stokes — Inside the machine : An Illustrated Introduction to Microprocessors and Computer Architecture — No Starch Press, 2006, 292 pp. ISBN 1-59327-104-2

J'ai plusieurs monographies sur l'architecture des ordinateurs dans ma (de plus en plus vaste) bibliothèque, et je dois avouer que pour un texte de niveau introductoire, c'est un des meilleur que j'aie lu.

Le livre introduit tous les concepts fondamentaux des processeurs modernes : pipelines, processeurs superscalaires, exécution dans le désordre, architecture de cache, conception des jeux d'instruction. Le tout est illustré par des processeurs réels comme la série des pentium et des PowerPC. On voit dans un certain détail les architectures des pentium, pentium pro, PII, PIII, P4, et x86-64, les pentium M, cores et cores 2; de même que les PowerPC 600, 700, G4 et G5.

Le style est clair quoique peut-être un peu familier. Aussi, l'auteur a tendance à introduire des acronymes sans les définir, ou du moins, les définir ailleurs où il est parfois difficile de retrouver la définition — par exemple, ISA (instruction set architecture) est mentionné pour la première fois à la page 26 mais défini explicitement à la page 70 ! Il y a bien un indice à la page 20, mais bon ! Le livre manque aussi de références explicites. Ainsi, on trouve une bibliographie, mais aucune référence directe à partir du texte. Pour vérifier une information, il faut se tapper les cinq livres d'Intel.

L'édition spéciale Ars Technica, en couverture rigide, est imprimée en couleur. Ça rappelle la facture de nos anciens manuels du secondaire, sur papier non ciré et en couleurs primaires et pastel. Vous pouvez en zieuter un chapitre en pdf et le pdf est fidèle à la version imprimée.





©No Starch Press

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n⁰ 40 : 2006/12/31

Carl Honoré — Éloge de la Lenteur : et si vous ralentissiez ? — Marabout, 2006, 287 pp. ISBN 2-501-04487-8

Notre culture valorise la rapidité, comme si elle était la manifestation même du succès personnel. Cependant, tout y passe : le travail, nos relations, notre vie privée. Sommes-nous si possédés par la vitesse que le moindre ralentissement soit perçu comme une menace, comme une nuisance à abattre ?

Faites connaissance avec le mouvement Slow qui prône un retour à la lenteur et toutes ses vertus. Non qu'il soit question de tout faire à la vitesse d'un escargot narcoleptique, mais plutôt qu'il faille prendre le temps de faire les choses selon leur tempo giusto : soit ça prend le temps que ça prend ! Carl Honoré, plutôt que de faire un traité philosophique sur le mouvement Slow, nous livre des témoignagnes venant de nombreux pays où la philosophie du Slow commence à cheminer. Si le mouvement Slow sacrifie la sacro-sainte vitesse, il promet de redonner la qualité de vie perdue dans la course à l'efficacité.





©Marabout






n⁰ 39 : 2006/11/20

Alexandre Bourbaki — Traité de balistique — Alto, 2006, 272 pp. ISBN 2-923550-02-1

Le blurb promet de nous faire oublier nos leçons de physique, mais tout ce qu'on y trouve, ce sont 19 récits décousus ayant chacun pour thème un aspect de la physique moderne, des sujets tournant autour du temps, de la gravité, du chaos et de l'entropie. Sans être inintéressants, les récits m'ont laissé sur ma faim; les allusions sont souvent trop évidentes, et une petite équation fractale typographiée en LaTex, c'est un beau clin-d'œil mais ça n'est pas suffisant pour satisfaire ma grand-faim.

Il s'agit d'un collectif (Sébastien Trahan, Bernard Wright-Laflamme, Nicolas Dickner) mais le style littéraire est uniforme, on ne devine pas la multiplicité des auteurs. Cependant, ça me paraît d'une prétention finie de prendre pseudonyme faisant référence à Nicolas Bourbaki. C'est comme signer un manuscrit Einstein Jr ou Erdős.





©Alto

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n⁰ 38 : 2006/09/15

Pierre Desproges— Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis — Le Seuil, 1985, 148 pp. ISBN 2-02-032436-9

Pierre Desproges nous propose une parodie de dictionnaire, un peu comme le Devil's dictionary d'Ambrose Bierce, mais avec les pages roses comme le Larousse. Comme le Larousse, chaque section commence avec une image, sauf que c'est la même, à répétition, avec un sous-titre loufoque. Les définitions des mots (au nombre de 52, 26 pour les noms communs et 26 pour les noms propres) sont tout aussi déjantées.

Autant j'ai ri pour le dictionnaire, autant j'ai trouvé le Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis (du même auteur, évidemment) d'un ennui mortel, pour ne pas dire à chier. Un mélange de racisme, misogynie et de nombrilocentrisme passé date. C'est comme se retrouver coincé 8h dans un ascenseur avec un Français chiant qui se trouve drôle et supérieur.



La femelle du kamikaze s'appelle la kamikazette. Plus fluette que le mâle, il suffit de la pousser du haut d'un tabouret pour qu'elle plonge sur la moquette en imitant le cri de l'ULM et en hurlant les mêmes conneries, mais un ton au-dessus.




J-Y. Cousteau mimant le
mégathérium aux journées
médicales de Mexico






n⁰ 37 : 2006/09/15

Robert M. Pirsig — Zen and the Art of Motorcycle Maintenance — Harper Perennial, 1999, 446 pp. ISBN 0-06-083987-2

Pirsig n'est pas le premier philosphe voulant faire l'unification de la pensée orientale et la pensée occidentale, entre le mysticisme et la rationalité, la Science.

Dans la forme, le livre est une espèce de long road movie, où le narrateur traverse les États-Unis à moto, avec son fils Chris, tantôt accompagnés d'amis, tantôt seuls. Chaque segment du voyage sert de chautauqua, espèce d'enseignement péripatéticien où un aspect de la réalité, de la relation entre la rationalité et l'appréciation subjective (la "vision romantique") est explorée. Le concept central, la Qualité, est censé représenter l'unification objective, absolue de la raison et des valeurs; une espèce de métaraison. Peut-être ce que serait le buddha-mind.

La dualité raison / romantisme est illustrée par la double personnalité (au sens psychiatrique) du narrateur, l'une étant "zen", l'autre étant dévorée par la rationalité, ou du moins par la quête de l'unification de l'objectivité et de la subjectivité.

Le discours, dans sa forme, m'a cependant apparu prétencieux. Ça a peut-être à voir avec le nombre de fois que le personnage principal (ou au moins un de ses aspects) rappelle au lecteur comment il est incroyablement intelligent. Ça a peut-être aussi à voir avec la prétention de comprendre l'ensemble de la réalité de façon unifiée. Mis à part ce léger agacement, c'est une lecture très intéressante; bien que je ne partage pas entièrement son point de vue.

Le livre, pour le reste, n'a pas grand chose à voir avec Zen, et pas grand chose à voir avec l'entretient des motos non plus.



Not everyone understands what a completely rational process this is, this maintenance of a motorcycle. They think it's some kind of a "knack" or some kind of "affinity for machines" in operation. They are right, but the knack is almost purely a process of reason, and most of the troubles are caused by what old time radio men called "a short between the earphones," failures to use the head properly. A motorcycle functions entirely in accordance with the laws of reason, and a study of the art of motorcycle maintenance is really a miniature study of the art of rationality itself.


So the thing to do when working on a motorcycle, as in any other task, is to cultivate the peace of mind which does not separate one's self from one's surroundings. When that is done successfully, then everything else follows naturally. Peace of mind produces right values, right values produce right thoughts. Right thoughts produce right actions and right actions produce work which will be a material reflection for others to see of the serinity at the center of it all.




©Harper Perennials






n⁰ 36 : 2006/09/15

Berhnard Edmaier, Angelika Jung-Hüttl — Le chant de la Terre — Phaidon Press, 2004, 232 pp. ISBN 0-7148-9413-3

Si La Terre vue du ciel d'Arthus-Bertrand revêt un aspect onirique et profondément humain, le Chant de la Terre présente des paysages insolites, extravaguants, colorés et mystérieux. Volcans, marais salins, geisers, glaciers, déserts, deltas, atols, cañons… Des paysages incroyables qui invitent au rêve et à la contemplation.





©Phaidon Press






n⁰ 35 : 2006/09/03

Denis Boyard, Gilles Martin — Photographier la nature dans tous ses milieux — Édition de la Martinière, 2000, 312 pp. ISBN 2-7324-2665-2

Sur la couverture, une grèbe à cou noir pondant son œuf, mais sous un angle plutôt inhabituel ! Gros plan sur l'œuf à peine émergé. Cela donne le ton de la photographie dans ce livre; lequel est censé être un guide de la photo en nature. Tous les environnements y passe : marais, déserts, banquises, fonds marins, forêt tropicale, lions, oiseaux, lézards, poissons, guépards ! Le discours s'articule au tour des trucs présentés pour saisir la photo sous le meilleur angle dans un environnement donné. Que ce soit le camouflage, les caches, l'équipement, tout est exposé dans le détail.

Le tout est richement illustré de photos positivement superbes. Le photographe, Gilles Martin, est de réputation internationale. Ses photos ont été publiées dans les prestigieux National Geographic et Géo.





©Éd. La Martinière







n⁰ 34 : 2006/08/17

Dave Taylor — Wicked cool shell scripts - 101 scripts for Linux, Mac OS/X, and Unix Systems — No Starch Press, 2004, 348 pp. ISBN 1-59327-012-7

Une orgie de petits scripts tordus vous attend dans les pages de ce petit livre sur le scripting unix. Lisez d'abord Linux Shell Scripting with Bash (n⁰ 32) pour ne pas trouver la pente trop raide et plongez-vous dans ces scripts amusants, bizarres, mais tous curieusement (potentiellement) utiles. Faites le tour en 101 scripts des petites difficultés du scripteur: valider des dates, filtrer des fichiers grâce aux regexp, forcer la main du cronjob dæmon, siphonner les pages web pour extraire les nouvelles, etc.

La pente sera raide si vous ne connaissez pas Bash du tout, mais les scripts donnés en exemple ont une qualité rare: ils sont clairs. Bien structurés, des noms de variables bien choisis, et la petite horreur — que le script est justement censé démontrer &mdash est contenue sur une ligne ou deux, ou du moins, est bâtie très incrémentalement des scripts précédents.





©No Starch Press







n⁰ 33 : 2006/08/15

Arnold Robbins, Nelson H. F. Beebe — Classic Shell Scripting — O'Reilly, 2005, 538 pp. ISBN 0-596-00595-4

Alors que Linux Shell Scripting with Bash (n⁰ 32) se concentre sur le langage lui-même, ce livre se concentre sur l'interaction entre les scripts Bash et les utilitaires tels que sed, awk, wc, cut, et toute la petite famille.

Sed, awk, wc, que de gros mots ! Au fil des chapitres, vous apprendrez à les utiliser pour mener à bien des tâches limitées, mais qu'il serait laborieux (ou impossible) de réaliser avec la seule aide de Bash. Bash seul, en effet, ne saurait vous être d'une grande utilité si vous n'avez que ce livre en main: les variables ne sont présentées qu'au chapitre 6, et le langage est couvert d'une façon somme toute superficielle ! Cependant, chaque chapitre contient des exemples assez détaillés d'utilisation de awk, des expressions régulières et d'utilitaires variés tels que crontab, ps, chown, les uid, etc. S'il ne s'agit pas vraiment d'une introduction à Bash, ça sera une bonne introduction à la programmation shell "système".





©O'Reilly







n⁰ 32 : 2006/08/10

Ken O. Burtch — Linux Shell Scripting with Bash — Developer's Library / Sams Publishing, 2004, 412 pp. ISBN 0-672-32642-6

Un bon livre pour débuter la programmation shell script avec Bash. Bien qu'il existe une variété de shells pour Linux, Bash est sans doute le plus populaire. Ce langage, bien que moins tordu que Perl, présente un certain nombre de difficultés et de surprises. Ce livre se veut une introduction tout en douceur au scripting Bash.

Chaque chapitre aborde un aspect de la programmation shell script —  les bases, les variables, les expressions, le debugging, les scripts et le job control, la sécurité, entre autres — et est illustré de nombreux exemples simples mais pertinents. Chaque chapitre est terminé par une liste des commandes utilisées dans le chapitre, avec la liste des options pour chacune.

La typographie laisse cependant à désirer : alors qu'en Bash il soit crucial de faire la différence entre 'x', `x`, "x", on trouve souvent `x´, ou encore ``x´´, ce qui est un peu fourrant. Les caractères en gras, italique, ou autres, chaque type étant censé représenter ceci ou cela, sont aussi un peu laissés pour compte.

Une référence raisonnable pour qui débute la programmation Bash.





©Sams Publishing






n⁰ 31 

Martin Blais — Sacré Moyen Âge! — Bibliothèque Québécoise, 2002, 256 pp. ISBN 2-89406-212-5

Martin Blais s'attaque aux mythes entretenus au sujet du Moyen Âge à travers 18 chapitres indépendants. Les sujets vont de la durée du Moyen Âge telle qu'acceptée par les historiens jusqu'au sens de la fête, en passant par la sorcellerie, les bains publics, la débauche des papes, et les prisons « auberges. »

Découvrez un Moyen Âge surprenant, loin des idées ordinairement véhiculées : progressif, anti-clérical, inventif et humain. L'auteur n'hésite pas à détruire les vieilles théories, écorchant au passage tel ou tel auteur qui perpétue des interprétations erronées de textes médiévaux. Avec des références à la culture moderne et une petite dose de sacarsme, le texte est vivant et de lecture facile; je suis passé au travers en quelques heures.





©Bibliothèque Québécoise






n⁰ 30 

Corrine Atlan, Zéno Bianu — Haïku : Antologie du poème court japonais — NRF/Gallimard, 2002, 240 pp. ISBN 2-07-041306-3

Une anthologie du haïku, ce poème souvent énigmatique de 5, 7 puis 5 syllables. Des poèmes qui parlent de l'instant qui fuit, des poèmes qui parlent des choses immuables. Un jeu sur l'éternité, un jeu sur l'éphémère. À lire dans un mood méditatif.



Nuit sans fin —
je pense
à ce qui viendra dans dix mille ans

Shiki



©NRF






n⁰ 29 

Nancy Leach — Insultes et injures pour avoir le dernier mot — Québecor, 2002, 160 pp. ISBN 2-7640-0667-5

Petit guide des insultes en tout genre. Rien de très songé, mais plutôt divertissant: insultes aux cons, aux épais, aux imbéciles, aux stupides, aux laids (et aux très laids), aux répugnants, aux malodorants, aux filles prépubères, aux anorexiques, aux gros(ses), aux achalants, aux énervants, aux hypocrites, aux méchants, aux menteurs, aux prétentieux et autres trous de cul, aux séducteurs ratés, aux losers, aux lents, aux paresseux, aux démodés, aux quétaines, aux chauves, aux ivrognes, aux vendeurs, aux avares, aux cheaps, aux gratteux... Un langage cru et souvent vulgaire. Des heures de plaisir.



Insulter un faible est lâche, et insulter quelqu'un qui ne le mérite pas l'est encore plus. User de grossièretés, de blasphèmes, fulminer contre un imbécile, un con, un méchant, est non seulement bénéfique pour vous, mais aussi pour l'ensemble du monde.






n⁰ 28 

André Noël — Le style : Conseils pour écrire de façon claire et vivante — Les Éditions La Presse, 2005 204 pp. ISBN 2-923194-14-4

Ce guide s'adresse principalement aux journalistes, mais sera utile à tous ceux qui s'intéressent à la communication écrite. André Noël nous dispense ses conseils pour une écriture somme toute minimaliste : sans fioritures, sans nuances malvenues, sans ambiguïté. La plupart des techniques s'appliqueront à d'autre types de communications, y compris les scientifiques.

Chacun des huit chapitres se concentre sur un aspect particulier de l'écriture, comme éviter les mots abstraits et limiter la complexité des phrases, minimiser les adjectifs et adverbes. Certains de ces aspects sont plus journalistiques par leur nature, par exemple, comment bien questionner une source possiblement récalcitrante ? Qu'est-ce qui constitue une bonne citation ? Comment écrire un lead aguichant pour le lecteur ?

Le tout est illustré de maints exemples, et agrémenté de commentaires à la limite du sarcastique.





©Les Éditions La Presse







n⁰ 26—27 

Randall Hyde — Write Great Code Volume 1: Understanding the machine — No Starch Press, 2004, 448 pp. ISBN 1-59327-003-8

Randall Hyde — Write Great Code Volume 2: Thinking low-level, writing high-level — No Starch Press, 2006, 618 pp. ISBN 1-59327-065-8

Volume 1 — Ce premier volume (le moins intéressant à mon avis) est entièrement introductoire. On y voit d'abord les représentations élémentaires de l'information dans un ordinateur: bases, entiers, virgule flottante, codes de caractères, opérations binaires, logiques, stockage des strings, des tableaux, des types structurés, etc. La seconde partie présente l'architecture matérielle de l'ordinateur: CPU, instructions, la hiérarchie de la mémoire (registres, cache, mémoire centrale, disques), les entrées/sorties. Donc, les éléments que l'on veut essentiels pour comprendre l'optimisation des programmes. Cependant, si vous êtes déjà familier avec l'informatique, vous trouverez probablement ce volume d'un intérêt modéré.

Volume 2 — Le second volume se concentre essentiellement sur la traduction des constructions d'un langage de haut niveau (C, Pascal, etc.) en instructions CPU. On y présente donc de façon sommaire le processus de compilation: analyse, génération de code intermédiaire, optimisations et génération du code final. On y présente quelques outils pour examiner la qualité du code généré par votre compilateur préféré. L'accent est mis sur les optimisations que le compilateur est capable de faire avec l'aide du programmeur. Pourquoi telle ou telle construction est préférable à telle ou telle autre ? Comment le compilateur gère-t-il les différents éléments de votre programme: mémoire, code, données ?

L'approche du second volume est intéressante. Pour chaque construction familière de votre langage de haut niveau préféré (if, while, appel de fonction, passage de paramètres, etc.), on voit comment le compilateur génère le code, gère la mémoire et comment on peut généralement augmenter l'efficacité du code généré grâce à des transformations mineures du code source.

Le second volume comporte une certaine redondance avec le volume 1. On y revoit certains concepts et on y trouve, çà et là, les mêmes graphiques ! J'ai aussi remarqué que l'auteur est vraiment un « gars d'assembleur » et ne semble pas connaître le C/C++ outre mesure — il semble les confondre comme s'il s'agissait d'un seul langage. En particulier, il semble ignorer le standard C99 (à quelque reprise on trouve des affirmations qui vont contre le standard), ou qu'en C++, une méthode non-virtuelle n'est pas forcément static. Je déplore aussi que les techniques présentées soient essentiellement des optimisations de type peephole, c'est-à-dire essentiellement locale et à petite échelle, et qu'on ait évacué assez rapidement l'aspect algorithmique de la chose après en avoir briévement discuté.

Outre ces quelques bémols, l'ensemble est d'une lecture agréable et détaillée. Ne vous attendez pas à des révélations qui vont transformer à jamais votre façon de programmer, mais ça vaut quand même la lecture: vous trouverez peut-être réponses à des questions que vous vous posiez depuis longtemps.

Le site du volume 1 et du volume 2.



    

images ©No Starch Press


Volume 1:
Volume 2:




n⁰ 25 

Édouard Launet — Au fond du labo, à gauche — Points/Science, 2004, 192 pp. ISBN 2-02-086113-5

Est-ce que les pingouins tombent vraiment sur le cul quand ils regardent passer les avions au dessus de leurs têtes ? Est-ce qu'il est possible de créer la bretelle de brassière qui ne descend pas tout le temps ? Comment un enfant de cinq ans a pu obtenir le brevet 6,368,227 ? Pourquoi les publications de médecine légale ont toujours des articles sur qui s'est inséré quoi dans l'… ? Est-ce que les Martiens pètent ?

Dans cette collection de petits chapitres, qui n'est pas sans rappeler Comment voyager avec un saumon, Launet se paye la gueule de nos amis les scientifiques. En faisant le tour de ce qu'il appelle « la science champagne », il nous présente les études farfelues, ou du moins, celles qui lui paraissent farfelues. C'est une lecture rapide, somme toute divertissante.





©Points/Science






n⁰ 24 

Arthur Schopenhauer — L'art d'avoir toujours raison — Mille et une nuits, 2000, 96 pp. ISBN 2-84205-301-X

Dans cette œuvre mineure, Schopenhauer nous présente 38 stratagèmes pour gagner une discussion animée; pour convaincre nos adversaires de la véracité de notre position — réelle ou prétendue. Reprenant les tactiques de la rhétorique aristotélicienne, il détaille chaque stratagème avec des exemples, le tout copieusement arrosé de locutions latines (il faut dire que ç'a été écrit vers 1850.) Idéal pour les ostineux.

Un des attraits de cette série, Les mille et une nuits c'est que chaque livre est très bon marché: 2½ €, soit environ 4 $. Le catalogue des titres est aussi très fourni.

per fas et nefas — veritas est in puteo — ex concessis — exemplum in contrarium — contra negantem principia non est disputandum — status contraversiæ — intellectus est lumen




©Mille et une nuits







n⁰ 23 

Alan C. Bovik, ed. — Handbook of image and video processing — Elsevier, 2005, 1372 pp. ISBN 0-12-119792-1

Composé d'une série de chapitres plus ou moins indépendants, à mi-chemin entre le textbook et l'encyclopédie, ce livre est une référence incontournable pour le traitement de l'image et de la vidéo.

La liste des sujets — très longue — progresse des notions les plus simples (traitement d'image de base, seuillage, segmentation, etc.) jusqu'aux sujets les plus pointus comme le rehaussement d'image en microscopie, en passant par la compression d'image, l'acquisition d'image, les modèles de la vision humaine, la discrétisation de couleur et le marquage filigrane (watermarking.)

Chaque section est écrite par des experts sur le sujet. Alan Bovik n'est que l'éditeur; ce livre comporte des centaines de collaborateurs ! 1372 pages de titillement neuronal.





©Elsevier






n⁰ 22 

Petr Beckmann — A History of π — Barnes & Noble, 1993, 202 pp. ISBN 0-8802-9418-3

Beckmann nous propose une brève histoire du nombre π, célébré entre tous, autant par les mathématiciens que les fêlés du pot et de la machine à mouvement perpétuel. L'auteur nous mène de l'Antiquité jusqu'au « Computer Age », le tout parsemé de remarques sarcastiques et inutilement condescendantes, à l'égard, par exemple, de grands hommes comme Edmond Halley, qu'il réduit à un vague sous-fifre de Newton.

D'un point de vue purement mathématique, c'est léger. La première partie du livre se consacre aux méthodes essentiellement géométriques, si chères aux Anciens. En fait, c'est tout à fait nécessaire car aucun progrès substentiel ne s'est opéré entre les Grecs et la renaissance (ou plus exactement, l'introduction des chiffres hindo-arabes en Occident), et c'était donc toujours les mêmes méthodes qui étaient reprises et remâchées. Les constructions acceptables pour les Grecs n'avaient recours qu'à la règle et au compas, et ces règles ont dominé la pensée géométrique jusqu'à une période tardive. La seconde partie est consacrée à la renaissance des mathématiques et aux méthodes non-géométriques du calcul de π. On y trouve les méthodes proposées par Newton, Euler, Gauss, et quelques autres grands. Enfin, en guise d'appendice, un seul chapitre sur les ordinateurs et le calcul de π. En 1971, l'année où ce livre a été écrit, il aurait été difficile de prévoir les avancées informatiques réalisées vers la fin du XXè siècle.





©Barnes & Noble






n⁰ 21 

Guy Bertrand — 400 capsules linguistiques — Lanctôt, 1999, 200 pp. ISBN 2-89485-082-4

Guy Bertrand — 400 capsules linguistiques II — Lanctôt, 2006, 272 pp. ISBN 2-89485-347-5

Le sympatique ayatolha de la langue de Radio Canada, Guy Bertrand, nous présente 400 capsules linguistiques. D'abord diffusée à la radio, chaque capsule expose une difficulté de la langue française.

Faut-il dire à chaque jour, ou simplement chaque jour ? Est-ce que la souffleuse passe sur la rue, ou faut-il plutôt parler du chasse-neige qui passe dans la rue ? La langue française est décidément bien capricieuse !



    

images ©Lanctôt






n⁰ 20 

François Parenteau — Délits d'opinion: chroniques d'humeur... et rien d'autre — Lanctôt, 2005, 200 pp. ISBN 2-89485-348-3

Tiré du blurb:

Pendant huit ans, François Parenteau, membre des Zapartistes, a livré une chronique d'humeur et d'humour à la radio de Radio-Canada. Mais, le 15 décembre 2005, la SRC l'a congédié, estimant que ses propos « ressemblaient trop à de l'éditorial. »

Le battage médiatique du livre s'est fortement appuyé sur le fait que la société d'état, Radio Canada, l'aurait congédié pour avoir trop bien rempli son mandat, c'est-à-dire donner son opinion1,

Même si l'auteur démontre un certain humour, et qu'il exprime tout haut ce que probablement tout le monde pense tout bas, le livre n'est pas tout à fait à la hauteur de mes attentes, considérant le battage médiatique dont il a fait l'objet. Oui, Parenteau est drôle, et oui, clairement, il donne son opinion et le donne très bien; quant à la grosse contreverse, hm! moins sûr. Ses propos ne sont jamais vraiment grossiers, mais jamais voilés non plus; pertinent rétroactivement — car ses chroniques s'appuyaient à l'origine sur des évènements tirés de l'actualité immédiate — mais ultimement assez léger. Le style est clair, simple et du fait, on passe au travers du recueil en quelques heures. Je dois reconnaître que je n'en ai pas tiré grand-chose d'autre qu'un certain amusement.





©Lanctôt




1 Jocelyn Desjardins — L'affaire Parentau : Une censure nommée diversité — Le Devoir, édition du mardi 17, janvier 2006.





n⁰ 19 

Steve Oualline — How not to programm in C++ : 111 Broken programs and 3 working ones, or why does 2 + 2 = 5986? — No Starch Press, 2003, 270 pp. ISBN 1-886411-95-6

Si vous aimez les bug of the month de Gimpel, ce livre est pour vous, étant essentiellement dans le même esprit. L'auteur présente 111 programmes, et à vous de deviner ce qu'ils ont comme problème(s). Portabilité, memory models, pointeurs, calculs en virgule flottante, tout y passe. Vraiment amusant.

Les snippets subtilement défectueux sont accompagnés de petites anectodotes, du genre « Real Programmers don't... » ou encore « comment ça, un modem ça marche pas sous six pieds d'eau ? » Les anecdotes n'apportent rien de plus au livre, si ce n'est qu'un device typographique pour boucher les trous entre les listings, mais elles se lisent quand même.

Cependant... l'auteur ne semble pas décidé s'il fait du C ou C++. On trouve beaucoup d'archaïsmes ( du genre << '\n'; au lieu << endl; .) Il y a aussi un certain nombre d'erreurs typographiques ( on est censé trouver que default: est mal écrit, sauf que la faute de frappe volontaire qui l'aurait transformé en defualt: a été corrigé dans le programme qui est censé mettre en évidence ce genre de bugs — je ne pouvais bien pas voir le problème!)





©No Starch Press






n⁰ 18 


J. C. Suarès — Chats — Flammarion, 2004, 384 pp. ISBN 2-0820-1344-8

Dieu l'a fait dans sa grande bonté pour que l'homme puisse caresser le tigre.

— Alexandre Vialatte


Un livre qui explore le rapport de l'homme au chat, avec une sélection de poésies, proses, citations d'auteurs célèbres accompagnant une riche collection de photographies. Certaines sont à la limite du bon goût (un chat avec des lunettes à la Elton John, c'est de la cruauté sur les animaux) mais la plupart est d'une grande sensibilité.



On dirait que je dors,
parce que mes yeux s'effilent
jusqu'à sembler le prolongement
du trait velouté, coup de crayon hardi,
maquillage oriental et bizarre,
qui unit mes paupières à mes oreilles.
Je veille pourtant.
Mais c'est une veille de fakir,
une ankylose bienheureuse
d'où je perçois tout bruit
et devine toute présence…

Colette




Photo ©Walter Chandoha






n⁰ 17 

Kazuyoshi Nomachi — Pèlerinages: 30 ans de grands reportages à travers le monde — National Geographics, 2005, 500 pp. ISBN 2-84582-163-8

Kazuyoshi Nomachi nous propose un récapitulatif de sa carrière de photojournaliste. Son périple nous entraîne au Sahara, au Tibet, en Inde, sur le Nil, aux Andes... Chaque région nous est exposée au travers de paysages — grandioses, à chaque fois — et surtout, et paradoxalement, de leur côté humain.

Il est difficile de ne pas être pénétré de la beauté des paysages, ces paysages qui ont la fantastique capacité de nous ramener à notre dimension réelle de petit animal fragile.

Cependant, un bémol. Le texte est quelconque, en prose, sans être particulièrement poétique, ni totalement ennuyant; on s'en lassera toutefois assez rapidement. Heureusement, c'est un livre que l'on n'achetera pas pour le texte, mais pour les belles images.





©National Geographics






n⁰ 16 

Museum Ludwig Cologne — La photographie du 20e siècle — Taschen, 2005, 760 pp. ISBN 3-8228-4084-X

D'Amsel Adams à Piet Zwart, quelques centaines de photographes qui ont marqué la photographie au XXe siècle. L'ouvrage présente chaque photographe par une courte biographie ainsi que ses œuvres marquantes. Un soin évident à été porté à la reproduction des photographies; l'impression est d'une grande qualité.

Cependant, comme dictionnaire, ce livre présente des faiblesses. Si les auteurs sont présentés alphabétiquement, l'absence d'index thématique ou tout simplement d'index alphabétique limite son utilité en tant qu'ouvrage de référence efficace. Aussi, bien que manifestement bien documenté, on déplorera l'abscence totale de références externes.





Photo ©Charlotte March






n⁰ 15 

Suzanne Brûlotte, Gilles Vigneault — Les oiseaux au fil des saisons — Broquet, 2005, 144 pp. ISBN 2-89000-646-8

Suzanne Brûlotte, une photographe d'expérience, une ornithologue passionnée, partage son grand amour de la nature, en particulier des oiseaux, dans ce livre tout simplement magnifique, riche en photos sublimes, rehaussées d'un texte signé Gilles Vigneault.

La beauté de la nature exposée en deux cent photographies; une présentation extrêmement soignée, au rythme des saisons.





Photo ©Suzanne Brûlotte


Une saison pour semer
Une saison pour attendre
Les automnes les plus tendres
Ont pris source au mois de mai








n⁰ 14 

Andrew « bunnie » Huang — Hacking the XBox — No Starch Press, 272 pp. ISBN 1-59327-029-1

Ce livre nous présente l'architecture matérielle du Xbox, essentiellement un PC conventionnel basé sur un chipset nVidia et un CPU Pentium III. Là où ça devient intéressant, c'est que le Xbox contient une architecture d'authentification cryptographique. On pourrait d'abord penser que c'est parce que le méchant Microsoft (qui fabrique les Xbox à perte) veut vous empêcher de rouler, disons, Linux (en effet, ça serait quand même ironique que Microsoft subventionne des PC Linux) mais l'intérêt pour Microsoft est tout autre. Pour pouvoir vendre des services online, il faut assurer aux utilisateurs un environnement non trafiquable. Personne ne voudrait payer un abonnement à un jeu online si n'importe qui peut spoofer les stats de son personnage et planter tout le monde.

Huang nous présente d'abord quelques bricolages amusants comme comment changer les LEDs sur la Xbox, ou comment convertir les câbles de manettes en câbles USB pour y ajouter clavier et souris. Il y a aussi une assez grande partie du livre qui est consacrée aux techniques de soudure et de bricolage électronique.

La partie intéressante (selon moi) c'est la partie où le système d'authentification cryptographique de la Xbox est décrit et contourné.

On y trouve aussi des informations sommaires sur Linux pour Xbox, et aussi les risques légaux auxquels un hacker s'expose s'il manipule une Xbox, ou tout autre machine de ce type.





©No Starch Press






n⁰ 13 

Sophie Bouet, Isabelle Raimond, eds. — Tous les pays du Monde — Tana Editions, 408 pp. ISBN 2-84567-267-5

Kiribati ? Sainte-Lucie ? Samoa ? Tuvalu !?

Ces pays vous disent quelque chose ? Ce livre vous propose un tour du monde en 400 pages... Vous y trouverez chacun des 192 pays reconnus par l'ONU, présenté avec de nombreuses photos. D'une part, on trouve une série de « petites » photos, une mosaïque des points intéressants, et une « grande » photo signée par un photographe de renom.

C'est difficilement un atlas, bien qu'on y trouve, accessoirement, les drapeaux et les données démographiques sommaires de chacun des pays, monnaie, population, superficie, etc., c'est plutôt un prétexte pour nous présenter de très belles photographies.





©Tana Editions







n⁰ 12 

T. F. Peterson — Nightwork — MIT Press, 2003, 178 pp. ISBN 0-262-66137-3

Une histoire des farces & attrappes montées par les étudiants du MIT qui nous laisse tout à fait sur notre faim. D'abord, le livre n'est plus ou moins qu'une énumération assez platte des hacks, et ne contient aucune information technique, ce qui m'a grandement déçu. En effet, j'aurais aimé trouver des plans, des croquis détaillés, voire du code. La documentation consiste essentiellement en d'assez mauvaises photographies noir et blanc (la qualité d'impression des images est inférieure à ce que j'aurais espéré) et quelques photographies couleurs.

Le livre se veut une initiation à la culture du MIT. De ce côté là aussi, j'ai été déçu. Enfin: à emprunter, mais pas à acheter.





©MIT Press







n⁰ 11 

Joel Spolsky — Joel on Software (and on diverse and occasionally related matters that will prove of interest to software developers, designers, and managers, and those who, whether by good fortune or ill luck, work with them in some capacity) — Apress, 2004, 368 pp. ISBN 1-59059-389-8

On retrouve, colligées et unifiées, les méditations que l'on retrouve partiellement sur son site Joel on Software. C'est un tour d'horizon des difficultés et embûches qui attendent non seulement les programmeurs mais les gens qui, d'une façon générale, (comme on peut le déduire du titre, d'ailleurs) qui œuvrent dans le domaine de l'informatique et qui cherchent à comprendre le marché.

Le livre présente la notion de craftmanship, où talents et méthodes se fondent pour créer des logiciels de qualité supérieure. Spolsky nous présente des méthodes pour non seulement s'assurer de la qualité technique du logiciel, mais de la qualité du logiciel du point de vue de l'usager. Un logiciel qui est techniquement avancé, robuste, mais qui ne convient aucunement aux besoins de sa clientèle-cible, imaginée ou réelle, ne sera jamais un succès. Un logiciel qui est plus simple, tout en restant robuste, qui répond bien aux attentes des usagers a de bien meilleures chances de s'imposer. Pourquoi un logiciel comme excel a-t-il réussi à s'imposer, puis à éradiquer Lotus 1-2-3, qui, pourtant, occupait pourtant tout le marché ? Non, c'est pas parce que Microsoft sont de gros méchants gangsters...

Malgré son style parfois délirant1, Joel Spolsky reste tout en nuance. À éviter pour les amateurs de Noir et Blanc.





©MIT Press




1 Une de mes préférées:

Turbo Pascal was sort of shocking, since it basically did everything that IBM Pascal did, only it ran in about 33K of memory including the text editor. This was nothing short of astonishing. Even more astonishing was the fact that you could compile a small program in less than one second. It's as if a company you had never heard of introduced a clone of the Buick LeSabre which could go 1,000,000 MPH and drive around the world on so little gasoline than an ant could drink it without getting sick.







n⁰ 10 

Joel Spolsky — User Interface Design for Programmers — Apress, 2001, 144 pp. ISBN 1-893115-94-1

Ce livre ne se veut pas une grande étude psychologique sur le design d'interfaces usagers. C'est en fait une série de constats qui découlent du gros bon sens et qui tente d'expliquer pourquoi certaines interfaces sont positivement ridicules, chiantes, et abrutissantes. Vous vous êtes vous déjà demandé pourquoi avec Windows XP c'est un chien qui vous demande quel type de fichier vous cherchez, la dernière fois que vous l'avez vu, si c'est un petit, moyen ou gros fichier, alors que de toute façon, vous voulez juste tapper hamster.mp3 ?

Il nous explique aussi pourquoi le find setup wizard est le stupidest dialog ever.


Stupidest dialog ever


Ce dialogue, qui se veut aidant, pose une question technique, trop technique, au moment où, en réalité, l'utilisateur n'en a rien à foutre, et il n'en aurait rien à foutre même s'il connaissait tous les détails du help engine.

Le discours est articulé autour d'un concept élusif, mais crucial: le user model. Ce que le programmeur écrit, ce que le programme fait, ce qu'il devrait faire, ce qu'on voudrait qu'il fasse, c'est le program model. Or, le program model, c'est ce que le programme impose aux usagers, alors que le user model, c'est ce que les usagers attendent, conçoivent, veulent des programmes. Pourquoi un usager typique — pas un Ph. D. en informatique, mais votre grand-mère — s'attend que tel bouton soit clickable alors qu'un autre, bien que clickable, lui apparaît comme un label ?

Il ne s'agit définitivement pas d'un livre technique (d'où la demi étoile ) puisqu'il n'y a simplement aucune ligne de code. Mais c'est un livre que tous les programmeurs d'interfaces (et même les autres) devraient lire, et, plutôt que de se trouver full hot, commencer concevoir les interfaces en fonctions des utilisateurs. C'est un art, je vous assure.



A user interface is well designed when
the program behaves exactly how the
user thought it would





©MIT Press






n⁰ 9 

Normand Baillargeon — Petit cours d'autodéfense intellectuelle — Lux, 2005, 344 pp. ISBN 2-89596-006-2

Si nous avions un vrai système d'éducation, on y donnerait des cours d'autodéfense intellec­tuelle.

Noam Chomsky


Le livre se veut essentiellement un guide de détection de poutine. Qu'est-ce que la détection de poutine ? C'est la détection de toutes les malhonnêtetés intellectuelles, des paralogismes — ces formes qui ressemblent à de la logique mais n'en sont pas — et les tactiques de désinformation, de manipulation des données, etc. Ce petit texte vous introduit à la discipline de la pensée critique, où le citoyen adopte une attitude d'autodéfense vis à vis les messages avec lesquels on l'innonde.

Baillargeon passe en revue les différents outils du poutineur: les choix de langage (ce produit peut empêcher ceci ou cela), la logique et les paralogismes, les mathématiques malmenées (en particulier les probabilités et la statistique), les erreurs induites par l'expérience personnelle, le common sense, les pseudo-sciences ( astrologie, graphologie, auromancie et mentalistes), et enfin comment on peut définir une « vraie » science.



Le site du livre chez l'éditeur.

Entrevue de l'auteur avec Marie-France Bazzo




©Lux







n⁰ 8 

Joel Spolsky, éd. — The Best in Software Writing I —  Apress, 2005, 310 pp. ISBN 1-59059-500-9

Joel Spolsky (de www.joelonsoftware.com) présente une série de textes qui présentent les aspects sociologiques, cognitifs, légaux et interpersonnels du logiciel. Les sujets sont diversifiés: Danah Boyd nous explique pourquoi les logiciels « sociaux1 » sont autistiques, Paul Graham (sans s'étouffer dans sa propre subtilité) nous dit comment attirer les Great Hackers dans sa boîte, Cory Doctorow nous explique pourquoi les lois américaines pour l'Internet sont d'une stupidité finie et devraient rester hors du Canada, et des cartoon foxes nous présentent Ruby.

Le livre est un mélange déconcertant de sagesse et de niaiseries. Mais les niaiseries sont quand même bien choisies et leur effet est toujours celui escompté (you'll get the point.) Mon article préféré est sûrement celui de Bruce Eckel — Strong typing vs Strong Testing — où il est question de vérification statique des types versus vérification dynamique, mais surtout des façons de tester le logiciel. Eckel nous dit: if it's not tested, it's broken, un principe que tous les programmeurs devraient comprendre et appliquer.





©Why the lucky stiff




1 Les logiciels ayant pour but l'interaction entre personne: messagerie instantanée, couriels, téléconférences, etc.





n⁰ 7 

Mark Haddon — The Curious Incident of the Dog in the Night-Time —  Knopf Publishing Group, 2004, 240 pp. ISBN 1-4000-3271-7

Le héros de ce court roman — presqu'une nouvelle dans sa forme — souffre du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme qui le rend incapable de comprendre les interactions sociales et les sentiments, les siens comme ceux des autres.

L'action se déroule autour du meurtre de Wellington, le chien de la voisine. En s'imaginant faire enquête, à la façon de son héros favori, Sherlock Holmes, le jeune Christopher John Francis Boone tentera de découvrir l'assassin de Wellington ainsi que le motif du meutre.

La force de ce livre (par opposition au livre de Hamburger sur les ninjas qui est un gaspillage de pulpe) réside dans le choix du narrateur: ce jeune garçon de 15 ans pour lequel les émotions sont incompréhensibles. Il a su rendre crédible sa condition d'autisme en nous faisant pénétrer dans son petit univers personnel franchement étrange.

Il faut dire que l'auteur, comme Oliver Sacks, a travaillé auprès des autistiques.





©Knopf Publishing Group






n⁰ 6 

Robert Hamburger — Ultimate Power: The Official Ninja Book —  Citadel Press, 2004, 196 pp. ISBN 0-8065-2569-X

Qui sont les ninjas, ces inconnus ? En tous cas, ce n'est pas dans ce livre que vous apprendrez quelque chose! Enfin, rien de très utile, en tout cas. On y apprend que les ninjas aiment se défoncer, se gonfler à bloc, s'entretuer pour un oui et pour un non, et comment une érection peut s'avérer être une arme mortelle lorsqu'utilisée par un ninja.

J'ai d'abord pensé que l'auteur avait cherché à écrire dans un style un peu débile, voire autistique, mais ce n'est pas tout à fait au point. Dans The Curious Incident of the Dog in the Night-Time, Mark Haddon restitut très bien les modes de pensée et les points de vue de son (anti-)héro autistique. Ceux qui ont apprécié les livres d'Oliver Sacks (Un Anthropologue sur Mars, Uncle Tungsten, etc.) devraient apprécier le style de Haddon.

Lisez plutôt The Curious Incident of the Dog in the (n⁰ 7)





©Citadel Press






n⁰ 5 

Martin Gardner — Codes, Ciphers, and Secret Writings —  Dover, 1972, 96 pp. ISBN 0-486-24761-9

Martin Gardner ne s'écarte jamais beaucoup des mathématiques récréatives. Ici, il signe un opuscule qui traite de cryptographie. Mais attention, pas de RSA ni de AES! Non, c'est un livre de cryptographie qu'on lira pour occuper les enfants. Il y présente quelques codes simples, des techniques de stéganographie amusantes (par exemple, écrire au jus de citron) et aussi les rudiments de cryptologie qui serviront à « casser » les cryptogrammes qu'il présente. De quoi occuper les enfants les jours de pluie.

Il pourrait aussi servir de lecture pour quelqu'un qui commence à débuter la cryptographie, peut être à lire avant The Code Book de Simon Singh.





©Dover






n⁰ 4 

Herb Sutter, Andrei Alexandrescu — C++ Coding Standards —  Adisson-Wesley, 2004, 224 pp. ISBN 0-321-11358-6

Le sujet de ce livre n'est pas comment vous nommerez vos variables. Il ne dit pas s'il faut choisir ma_variable ou variable_. Les sujets abordés sont d'ordre sémantique et organisationnels. Le livre est articulé autour de 101 « règles » qui adressent chacune un aspect bien ciblé de la programmation en C++. Les sentences (car c'est quand même un peu sentencieux) sont organisées en 12 groupes:

  1. Organisation du travail. Cette section aborde les problèmes logistiques de la programmation comme le standard au niveau syntaxique et les outils de contrôle de version tels que CVS.

  2. Design Style. Cette section est dédiée aux aspects tels que l'optimisation du code (il faut savoir optimiser à point) et la minimisation des dépendences entre les modules.

  3. Coding Style. Qu'est-ce que la const-correctness ? Pourquoi les macros du préprocesseur ne sont pas les bienvenues dans le code ?

  4. Fonctions et opérateurs. Pourquoi faut-il préserver la sémantique attendue des opérateurs ? Quels sont les pièges qui nous attendent ?

  5. Class Design. Comment le design de vos classes affecte-t-il le design de votre programme dans son ensemble ? Qu'est-ce que vous devez mettre dans une classe de base ? et une classe virtuelle pure ? Comment divise-t-on intelligemment les fonctionalités entre les classes, les fonctions friend voire même les fonctions indépendentes ?

  6. Ctor, Dtor, copy-ctor. La gestion correcte des ressources via les constructeurs et les destructeurs de classe. Pourquoi est-ce qu'une fonction swap n'est pas toujours triviale ?

  7. Namespaces et Modules. Traite du bon usage des namespaces et des classes de linkage.

  8. Métaprogrammation. Qu'est-ce que les templates ? Comment les utiliser avec soin.

  9. Structured Error Handling et exceptions. Qu'est-ce que le structured error handling pour C++ ? C'est quoi une erreur ? Quels sont les types d'erreurs et qu'est-ce que vous devez vraiment considérer comme une erreur ? Quelles sont les tactiques de gestion des « vraies » erreurs ?

  10. STL: Containers. La STL est votre amie. Le livre étant STL-centric, la présente section et la suivante abordent des thèmes qui sont liés à la STL. La première de ces sections présentent les bienfaits des containers de la STL.

  11. STL: Algorithms. Préférez les algorithms fournis par la STL à vos implémentations utilisant boucles et itérateurs.

  12. Type safety.. Portez une attention particulière à la rectitude des types, y compris la const-correctness.

Le livre est clairement STL-centric et on mentionne à peine les autres librairies comme BOOST++. Chaque item est appuyé par un exemple concret qui présente les difficultés (voire directement un bug) et la solution au problème. Le livre est aussi assorti d'une copieuse bibliographie: chaque problème, solution ou technique est lié à un article publié par une sommité sur le sujet.

C'est une lecture que je recommande autant au programmeur intermédiaire qu'au programmeur avancé. C'est cependant un peu trop technique pour le jeune padawan.





©Addison-Wesley






n⁰ 3 

Brian Hook — Write Portable Code — No Starch Press, 2005, 260 pp. ISBN 1-59327-056-9

Ce livre tente de faire comprendre aux programmeurs les défis que présente l'écriture de code portable, c'est-à-dire compilable et exécutable sur différentes plateformes. Divers langages sont abordés, mais le livre est centré sur le C et le C++.

On y rencontre les embûches classiques: l'encodage des entiers qui diffère d'un CPU à un autre, les API qui n'existent pas sur toutes les plateformes, les différences entre les compilateurs, les systèmes d'exploitation et les file systems. On voit aussi comment on peut éviter certains pièges, quite à nous aider du préprocesseur. L'emphase est mise sur le principe d'abstraction, qui consiste à construire une interface qui présente le plus petit dénominateur commun de fonctionnalité utile, ce qui permet de découpler le code principal, indépendant de la plateforme, et le code dépendant de la plateforme.

Le livre est copieusement arrosé d'exemples concrets tirés de SAL et POSH. SAL est une librairie de son qui a été portée à de nombreux systèmes, y compris Mac OS X. POSH est une librairie pour aider à portabilité: elle offre divers outils d'abstraction, qui vont de la définition des entiers jusqu'aux fonctions d'entrée/sortie. Il utilise donc du code tiré de l'un ou de l'autre pour illustrer un concept précis.

Il ne faut cependant pas tout prendre pour de l'argent comptant: l'auteur semble confondre DOS et Windows, puisqu'il écrit fréquemment DOS/Windows comme s'il s'agissait de la même chose. Il y a aussi quelques inexactitudes çà et là, y compris une équation erronnée, mais rien de majeur.

C'est une lecture que je recommande aux jeunes padawans.





©No Starch Press






n⁰ 2 

H. S. Warren, Jr. — Hacker's Delight —  Addison-Wesley, 2002, 306 pp. ISBN 0-201-91465-4

L'auteur présente des trucs computationnellement efficaces pour manipuler des bits, calculer des divisions sans utiliser l'opération de division, trouver le nombre de bits à 1 dans un mot de 36 bits, enfin, plein de trucs pour le programmeur soucieux de performance et d'obfuscation!

Rien à voir, donc, avec Hacking: The Art of Exploitation de Jon Erickson (n⁰ 1). Hacker's Delight est plutôt un guide d'astuces, de manipulations au niveau des bits pour calculer des trucs plus ou moins obscures mais dont on finit toujours, éventuellement, par avoir besoin. Parmi les sujets couverts, on retrouve: compter les bits dans un word, renverser les bits, les algorithmes de multiplication, de division, d'exponentiation rapides, des racines nièmes des entiers, les codes de Gray, les manipulations de nombres en virgule flottante, les nombres premiers, et bien d'autres.

Habituellement, je ne porte pas très attention aux blurbs, ces citations de parfaits inconnus judicieusement choisies pour mousser le contenu du livre. Cependant, le blurb trouvé sur Hacker's Delight résume assez bien ce que je pense du livre:

This is the first book that promises to tell the deep, dark secrets of computer arithmetic, and it delivers in spades. It contains every trick I knew plus many, many more. A godsend for library developers, compiler writers, and lovers of elegant hacks, it deserves a spot on your shelf right next to Knuth.

Josh Bloch



Le site du livre: http://www.hackersdelight.org/.





©Addison-Wesley






n⁰ 1 

Jon Erickson — Hacking: The Art of Exploitation —  No Starch Press, Nov 2003, 264 pp., ISBN 1-59327-007-0

L'auteur utilise des programmes défectueux pour démontrer comment on peut les utiliser pour introduire son code dans une machine et en prendre le contrôle. Les techniques présentées sont peut-être un peu simpliste et les programmes vulnérables utilisés pour les exemples sont vraiment trop mal écrits. Le lecteur aura l'impression que les exemples sont « arrangés avec le gars des vues .»

Pas totalement inintéressant, ça donne de bonnes idées sur le type de vulnérabilité que l'on peut introduire par pure négligence dans un programme. Pas assez utile pour se présenter au Hackfest le lendemain matin, mais vaut quand même une lecture. À emprunter à la bibliothèque, si c'est possible.





©No Starch Press




Légende




Intérêt. 0 — 5
  1. Pure perte de pulpe, des arbres sont morts pour rien.
  2. Peut-être joli sur une tablette, si ça matche la couleur des meubles.
  3. Non sans intérêt, mais ne présente rien qui valle le détour.
  4. Intéressant, porte à réfléchir.
  5. Provoque une cogitation intense et jouissive.
  6. Va changer votre vie à jamais, et pour vos descendants, pour les sept générations à venir. Le nom de votre prochain chien sera le nom d'un des auteurs.
Les étoiles bleues, c'est pour les livres qui n'ont rien, ou très peu, à voir avec l'informatique.



Niveau. 0 — 5.
  1. Vous n'avez aucune expérience de programmation.
  2. Vous avez quelque expérience, peut-être principalement venant de la classe.
  3. Vous avez un peu dépassé les rudiments.
  4. Vous vous débrouillez assez bien pour entreprendre des projets de plus grande envergure. Vous vous souciez de la rectitude du code et les mots « unit testing » vous disent quelque chose. Vous connaissez au moins un langage de scripting (sauf mIRCSCript, großes malheur! ) et un assembleur. Vous savez utiliser Google pour trouver des howto, du source, de la documentation.
  5. Vous avez déjà participé à des projets de grande envergure. Vous connaissez plusieurs langages, vous en maîtrisez quelques uns assez pour avoir recours aux articles du standard ISO de ce langage plutôt qu'au help de votre environnement de développement. Vous avez plusieurs d'années d'expérience en programmation.
  6. Il vous arrive de corriger Knuth de temps à autres.


Les étoiles sont basées sur les étoiles « Nuvola. » et mes modifications sont sous LGPL. (Vous êtes donc libres de les repiquer, si vous acceptez les termes de la LGPL.)